Startseite | Gemeinsame Startseite | Publizieren! | Feature Archiv | Newswire Archiv | Trasharchiv


Über Indymedia.ch/de
Indymedia-Café
Editorial Policy / Moderationskriterien
Über Sprache sprechen - Sexismus in der Sprache
Wie kann ich auf Indymedia.ch publizieren / Allgemeines zu Medienaktivismus
Kontakt
Wiki
Mailingliste
Medienaktivismus
Gedanken zu Provos & Fakes
Links









 
www.indymedia.org

Projekte
print
radio
satellite tv
video

Afrika
ambazonia
canarias
estrecho / madiaq
kenya
nigeria
south africa

Kanada
hamilton
london, ontario
maritimes
montreal
ontario
ottawa
quebec
thunder bay
vancouver
victoria
windsor
winnipeg

Ostasien
burma
jakarta
japan
korea
manila
qc

Europa
abruzzo
alacant
andorra
antwerpen
armenia
athens
österreich
barcelona
belarus
belgium
belgrade
bristol
bulgaria
kalabrien
croatia
cyprus
emilia-romagna
estrecho / madiaq
euskal herria
galiza
deutschland
grenoble
hungary
london
ireland
istanbul
italy
la plana
liege
liguria
lille
linksunten
lombardia
madrid
malta
marseille
nantes
napoli
netherlands
nice
norway
oost-vlaanderen
paris/île-de-france
patras
piemonte
poland
portugal
roma
romania
russia
saint-petersburg
schottland
sverige
switzerland
thessaloniki
thorn
toscana
toulouse
ukraine
großbritannien
valencia

Lateinamerika
argentina
bolivia
chiapas
chile
chile sur
brasilien
colombia
ecuador
mexico
peru
puerto rico
qollasuyu
rosario
santiago
tijuana
uruguay
valparaiso
venezuela

Ozeanien
adelaide
aotearoa
brisbane
burma
darwin
jakarta
manila
melbourne
oceania
perth
qc
sydney

Südasien
india
mumbai

Vereinigte Staaten
arizona
arkansas
asheville
atlanta
austin
baltimore
big muddy
binghamton
boston
buffalo
charlottesville
chicago
cleveland
colorado
columbus
dc
hawaii
houston
hudson mohawk
kansas city
la
madison
maine
miami
michigan
milwaukee
minneapolis/st. paul
new hampshire
new jersey
new mexico
new orleans
north carolina
north texas
nyc
oklahoma
philadelphia
pittsburgh
portland
richmond
rochester
rogue valley
saint louis
san diego
san francisco
san francisco bay area
santa barbara
santa cruz, ca
sarasota
seattle
tampa bay
tennessee
united states
urbana-champaign
vermont
western mass
worcester

Westasien
armenia
beirut
israel
palestine

Themen
biotech

Intern
fbi/legal updates
mailing lists
process & imc docs
tech
volunteer
 
 :: Lausanne: des pinks & blacks témoignent et revendiquent ::
 Themen | G8 (Évian) 04-06-2003 02:29
AutorIn : des participant-e-s aux black & pink blocs
Communiqué - les actions de blocage et manifestations du 1ier juin à Lausanne vues par des participant-e-s aux blocs pink et black: récit des événements, revendications et réflexions.
(toute traduction de ce texte est la bienvenue)

Ce communiqué a été réalisé par un-e participante au pink bloc et un-e participant-e au black bloc, blocs formés le dimanche 1ier juin 2003 à Lau
sanne, dans le but de perturber le sommet du G8 et ses complices.

Attention ! Ce communiqué n'a valeur que de témoignage individuel et subjectif et ne devrait en aucun cas être pris comme une parole collective o
u un communiqué du pink and silver bloc ou du black bloc. Il s'emploie notamment à dénoncer un certain nombre de mensonges hystériques des médias
et des leaders de la gauche réformiste, ainsi qu'à expliquer les actions menées à Lausanne en les contextualisant et en redonnant les objectifs
politiques. Il ne devrait être pris comme une relation exacte et objectif des faits, mais s'efforce dans la mesure du possible de recouper et vér
ifier différents témoignages individuels.

Le contexte :

Lausanne était avec Genève et Anemasse un des trois points clefs de blocage et de perturbation du G8: une partie des délégations de divers pays e
t personnels techniques y étaient logés. D'autre par, le parcours entre Genève et Evian par Annemasse devait être massivement bloqué par les mani
fs et il avait donc été décidé d'acheminer un grand nombre des délégués de Genève à Lausanne par la route jusqu'au port d'embarquement d'Ouchy, p
ointe sud de Lausanne, depuis lequel ils seraient ensuite acheminés en bateau jusqu'à Evian en traversant le lac Leman. Pour ce faire, l'autorout
e entre Genève et Lausanne devait être fermée et n'être utilisée que pour des convois spéciaux et escortés de policiers. La zone sud d'Annemasse
bordant Ouchy avait été déclarée zone rouge, barricadée et protégée. Les délégations pouvaient arriver de Genève, et de Lausanne à Ouchy par seul
ement quelques voies d'accès, en passant soit par l'ouest, soit par le centre, soit par l'est de la ville.

Suite aux initiatives des militant-e-s anti-G8 lausannaisEs, deux camps avait été mis en place. L'un, la bourdonette, installé par les autorités,
l'autre, le "oulala c'village", un projet anticapitaliste et antipatriarcal squatté et autogéré sur les plages du lac, avec des structures médic
ales, indymedia, un espace queer et de la musique.
Des actions et manifestations avaient déjà eu lieu tout au long de la semaine précédant l'ouverture du sommet du G8 ainsi que des ateliers de sim
ulation de manifestation, orientés autour des tactiques de blocages non-violents.
Contrairement aux manifestations organisées par la gauche institutionelle à Lausanne et réduites à une contestation purement informative et symbo
lique du G8, les manifestations illégales de bloquage prévues pour le matin s'étaient données en commun des objectifs concrets de perturbation ma
ximale du G8:
- bloquer ou retarder par des tactiques diverses l'arrivée des délégation et personnels techniques à Evian,
- obliger les délégué-es du G8 à faire face directement à la contestation,
- continuer le travail de sensibilisation et de dialogue avec la population.

