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 :: Misère du néologisme, néologisme de la misère ::
 Themen | Antifaschismus | Medien/Netzaktivismus | Repression/Knast 07-05-2016 21:43
AutorIn : Juan Pueblo - CNT AIT
Voici à peine quelques années, lorsque la grande vague des émeutes de banlieue s’est produite, toute la classe politique - extrême-gauche et libertaires compris - s’est retrouvée largement unie pour dénier aux actes des jeunes révoltés toute portée politique (voir encadré  : «  Petit florilège sur la révolte des banlieues  »). Aujourd’hui, le soi-disant débat du gouvernement sur l’identité nationale - qui est en fait une campagne de propagande raciste aussi haineuse que sournoise - a réussi à polariser les esprits sur le port d’attributs vestimentaires à vocation religieuse.



«  l’islamophobie », un concept bien fumeux !



Les mêmes causes produisant les mêmes effets, voici qu’après n’avoir rien compris à l’épisode précédent (ou l’avoir compris à retardement), la pauvreté de réflexion, la condescendance voilée, l’incapacité à saisir les enjeux sociétaux qui font florès dans les milieux libertaires et gauchistes conduisent une partie de cette militance à enfourcher le cheval de bataille de la « lutte contre l’islamophobie ». Ces militants justifient leur étrange position par un « raisonnement » qui voudrait que les capacités de critique soient différentes suivant les couches sociales ou les zones géographiques dans lesquelles on évolue  ! Réunis sous la bannière du vieux Marx, les voici qui établissent plus ou moins clairement une corrélation entre une situation matérielle ou géographique donnée (en l’occurrence, le fait d’habiter « les quartiers  » ou d’être «  arabe ») et l’impossibilité de toute critique anti-religieuse.

C’est ainsi que, commentant la célèbre formule selon laquelle la religion est l’opium du peuple, ils peuvent écrire, dans le « Forum des marxistes révolutionnaires », dans «  CCC Forum » ou bien sur le site de l’OCL (Organisation communiste libertaire) : « Avant de dire qu’elle est ‘l’opium du peuple’, Marx avait pris soin de préciser dans le même paragraphe  : ‘La misère religieuse est, d’une part, l’expression de la misère réelle et, d’autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans coeur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit.  » Le lyrisme de la citation ne doit pas cacher le fond de la pensée. Ce que nous disent les nouveaux exégètes de Marx, c’est que d’après eux, le déterminisme social est pratiquement absolu en matière de religion. La « créature » (le choix d’un vocable religieux pour désigner l’ouvrière, le chômeur, l’employé, la retraitée... n’est pas innocent) quand elle parvient à soupirer (ce qui est le maximum qu’elle puisse faire, incapable de penser comme elle le serait  !) ne peut qu’exprimer une sottise : un élan religieux. A ce déterminisme social aussi haïssable qu’erroné, nos modernes marxistes en ajoutent un, plus stupide encore s’il était possible : un déterminisme «  ra-cial  », selon lequel « arabe » égale nécessairement « musulman  ».


Cette position politique n’est en réalité qu’une expression de la condescendance de ceux qui, s’estimant supérieurs, pensent que les «  créatures » de banlieue, ces grandes naïves, ne peuvent faire autrement que de croire en une religion, tout comme les grandes personnes responsables pensent que les petits enfants doivent croire au Père Noël.


Cela serait de peu d’importance si leur discours ne contribuait pas à convaincre les « créatures » en question de l’impossibilité où elles seraient à se penser autrement, à devenir autre chose, à gagner en discernement et, par voie de conséquence, à se libérer par elles-mêmes  ; si cela ne venait à l’appui des courants les plus rétrogrades, les plus liberticides, les plus oppressifs (pour les femmes mais aussi pour les hommes et les enfants) qui se voient renforcés dans leurs discours et leur pratiques et qui trouvent dans ces supplétifs d’utiles compagnons de route.


Mais, citation de papa Marx ou pas, l’histoire de la critique religieuse montre qu’ils sont dans l’erreur, une fois de plus. Pour notre part, nous affirmons avec force que les capacités de création et de critique (y compris en matière religieuse) sont de tous les temps et de tous les lieux. Il n’y a pas de catégories sociales, «  ethniques » ou géographiques plus aptes que d’autres à la réflexion.




* Universalisme antireligieux





«  Si les chevaux avaient eu des dieux, il y a fort a parier qu’ils auraient pris l’apparence chevaline  ». En écrivant cette phrase iconoclaste, Xénophane de Colophon signifiait 500 ans avant JC combien les dieux sont une production imaginaire de l’être humain. Si les dieux sont pure imagination, alors les religions ne sont que mensonges.

Cette puissante critique émanait d’un courant philosophique qui se situait de part et d’autres de la mer Egée, autrement dit autant en Asie qu’en Europe.