Avec pour une partie des manifestant-e-s, un objectif secondaire :

- se réapproprier, détourner ou saboter des enseignes, bureaux, symboles, bâtiments, hotels, commerces liés à l'organisation du G8 ou représentan
ts les intérêts des Etats, banques et multinationales qui se cachent derrière le G8 et dévastent le monde et la vie de celles et ceux qui l'habit
ent. Ceci dans le but de créer un pression politique et économique directe et de déconstruire collectivement les structures de domination et de c
ontrôle.

A Lausanne, il avait été décidé pour ce faire d'utiliser une diversité de tactiques de blocages et d'action et d'avoir différents blocs répartis
sur les différentes artères clés de la ville. Ces tactiques devaient être complémentaires, se coordonner au mieux et déjouer la répression en agi
ssant en plusieurs points en même temps.

Il y avait notamment:

- un pink and silver bloc (bloc rose et argent): cette tactique est née lors sommet du FMI et de la Banque Mondiale à Prague, où elle avait connu
un grand succès et permis à une partie des manifestant-e-s d'arriver jusqu'au centre de congrès. Elle a été réutilisée dans un grand nombre de m
anifestations et actions directes depuis, et se base sur une résistance festive, rythmée et colorée. Elle vise à promouvoir le queer (dépassement
des genres sociaux masculin et féminins et de l'oppression patriarcale) et le travestissement. Elle recherche et intègre une diversité de modes
d'action au sein même du cortège, mais essaie souvent de détourner et de saboter avec humour et élégance les armes du système et ces modes d'oppr
ession. Elle cherche à dépasser les fausses limites entre violence et non-violence. Elle se veut offensive, mais dans des rapports de force souve
nt inégalitaires, ne court pas systématiquement la confrontation directe et la montée en pression. Elle viserait plutôt à neutraliser les forces
policières par des stratégies d'évitement et de mouvements constants. Le pink bloc se retrouve dans le slogan "si je ne peux pas danser, ce n'est
pas ma révolution" et crée souvent à son passage une atmosphère conviviale et énergique aussi bien pour les manifestant-e-s que pour les passant
-e-s. Le pink bloc n'a pas de leader ni de représentant-e-s mais se base sur un ensemble de groupes affinitaires: samba, créateur-euses de barric
ades, danseur-euses, détourneur-euses de mobilier urbain, équipe légale, médicale, équipe de médias indépendants.
Ces groupes affinitaires étant des petits groupes de personnes qui se connaissent mutuellement, se font confiance et se donnent des objectifs par
ticuliers d'actions et des techniques de protection du groupe face à la police. Ils avaient prévu au sein du cortège de communiquer et de se coor
donner par divers moyens: signes, drapeaux, réunions de délégué-e-s des groupes afinitaires dit "spokes council", musique. Ces signes sont conven
tionnels à chaque manif et leur évolution est constante. Chaque groupe peut décider à n'importe quel moment de s'autonomiser du bloc.

- un black bloc (bloc noir), constitué de personnes masquées et habillées en noir pour empêcher l'identification et la répression policière. Il s
e base sur des tactiques offensives de blocage, barricades, enfoncement des cordons policiers et création de dommages économiques. Il recherche p
arfois pour parvenir à ces objectifs ou pour se défendre la confrontation avec la police, mais ne s'attaque en dehors de cela qu'aux biens matéri
els et pas aux personnes, ni à leur maisons d'ailleurs. Comme le pink bloc, il est constitué de petits groupes affinitaires, autonomes et solidai
res, sans "chef" ni "meneurs".
Cette tactique s'est vue pratiquée traditionellement par une partie des groupes autonomes et antifas allemands, et s'est vue redynamisée par des
groupes anarchistes lors du contre-sommets de Seattle ou elle a très fortement contribué, en parallèle aux blocages non-violent, à empêcher l'ouv
erture du sommet. On la retrouve depuis un peu partout en Europe.

- un bloc "critical mass" (masse critique), cortège cycliste, issu des manifestations pro-cyclistes, anti-pétrole et anti-voiture. Il permet de b
loquer ou ralentir la circulation, en regroupant un grand nombre de personnes à vélo ou d'autres moyens de locomotion non-polluants et en prenant
toute la largeur de la route. Lors des manifestations massives contre le centre financier de londres, le 18 juin 1999, une critical mass avait a
ctivement paralysé la circulation.

- différents projets de blocages "non-violents" par petits groupes: escalades, enchaînement à des blocs de béton sur l'autoroute, sit-in, travers
ée du lac en radeaux auto-construits pour atteindre Evian...

L'organisation de ces actions et leur coordination se passaient notamment par des assemblées permettant à tout-e un-e chacun-e de s'intégrer et
de s'impliquer dans la réflexion stratégique large. Au delà de cette structure globale décidée de manière ouverte et collective, nous étions bien
-sûr dans un cadre fortement écouté et surveillé par la police, et un certain nombre de groupes affinitaires devaient garder leurs objectifs conc
rêts secrets afin de se donner une meilleure chance de réussite. A Lausanne semblait présider la volonté de casser les fausses frontières imposée
s par les médias et partis de gauche entre violence et non-violence, et d'obtenir une grande diversité d'actions dans un respect solidaire des ch
oix de chacun-e. Par ailleurs, il s'agissait clairement de cortèges d'action directe, agissant indépendamment des grandes marches citoyennes.

Récit des évènements:

Le dimanche 1ier juin, jour de l'ouverture du sommet, à 6h30 du matin et donc avant l'arrivée des premières délégations, plusieurs milliers de pe
rsonnes se sont d'abord rejointes à l'est de la ville, près du camp de la bourdonnette, avec en tête de cortège, le pink bloc, puis le black bloc. Après un début de marche commune, les deux blocs se sont séparés au rond point d'une des arrivées de l'autoroute de Genève sur Lausanne. Le pin
k bloc (environ 2000 personnes) a alors continué sur la ville au son de la samba en longeant les zone jaunes et rouges, pendant que le blac bloc
(environ 500 personnes) bloquait ce rond point en faisant tomber un arbre sur la route à l'aide de tronçonneuses, en démontant des palissades en
métal et barrières de sécurité de l'autoroute et en enflammant des barricades.

Le pink bloc s'était donné comme objectif complémentaire de bloquer les artères Est de la ville menant à l'embarcadère d'Ouchy. Le long de la zon
e rouge, les forces de police étaient encore assez peu nombreuses et semblaient prises au dépourvu et désorientées par cette offensive matinale e
t décentralisée. Si bien que de manière presque inespérée, il nous fut facile de rejoindre et de bloquer une des principales voies d'accès à Ouch
y, ou quelques minutes encore auparavant, passaient des délégations. Le blocage dura un moment et comme à chaque artère le long de notre route, d
es barricades furent érigées par des manifestant-e-s. Répondant aux tentatives de passage à travers un cordon défendant la zone jaune, la police
envoya de premiers jets d'eau. Apprenant que le black bloc était repoussé en direction du pink bloc par la police et souhaitant garder une certai
ne autonomie entre les deux groupes, le cortège se remit en mouvement pour laisser éventuellement ce carrefour aux prochains. Le but était alors
d'atteindre la dernière grande artère d'arrivée possible pour les délégations du G8, à l'est de la ville.

A divers moments dans le pink bloc, de rapides réunions de porte-paroles des groupes affinitaires pouvaient être provoquées par n'importe quel gr
oupe et permettaient de prendre des décisions rapides et collectives sur la marche à suivre.

Sur le parcours, des signes amicaux étaient faits aux personnes pendues à leur balcon à cette heure matinale et restées à Lausanne malgré la psyc
hose orchestrée par les médias. Des tracts réalisés et distribués auparavant à Lausanne s'étaient attachés à dénoncer les mythes sur la violence
des manifestant-e-s et à expliquer que les éventuelles destructions étaient ciblées sur des structures capitalistes et politiques et ne visaient
ni elles et eux, ni leur maisons.

Toujours aussi peu nombreuses, les forces de police, qui se confrontaient plus en arrière avec le black bloc, commencèrent plusieurs fois à forme
r des débuts de cordons pour bloquer le passage du pink bloc, mais reculèrent finalement à chaque fois à l'arrivée du cortège.
Pendant ce temps, la critical mass semblait bloquer avec succès d'autres voies de circulation. D'autre part, bien en amont sur l'autoroute, un gr
oupe d'une trentaine de personnes s'étaient enchaînées tandis qu'un autre bloquait un pont avec deux personnes ayant passé une corde sur le pont
et s'étant pendues en rappel de l'un et l'autre coté de la route. Une technique utilisée déjà plusieurs fois avec succès en Angleterre et qui peu
t exiger quelques heure de la police pour dégager la voie sans tuer les grimpeur-euses.

Finalement, le pink bloc atteignit le croisement avec l'autoroute Est où cette fois un dispositif policier beaucoup plus important entravait le p
assage avec des canons à eau, camions militaires, fusils à gaz lacrymogènes et à balle en caoutchouc pointés. La samba continua à jouer face à la
police. Mais la tension finit par monter et la police à généreusement asperger le cortège de grenades lacrymogènes. Divers chemins de retraite f
urent alors pris à travers bois et le long d'une rivière par certains groupes. Au final, tout le monde se retrouva pour un nouveau blocage de car
refour un peu plus haut, alors qu'une partie du black bloc était pris en sandwich par deux cordons de policiers qui se rapprochaient et gazaient
au fur et à mesure. Il fut alors décidé d'aller leur porter secours. Au final, les deux blocs finirent par se retrouver.

Le black bloc, après avoir barricadé le premier rond point, avait décidé de bouger. Sur son parcours, un magasin Adidas, un concessionaire Alfa-r
omeo, 2 stations Shell et une station BP furent cassés. Certaines stations-essence contenant de l'alimentation furent pillées, ainsi qu'un Migros
(chaîne de supermarchés suisse). A chaque fois, les produits et aliments furent redistribués à la population aux balcons et entre les manifestan
t-e-s, ou utilisés comme projectiles quand le contexte s'y prêtait. Les vitrines d'une boucherie furent aussi cassées et une inscription "go vega
n" ("devenez végétalien") et "meat is murder" ("la viande est un meurtre") peintes.
Une roulotte de chantier fut poussée et retournée en travers de la route pour barrer une voie d'accès. Les panneaux publicitaires et caméras de v
ideosurveillance furent détruits ou utilisés pour faire des barricades. De nombreux slogans politiques furent peints sur les murs.
L'hôtel de luxe "royal savoie" où étaient logées des délégations fut attaqué avec des fusées de détresse et des caillous. Des robocops finirent p
ar arriver sur les lieux et jeter des lacrymos et reçurent quelques pavés en retour. Une voiture diplomatique fut cassée. Plusieurs chantiers fur
ent pillés, du matériel récupéré tout le long du parcours et poussé dans de grands containers, une rue dépavée au pied de biche et les pavés disp
osés dans les containers et caddies. Une barricade enflammée géante à base de palissades de chantier fut érigée et gardée pendant un bon moment a
u carrefour d'accès à Ouchy. Il est à noter que tout au long de la manifestation, ce bloc ne chercha pratiquement pas la confrontation directe av
ec la police, ni même à répondre aux charges et jets de lacrymos, mais resta beaucoup plus dans une logique de mouvement.
Le black bloc finit par être pris en sandwich sur une route, mais parvint à s'échapper par des chemins de traverse et à rejoindre le pink bloc qu
i tentait de le secourir.

A ce moment-là, des communications avec les blocages de Genève et Annemasse semblèrent confirmer que le sommet et l'arrivée de pluisieurs délégat
ions, dont la délégation américaine et des groupes de traducteur-euses avaient été rétardés. Il était alors environ dix heures trente, nous avion
s réussi à longer toute la zone d'accès à Ouchy et l'entousiasme général était à son comble.

Il est évidemment difficile de mesurer l'impact réel des blocages dans un contexte chaotique où les autorités s'étaient fait un point d'honneur à
ne pas avouer une certaine impuissance et à ne laisser filtrer aucune perturbation. Néanmoins, il semble très vraisemblable qu'à Lausanne, l'imp
ossibilité de sécuriser la zone d'accès à Ouchy, les différents types de blocages, barricades et les mouvements constants des blocs rendirent pen
dant quelques heures très difficile le passage des délégations. Ceci semble avoir été confirmée par les personnes branchées sur les ondes radios
de la police.

Au final, avec une coordination sur trois villes et d'autres blocages réussis à Genève et Anemasse, ces actions furent un beau pied de nez à un d
ispositif de sécurité policière que les organisateurs du G8 et l'Etat suisse voulaient infaillibles -- même si les médias préférèrent évidemment
ne pas en parler et focaliser l'attention publique ailleurs en racontant n'importe quoi sur les soit-disant "casseurs".

Dès lors, à Lausanne, la police s'employa constamment à repousser à l'extérieur de la ville le pink et le black bloc en gazant systématiquement e
t en bloquant les autres artères.
Le dispositif policier reconduisant le cortège était alors impressionant avec un grand nombre de camions et canons à eau, des policiers anti-émeu
tes allemand venus en renfort, et des troupes des divers cantons suisses. Le nombre de policiers était plus important que le nombre de manifestan
t-e-s. Une dernière tentative de se lancer sur l'autoroute fut faite mais repousée. Il était alors aussi beaucoup plus difficile de se concerter
et de prendre des décision en grand cortège.
Au fur et à mesure, des groupes s'étaient dispersés ou esquivés à divers points, mais une partie du cortège finit par parvenir au campement de la
bourdonette qui fut peu à peu encerclé par les forces de police. Face à cette menace, les 400 personnes présentes se réunirent en cercle, s'assi
rent et décidèrent qu'au vu du rapport de force, ils et elles ne pouvaient plus faire grand chose à part résister solidairement et sans provoquer
de déchaînement de violence de la part de la police.
Entouré-e-s par un cordon policier dans un espace restreint, le chef local de la police essaya de diviser les manifestant-e-s en demandant des re
sponsables, puis en disant que soit les gens acceptaient de venir un par un donner leurs papiers, soit ils venaient tous nous arrêter. Tout ceci
lui fut énergiquement refusé par la foule qui essaya de gagner du temps en traduisant tout en 4 langues, en posant un tas de questions bidons et
en demandant l'arrivée d'observateurs neutres.
Au final, plein de journalistes officiels et indépendants arrivèrent, ainsi que des observateurs agréés et l'équipe légale. Les flics ne pouvaien
t plus faire n'importe quoi et étaient observés et photographiés sous tous les angles. Au bout d'une heure en plein soleil, les arrestations prog
ressives commencèrent et durèrent environ cinq heures. Tout le monde se tenait, huait la police, lui crachait au visage et de nombreuses personne
s s'accrochèrent, se firent traîner et résistèrent au mieux si bien que le rythme des arrestations était extrêmement lent et fastidieux.
Pendant ce temps, la police avait interdit la manif officielle qui devait se dérouler l'après-midi, mais les gens se réunirent malgré tout au cen
tre-ville. Et une foule de plusieurs milliers personnes décida de braver l'arrestation vers 16h.

Au bout de quatre heures interminables, l'extraordinaire bonne humeur, solidarité et détermination des personnes encerclées à la bourdonette fini
t par payer et la police, après avoir réussi à embarquer une centaine de personnes, abandonna et se retira -- sous les cris de joie des restant-e
-s. Il semblerait d'une part que la police n'ait pas le droit de détenir plus d'un certain nombre d'heures des personnes sans pouvoir contrôler l
eurs papiers, et d'autre part que l'arrivée du cortège du centre-ville à la bourdonette ait hâté leur départ.

Vers minuit, la grosse majorité des interpellé-e-s étaient relâché-e-s sans suite, à l'exception d'une dizaine de personnes. D'autre part, l'inte
rvention policière sur le pont d'autoroute bloqué par les deux personnes en rappel faillit se solder par deux meurtres puisque malgré les avertis
sements des autres militant-e-s présent-e-s sur le pont, un policier vint couper la corde et provoquer la chute de vingt mètres d'une des personn
es suspendues, tandis que le brin de corde de l'autre était retenu de justesse. Par un coup de chance miraculeux, il semblerait ce militant n'ait
que deux jambes et des vertèbres cassées et ne souffre pas de paralysie.

Dès le lendemain, les médias et politicien-ne-s déversèrent leurs habituels mensonges et s'employèrent à créer des mythes sur ces manifestations
et les "casseurs". Mythes qu'il s'agit encore une fois de démonter.

- dans des manifestations comme celle de Lausanne, les soit-disant "casseurs" n'étaient cas des gens infiltrés dans la manif cherchant à la détou
rner de ses but initiaux, mais un cortège autonome menant ses propres actions en les coordonnant au mieux avec les autres blocages.

- comme à Prague lors des manifestations contre le sommet du FMI et de la Banque Mondiale, la stratégie adoptée visait à autonomiser les blocs af
in que chacun puisse explorer au maximum l'impact de ses tactiques sans gêner ou contrecarrer les autres.

- les black-blocs et les pink blocs sont principalement issus de mouvements anarchistes ou autonomes, autogestionnaires et anticapitalistes. Il p
eut arriver, comme dans n'importe quelle manifs, que des policiers tentent de s'introduire dans le black bloc ou de se camoufler en black blocs,
mais les actions qu'ils réalisent sont alors clairement des pièges, des provocations ou de la casse sans objectifs qu'il est possible de déjouer
avec un peu de discernement. Comme n'importe quel cortège, le black bloc peut être rejoint par des personnes moins réfléchies que d'autres dans l
eurs objectifs et leurs pratiques, ou se livrant à des actes dangereux ou stupides. Cette réflexion ne peut s'acquérir qu'au moyen de débats et p
ratiques collectives renouvelées, pas par la diabolisation de certaines tactiques et franges du mouvement.

- la participation à un bloc pink ou black, le blocage d'un sommet ou la création de dommages économiques ne sont que des actes militants bien pa
rticuliers dans la vie de personnes souvent aussi impliquées constamment dans des projets locaux visant à la réappropriation et à l'autonomie cul
turelle, alimentaire, médiatique ou énergétique à travers des collectifs, des campagnes d'actions ou des espaces de vie ou d'activités autogérés.
Leur stratégie n'est en aucun cas seulement confrontationnelle mais passe en bonne partie par des débats et diffusions d'idées sur des luttes ex
trêmement variées mais reliées. Ces luttes peuvent concerner aussi bien le patriarcat, la liberté de circulation et les luttes au coté des sans-p
apiers, que l'écologie radicale, l'antispécisme, la solidarité nord/sud, la propriété intellectuelle, l'usage de logiciels libres, la création d
e médias indépendants et de maisons d'édition, les alternatives à la psychiatrie, à l'éducation autoritaire ou l'agriculture industrielle... Il s
'agit, pour beaucoup, de personnes qui s'emploient généralement à déjouer les rapport de domination et la violence du système au quotidien.

- ces personnes se coordonnent et échangent par des moyens multiples, mais évidemment moins visibles que les grandes organisations réformistes. C
ette discrétion tient pour partie au refus de se doter de leaders, de héros ou de martyrs, à la volonté de privilégier des modes d'organisations
égalitaires et l'autonomie d'invidus et de collectivités réduites, plutôt que de viser des mouvements de masse et de moutons menés par des élites
. Cette discrétion tient aussi à la répression de l'Etat qui menace constamment l'existence de ces groupes, ainsi qu'à la méfiance vis à vis des
médias traditionnels qui de toutes façons les censurent. A part s'ils peuvent espérer hausser leurs chiffres d'affaires à coup de vitrines cassée
s et en parodiant leur existence et leur discours...

- s'attaquer aux biens privés n'est en aucun cas de la violence gratuite mais une tactique politique réfléchie. Ne pas se laisser faire par la po
lice et répondre à ses attaques l'est aussi. Le black bloc ne s'attaque pas aux personnes.

- quand bien même on juge qu'ériger une barricade, détruire un objet ou un bâtiment est violent, cette violence n'est en rien comparable avec les
violences qui se cachent derrière ces objets et bâtiment: la violence inouïe imposée chaque jour à des milliards de femmes, d'hommes ou d'animau
x sur la planète par les institutions financières, étatiques et les entreprises capitalistes.

- cette condamnation de la "violence" des casseur-euses est généralement propagée et entretenue, par des personnes privilégiées ayant accès à un
niveau de consommation totalement dépendant de l'exploitation du reste du monde. Un niveau de consommation qu'elles ne sont abolument pas prêtes
à remettre en cause, encore moins à voir quoi que ce soit venir perturber leur quotidien.

- nous avons aussi toutes et tous à divers niveaux intégré cette domination: la paranoïa sécuritaire, l'addiction à la consommation, l'aliénation
par le travail, les structures hiérarchiques et diverses formes d'oppression raciste, sexiste ou homophobe. Nous nous voyons bien souvent incapa
bles de remettre en cause réellement cet ordre coercitif et fondamentalement inégalitaire que l'on nous présente comme une démocratie. Même la ga
uche alter-mondialiste ou plutôt ses représentant-e-s auto-proclamé-e-s fait mine de croire que de grand spectacles inoffensifs et récupérés par
le pouvoir feront autre chose que de le renforcer.

- même si le changement social passe sans nul doute en grande partie par des prises de conscience, des débats, des constructions d'alternatives à
l'Etat et au capitalisme, il passe aussi par l'entretien d'un rapport de force constant: grèves, occupations, réappropriations, sabotages et cré
ations de structures autonomes. Pas en laissant croire que ceux qui dominent le monde sont à l'écoute et vont renoncer au pouvoir et à ses privil
èges simplement parce qu'on les implore de le faire.

Face aux discours citoyennistes d'Attac, des trotskistes et de toute la gauche institutionelle qui s'est depuis quelques années largement emparée
de la dynamique des contre-sommets et l'a déjà fortement neutralisé, il est temps de rétablir quelques vérités:

- c'est bel et bien parce que des gens ont mené des actions offensives et entrainé d'importants dommages financiers et politiques que des sommets
ont été bloqués, fuient et se barricadent, ou que plus une ville ne veux les acceuillir, et non pas grâce à de grand étalages d'organisation pol
itiques, à une débauche de marches pacifistes et de conférences de presse. Même si le travail d'information est encore une fois extrêment importa
nt et complémentaire des autres actions réalisées...

- ces actions, des blocages de toutes sortes aux destructions ciblées, ont pendant quelques années déjoué les dispositifs policiers, ont été créa
tives et efficaces. C'est pour ces raisons qu'elles ont pu mobiliser les pratiques et l'imaginaire de centaines de milliers de personnes et qu'el
les ont pu s'imposer comme une force politique majeuret, comme un mouvement. Ce mouvement s'est créé sur des bases égalitaires et horizontales. C
'est cette énergie et ces personnes que la gauche citoyenniste s'emploie maintenant à neutraliser et encarter dans des partis et autres structure
s hiérarchiques garantes de la paix sociale.

- Attac, trotskistes et consorts semblent conscients jusqu'à un certain point de leur absence totale de subversion et de créativité et sont même
allés, à l'occasion de ce sommet d'Evian, jusqu'à s'arroger la pratique de camps d'actions issus de mouvements radicaux comme le No Border. Elles
ont ainsi affiché hypocritement une autogestion à l'opposé de leurs pratiques d'organisation. On peut toujours espérer que les milliers de perso
nnes ayant, par exemple, participé au village intergalactique, ne se soient pas laissées trop prendre à cette récupération et que de réelles prat
iques d'autogestion demeurent et finissent par dépasser les leaders.

- il est par ailleurs heureux, malgré toute cette propagande, qu'une partie de la population garde une envie réelle de changer radicalement ce sy
stème. Malgré l'hystérie médiatique, tout le monde n'est pas aussi effrayé que les médias veulent bien le faire croire par les soit-disant "casse
urs" et à Genève ces jours derniers, les émeutes furent soutenues et rejointes par une partie de la population locale et des badauds. Mais le fai
t que ces actions puissent être réfléchies, efficaces et soutenues par une partie des manifestant-e-s est proprement inacceptable pour les pouvoi
rs en place. Il leur est alors nécessaire de faire croire à un gentil mouvement inoffensif pris en otage par quelques casseurs, de créer des myth
es de complots cachés, d'infiltration néo-nazies, de manipulation policière ou des stéréotypes de jeunes gens immatures et manipulés par une poig
nées d'extrémistes cyniques. Il leur faut coûte que coûte chercher à entretenir une division entre "militant-e-s alter mondialistes bon enfant" e
t "jeunes et méchants casseurs". En dépit de quoi, bon nombre de personnes s'apercevrait peut-être qu'il est possible de s'épanouir et de s'amuse
r en changeant ce système concrètement, de plein de manières différentes, sans se laisser manipuler et diriger par les partis et syndicats.

En guise de conclusion provisoire, beaucoup de gens semblaient tirer un bilan positif de la variété, de la maturité et de l'impact des actions me
nées à Lausanne. Reste à tirer un bilan à plus long terme de la gestion collective de la répression, de ce que retiendra la population locale de
ces manifestations et des éventuels retours négatifs sur les militant-e-s locaux. On peut aussi tirer un bilan plutôt enthousiasmant des pratique
s d'autogestion et de rencontres popularisées par les divers campements de Lausanne et d'Annemasse. On ne peut s'empêcher néanmoins de soulever d
es doutes sur le fait de continuer à mener systématiquement ces actions dans le cadre de "contre-sommets" tel que celui du G8. Leur potentiel de
surprise, de perturbation, leur faculté à promouvoir de nouvelles idées politiques et un discours radical est le plus souvent menacée. Les dispos
itifs policiers sont par ailleurs de plus en plus habitués et efficaces. C'est en ce sens qu'il est primordial de continuer à inventer d'autres f
ormes de convergences, d'actions et d'autogestion, localement et au quotidien. C'est en ce sens aussi qu'il nous faut apprendre à communiquer et
expliquer beaucoup plus chacune de nos actions.

Solidarité avec tou-te-s les inculpé-e-s du G8! N'oublions pas le travail anti-répression, il doit être maintenant l'affaire de tou-te-s celles e
t ceux qui étaient présent-e-s à ces manifestations. A bas toutes les prisons! Ne croyons jamais la presse bourgeoise, vivons et diffusons nous-m
ême nos expériences et nos idées! N'oublions pas de nous amuser et de ne pas trop nous prendre au sérieux !

02/06/03 - un-e participant-e au pink bloc, ainsi qu'un-e participant-e au black bloc anti G8 de Lausanne
 :: 19 Inhaltliche Ergänzungen : > Ergänze diesen Artikel (.onion )
  Casseurs et terreur
04.06.2003 07:40  
Une poignée de casseurs? Tu parles…

Je reviens du rassemblement contre la réunion du G8. Quelques jours autour d'un lac, à partager avec quelques milliers de personnes des impressions rares telles que marcher ensemble, aller avec eux dans un même sens, comme le plaisir de faire ensemble, de s'écouter, de s'entendre. Un plaisir qui nourrit l'intelligence, l'imagination de vivre et de survivre et met en veille ces sentiments qui prédominent dans la solitude et l'isolement ; l'orgueil, la mesquinerie, les envies de réduire l'autre, de prendre sa place, de passer en premier…Si ces rassemblements ne font plus rien reculer dans l'adversité pourvu qu'ils persistent à faire poindre ce qu'il peut y avoir de sublime dans l'humanité.
J'ai marché dans les rues de Genève, dans la foule bigarrée et le cœur a frappé fort quand la tension montait. Comme beaucoup j'ai senti ce qu'il pouvait y avoir de force possible dans ce cortège noir et dans leur rage. Oui, nous avons marché avec eux, dans le même groupe, j'ai vu la CGT, j'ai vu ATTAC, j'ai vu les pinks et les cagoules noirs scander ensemble les mêmes slogans, lever ensemble les mêmes poings menaçants. J'ai vu les décisions se prendre dans un même mouvement des centaines de personnes, des rouges, des roses, des noirs et des verts courir ensemble vers les mêmes bâtiments ou s'arrêter ensemble devant les mêmes vitrines. Qui n'a pas rêvé comme moi être cagoulé à cet instant-là pour s'offrir enfin la possibilité d'achever un geste, d'aller au bout d'une idée pour une fois, de montrer vraiment dans ce concept cher au droit français de " parallélisme des formes", à violence ressentie, violence démontrée. Parce qu'il s'agit de cela. Non, je ne l'ai pas fait, peu ont osé, parce que peu étaient préparés. Mais ayons au moins un petit courage et ne laissons pas à la bêtise du monde la satisfaction d'avoir compté ses casseurs, d'avoir isolé les plus durs d'entre nous alors que nous étions tant à applaudir et à hurler de joie lorsque les vitrines tombaient. Les médias font l'histoire et arrangent la victoire du système de répression mis en place. Ils comptent plus sur notre lâcheté que sur les forces d'autorité en présence. Aujourd'hui j'entends qu'une centaine de casseurs a sévi, dans le mécontentement général et en désaccord avec le reste du mouvement. MENSONGE ! Moi, j'ai vu le reste du mouvement protéger les jeunes cagoules noires des caméras, parce que nous avons compris qu'elles sont bien plus nuisibles qu'eux, j'ai vu le reste du mouvement reprendre les cagoules noires dans son sein, parce qu'il nous semble évident que nous marchons simplement ensemble. J'ai vu le reste du mouvement attendre les activistes noirs pour ne pas les isoler parce qu'au contraire de ce qui en ait raconté, une certaine complémentarité est apparue. Plus évidente cette fois que dans les rassemblements précédents.
IL n'y avait peut-être qu'une centaine de casseurs à Genève mais il y avait des milliers de cœurs avec eux. Il est peut-être temps de le faire savoir.


AutorIn: Lysistrata
04.06.2003 07:40  
et comme actions constructives vous avez fais quoi?


  2 ou 3 precisions
04.06.2003 08:54  
Globalement entierement d'accord avec ce qui est dit dans le texte. Je voudrais toutefois corriger 2 ou 3 choses :
- nous n'etions pas "plusieurs milliers" mais entre 1000 et 2000 personnes, et le pink and silver block n'en representait pas plus de la moitie
- nous sommes arrives par l'ouest
- la lenteur des arrestations a la Bourdonnette etait due a des problemes de logistique de la police bien plus qu'a notre resistance (meme si, symboliquement, celle-ci etait enthousiasmante)
- devant les journalistes et la police, pour des raisons evidentes, nous affirmons presque tous etre de "gentils manifestants debordes par des casseurs", je ne suis donc pas tres surpris que les medias n'aillent pas chercher plus loin...

venceremos


AutorIn: blo
  Tout a fait d'accord
04.06.2003 09:38  
Ce qui apparait ce que le mouvement altermondialiste n'a pas le courage après coup de revendiquer la présence en son sein de mouvement plus radicale.

Le mouvement se dégonfle face à l'opinion publique, au lieu de prendre peur face à l'opinion, mieux vaut expliquer au gens le pourquoi de ces actions violentes.

Vous conspuez les medias traditionnels, mais ces mdias sont le principal relais a l'opinion publique. Il me semble qu il vous manque une seul chose, l'information.

Faire comprendre au gens

Indymedia c'est bien joli mais cela reste quand meme un media principalement lu par les adeptes du mouvement. L'information reste cloisonner et atteinds difficilement le peuple.


  bravo!
04.06.2003 10:06  
Merci pour cette démarche respectable. Expliquer aux gens la signification de ces actions est essentiel pour faire avancer le débat.
Ca fait vraiment du bien de voir un texte constructif comme celui-là sur le site, malheureusement trop rare.

Les différents auteurs de tous bords qui sévissent sur ce site à coup d'injures, de provocations et de dialogues de sourd devraient s'en inspirer...

La lutte continue, Mathieu Jah Lion


AutorIn: Mathieu Jah Lion
  Bravo
04.06.2003 10:20  
Bravo pour ce texte!

Dommage qu il reste enfermé sur indymedia ou les gens sont déjà sensibiliser a vos actes.

Pascale


  enfin!!!
04.06.2003 11:08  
Je tiens également à remercier l'effort des auteurs-trices de ce texte revendicatif des actions menées à Lausanne dimanche matin par les divers blocks. Il est primordial que tous et toutes se rendent enfin compte que l'hétérogénéité du mouvement, et l'unicité de son combat sont sa force, au même titre que la créativité des blocages qui ont eu lieu. Les médias n'ont relatés que les vitrines et stations essence brisées, mais n'ont aucunement relaté les blocages avec des trépiers géants sur lesquels unE manifestantEs s'accrochait à une hauteure d'environ 10 mètres du sol (par exemple: carrefour Av. d'Ouchy et Av. de Cour).
A noter également que la solidarité fut de mise lors du siège de la Bourdonnette, indépendemment des groupes affinitaires et des blocks présents lors des blocages de Lausanne.
La manif de dimanche matin fut un succès parce que la cible était de bloquer les délégations, et les "casses" ciblées sur des symboles du capitalisme. Mais elle le fut car tous et toutes ensemble, nous avons montrer notre détermination face aux "maîtres du monde".


AutorIn: le chat
  Sensibilisation
04.06.2003 11:40  
Effectivement ça fait plaisir de trouver ce texte qui explique très bien notre action de dimanche matin. Bravo!

Seulement, le problème de communication et d'information envers l'opinion publique reste majeur. Je suis rentré en bus hier après la manif antirep sur le Grand Pont à Lausanne, et j'ai entendu plusieurs commentaires (à mopn sens assez triste), il semble que les gens ne se posent même pas la question de pourquoi avait lieu la manif et discutaient du danger potentîel que représentait cette manif en question. Certains disaient être soulagés parce que c'était des manifestants "normaux".

Je crois qu'il est donc fondamental d'atteindre la véritable "masse" pour la rendre "critique"; insister sur le fait que ce n'est pas aux personnes que nous nous attaquons. Si notre lutte légitime n'est acceptée et défendue que par nous, elle sera perçcue comme dictatoriale par le reste de la population.

Tentons donc par tous les moyens de faire passer notre message à travers les médias de masse afin de toucher la population. A titre d'exemple (ce n'est sans doute pas le meilleur), l'associations d'intellectuels anti-impérialistes espagnols ont réussi à détourner la cérémonie des "Oscars" espagnols qui passait en direct sur la chaîne de télévision publique pour dénoncer la politique du gouvernement et dénoncer l'agression en Irak.


AutorIn: Parano
  bien dit!
04.06.2003 11:45  
Bien dit! Faudrait trouver un moyen de diffuser largement des textes comme celui-ci...

À ceux qui veulent dominer le monde, le monde répond: RÉSISTANCE!



AutorIn: patate
  On peut être pacifiste car ils ne le sont pas
04.06.2003 12:11  
j'étais au blocage du carrefour des chasseurs à annemasse...nous avons avancé plus qu'il n'était prévu...mais quand nous sommes arrivés à la zone qu'ils avaient gazé ( en prévention de quoi?), tout le monde était bien content que les cagoulés rebalance les lacrymos sur les flics ou dans les fossés...certains manifestants étaient parti la fleur au bec...ils sont sains et saufs parceque d'autre sont en noir, cagoulés et expérimentés.

Ils subliment leur peur. J'espère un jour pouvoir faire comme eux


AutorIn: p'tit bout
04.06.2003 12:14  
eh , résister c est pas tout...que propose en retour, te surtout, comment vas tu appliquer tes idées?


  Pourquoi le black block?
04.06.2003 18:00  
Félicitations pour ce texte!
Tout le monde gueule contre les black blocks, mais personne ne sait qui ils sont!
Tantôt identifiés à de simples "casseurs" (Tribune de Genève), à des "voyous encagoulés (Le Matin) ou encore à des personnes venues à Genève pour "casser, blesser et tuer" (Darius Rochebin sur la TSR le 3 juin), ils ne sont rien de tout cela.
Pour ceux qui ne le savent pas, les black blocks ont été crées il y a plusieurs années pour protéger les manifestants contre les violences policières (par exemple, leur gants servent en majeure partie à renvoyer les lacrymogènes). Leur rôle s'est peu à peu étendu à attaquer des sites symboliques du grand capital (MacDo et les autres), mais avec comme règle essentielle de ne jamais porter atteinte à l'intégrité physique des individus (on a vu, dans des anciennes manifs, les BB sortir dans le calme les employés et les clients d'un MacDOnald avant d'y mettre le feu).
DONC, les BB ne sont pas des "casseurs", encore moins des tueurs, ce sont des êtres humains comme vous et moi, mais radicalement politisés. J'en connais un certain nombre, beaucoup d'entre eux sont cultivés, connaissent les textes des grands auteurs anarchistes, de Proudhon à Switzguébel, en passant par Malatesta et les autres.
De les ai suivi durant ces derniers jours, et j'en ai vu aucun attaquer un petit commerçant, ou un bâtiment qui ne méritait pas de l'être.
ALORS, laissez couler votre rage sur les casseurs non-politisés, des gamins qui cherchent des frissons, mais laissez leur dignité aux black blocks qui sont des gens admirables, prêt à donner de leur personne pour un peu plus de justice.
"JE PREFERE MOURIR DEBOUT QUE DE VIVRE A GENOUX"
Bonne lutte...


AutorIn: Eusébio
04.06.2003 19:53  
C'est vrai, très bonne explication de votre mouvement.

Mais n'oubliez pas pour autant que parmis les 100'000 manifestants de dimanche, tous ne partagaient pas votre point de vue. Beaucoup d'entre eux étaient contre les casses même ciblées et pensent que les propositions de groupes types Attac sont aussi des propositions valables.



AutorIn: clash
  Trois fois BRAVO!!!
05.06.2003 01:27  
Trois fois bravo!!!


Bravo pour la participation de la population, des blacs, des pinks, des officiels, et des flics. Un mouvement de protestation se doit d'avoir toutes ses parties pour pouvoir exister.

Bravo pour le respect des accords qui dénoncent l'utilisation d'arme blanche ou d'arme à feu. Ainsi le respect de la vie humaine demeurant supérieur aux revendications, le mouvement se protége de sa propre violence.

Bravo enfin pour ce texte qui illustre avec brio l'arrivée d'une diffusion de l'information beaucoup plus juste et surtout plus proche des événements. Parceque la technologie actuelle nous permet enfin de publier l'information de façon démocratique, chacun d'entre nous a maintenant les moyens(voir le devoir) de rechercher les informations qu'il a besoin, et de faire lui-même son interprétation.

Enfin trois fois bravo pour offrir plus de lumière sur les événements et sur certains termes qu’on a trop entendu et qui s’avèrent peu honnête. N'oublions jamais que "l'information veut être libre".


AutorIn: Zarg03
  vive la multiplicité des formes d'actions!
05.06.2003 16:08  
Bravo pour ce compte rendu, j'y étais pas et je suis bien content d'avoir un si long récit des évenements de dimanche!

Suis tout a fait d'accord avec tous les commentaires pro black block, même si comme certainEs le disent, je n'ai pas le même courage et que je me sens plus à l'aise en rose qu'en noir... ce qui compte c'est la solidarité entre les différents blocks, c'est une excellente stratégie face aux flics et ça nous permet de respecter les manières d'agir et le niveau de révolte de chacunE... vive la multiplicité des formes d'actions, vive les différences, vive l'énergie collective et spontanée... n'en déplaise à certainEs organisateurs-trices des manifs "officielles"à Lausanne qui avaient préparé un service d'"auto-protection de manif" (en clair et en moins politiquement correct "sevice d'ordre"), déclarant être contre la multiplicité des actions et s'entrainant à l'avance à pratiquer la technique de l'isolement des "mauvaisEs manifestantEs", c'est-à dire à collaborer avec les flics pour qu'ils arrêtent des gens (je trouve ça scan-da-leux, même si on est pas d'accord avec le type d'actions pratiquée)... tout ça de la part de gens se déclarant très haut et très fort "anarchistes"!!! (fuck OSL!!! mais plutôt 100 fois qu'une!)Durant la manif de jeudi, ces gens essayaient de manière pathétique d'empêcher les manifestantEs de marcher du côté gauche de la route parce qu'il y avait une banque et des flics... "service de protection" de qui déjà?
Heureusement les courageusEs pirates, qu'ils-elles soient noires, roses, vertEs ou bleuEs ne sont pas tombéEs dans ce piège et ils-elles ont bien fait de mener leurs actions en dehors des strucures officielles...

Merci à eux-elles, c'était très beau!!!


AutorIn: blue blob
  Simplement sublime !!
05.06.2003 17:57  
Texte explicatif simplement sublime, c'est dommage (pour reprendre d'autres commentaires) que sa diffusion ne sois pas plus étendue que les reseau de type IMC, car beaucoup de gens considèrent les BB comme des casseurs cassant au hasard et sans aucun but, alors que ce n'est pas du tout le cas.

Bravo !!





AutorIn: kernel_panic
  multitudes des luttes et insultes.
06.06.2003 00:38  
A celles et ceux qui prétendent que les poulettes ont empêché qui que se soit d'affronter les flics me font un peu rigoler.

En effet, ce n'est pas quelques individus en T-shirt blanc qui pouvaient empêcher qui que se soit d'agir. Si tel est le cas, je n'ose pas imaginer ce qui se serait passé devant les flics, qui eux étaient prêts et n'attendaient que cela pour la confrontation. Bonjour le massacre. D'ailleurs le Pink et le Black n'ont pas fait le forcing contre les Poulettes, parce que justement ils et elles ne voulaient pas le faire dans la manif officielle.

Après chacune et chacun fait organise les actions qu'elles ou ils veulent entreprendre et en assume les responsabilités politiques. Personne n'a le monopole de l'action. Ni les Pink, ni les Blacks, ni les autres.

J'ai beaucoup apprécié la finesse du commentaire sur les camarades de l'OSL (fuck l'OSL 100 fois, quelle grande virilité !). On peut ne pas être d'accord sur les positions politiques et les options stratégiques, mais les insultes tendance phalocrates et hétéronormées ne sont pas dignes de la part de militants qui luttent pour un autre monde (pas besoin de féminiser). De plus, cela ne fait pas avancer le débat d'une manière sereine. Comme si l'extrême gauche tendance libertaire pouvait se permettre de se diviser à coup d'insultes. D'ailleurs sur Lausanne, à part les libertaires (toute tendances confondues), il n'y avait pas tellement d'autres organisations qui ont participé aux différentes actions ("officielle" ou non). A mon avis, c'est du jamais vu. C'est d'ailleurs intéressant de constater que lorsque les partis de la gauche intitutionnelle (Trotskystes compris) sont absents, les libertaires en profitent toujours pour s'insulter et se cracher à la figure. En revanche, la répression va s'abbattre sur tout le monde sans exception. Les flics et les juges ne feront pas la différence. J'espère que les unEs et les autres retrouveront un peu de sérénité rapidement et qu'il sera possible de discuter et de débattre entre toutes et tous.


AutorIn: Gilberte
  Une question ? ou sont les alter mondialistes
30.06.2003 12:06  
Un passage du texte sur les black et pink blocs parle d'attac, des trotskystes et consorts d'une manière un peu arrogante, mais en soit ce n'est pas grave. Je me posais une question, où sont passés tous ces jeunes si motivés contre le G8, alores que partout en Europe, des lois antisociales étaient programmées. Et je ne suis pas sur qu'attaquer une fois par an, des boutiques et des magazins soit si génial que ça. Cependant, je me fous absolument que cesd magazins aient étés pillés, ce n'est qu'une goutte d'eau par rapport aux casses du capitalisme. En attendant, j'ai eu l'occasion de rencontrer ces black blocs, et je n'ai pas trouvé la rencontre enrichissante. Entourré de cagoulards péteux...


AutorIn: Pavel
  mentalité
07.10.2006 22:12  
le g8 a montré la mentalité de ceux qui sont aux ordres du pouvoir


AutorIn: chereviens
GNU Free Documentation License 1.2 Sämtlicher Inhalt auf Indymedia Deutschschweiz ist verfügbar unter der Creative Commons Attribution-ShareAlike 2.0 Germany.
Für sämtlichen Inhalt der jeweiligen Beiträge unter Indymedia Schweiz und Indymedia Deutschschweiz sind nur die jeweiligen AutorInnen verantwortlich!
Indymedia Schweiz läuft mit MIR 1.1
Use GNU!