En plein Moyen-âge, alors que l’obscurantisme religieux battait son plein en Occident et que les bûchers de l’Inquisition n’en finissaient pas d’immoler des hérétiques, la ré-flexion antireligieuse se renforcera encore en Orient. Quinze siècles après Xénophane, c’est Abou Ab Al Maari, vivant en Syrie et donc en pleine terre d’Islam, qui écrivait ces vers dignes des Lumières (qui ne brilleront en Occident qu’au XVIIIeme siècle)  :

«  Les habitants de la Terre se divisent en deux Ceux qui ont de l’esprit mais pas de religion Et ceux qui ont une religion mais pas d’esprit » [1] Avouez qu’à côté de l’universalisme des « habitants de la Terre » d’Abou Ab Al Maari, les « créatures  » de Marx font pâle figure ! C’est dans cette civilisation humaine, celle des « habitants de la Terre  », qui se construit par des apports et des relais successifs indépendants de toute position géographique ou sociale que nous nous reconnaissons.

Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, il n’y a pas une manière de penser qui serait spécifiquement occidentale et une autre qui serait spécifiquement orientale. Cette volonté de réduire la culture humaine en morceaux afin d’en attribuer chaque partie à un territoire donné - dont elle serait caractéristique - est particulièrement fausse, y compris sur ce point très délicat des croyances, mais elle est dominante dans notre société essentiellement pour deux raisons :

- En politique extérieure cette division fabriquée de toutes pièces a été le prétexte de nombreuses guerres qui, sous couvert de défense de la foi, n’étaient que rapines et conquêtes.
- Sur le plan intérieur, le pouvoir tire profit de ce morcellement de la pensée puisqu’il lui permet d’avoir recours aux sempiternelles stratégies de division au sein même de la population qu’il exploite.


* Néologisme pour néologisme, le pouvoir n’est pas islamophobe mais paupérophobe


Il faut constater que l’emploi, à tort et à travers, du terme islamophobe n’aide pas à combattre cette entreprise de falsification. Bien au contraire, il nous ramène aux préjugés et stratégies de l’idéologie dominante. Selon la signification que lui donnent certains de ceux qui l’utilisent (à l’extrême-gauche et chez les libertaires), se battre contre l’islamophobie, reviendrait à être solidaire des exploités. Cette correspondance invoquée entre un fait social (être exploité) et un fait religieux (être musulman) est évidemment fausse : il y a des musulmans dans les rangs des exploiteurs et tous les exploités (même «  arabes  ») ne sont pas musulmans.

Plus grave encore, elle participe de la même démarche que celle qui attribue à chaque morceau de terre une façon spécifique de penser. Cette adéquation géographique est sous-entendue en permanence dans les discours sur la banlieue et l’islam... quand elle n’est pas clairement posée par le NPA (Nouveau parti anticapitaliste), lors des dernières élections régionales par exemple, avec sa candidate en foulard aussitôt érigée en «  représentante des quartiers »  !

Ce n’est rien d’autre que la reprise de la mystification du « choc des civilisations » à l’échelle d’un pays. Au travers du fracas médiatique sur « le voile » comme dans la réponse produite avec un terme aussi confus que celui « d’islamophobie », tout un chacun est sommé de se ranger d’un côté ou de l’autre. Cette façon de forcer les populations à prendre parti pour des camps artificiellement créés (nationalistes, régionalistes ou religieux) n’est pas nouvelle, mais elle est particulièrement bien venue pour un capitalisme en crise. C’est l’organisation de la guerre civile (pour l’instant, de basse intensité) pour mieux se protéger de ce dont le Pouvoir à peur. Car, les maîtres du moment, si dénaturés qu’ils soient, savent qu’ils sont dans la situation de celui qui bat quotidiennement son chien : il sait que ce dernier finira par le mordre, mais il ne sait pas quand... Ils savent aussi qu’entretenir la confusion, retarde le moment de la morsure.

Ce qui fait peur au Pouvoir, ce n’est pas la façon dont on s’habille pour «  protester contre la misère », ce qui lui fait peur, c’est que nous nous organisions pour lutter contre l’injustice et la violence du capitalisme. Autrement dit, ce qui fait peur au Pouvoir, ce n’est pas l’Islam (lequel s’accommode fort bien du pouvoir et réciproquement, comme c’est le cas dans de nombreux pays de la planète), ce sont les pauvres quand ils s’organisent en tant que classe !

C’est pourquoi le pouvoir n’est pas islamophobe, il est paupérophobe !








______________



[1] Ces vers ont été traduits par Adonis, un autre poète syrien. Ils sont cités dans «  Les croisades vues par les arabes », remarquable ouvrage de l’écrivain libanais Amin Maalouf, dans lequel on trouve également la référence à un autre incroyant célèbre, le persan Omar Kayyam.
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  Revoilà les comiques !
07.05.2016 22:11  
Ils viennent nous répéter ce que les fachos et le pouvoir ont dit avant eux. L’islamophobie, une « invention du colonialisme », une « escroquerie intellectuelle », une « invention des mollahs iraniens », un « concept pervers », un « concept bien fumeux »… : les islamophobes ne savent plus où donner de la tête pour justifier leur racisme. On connaissait depuis longtemps les islamophobes de droite, dont l’islamophobie est en accord avec leurs principes, les Finkielkraut, Houellebecq, Zemmour, Fourest, Val…

On a droit maintenant aux islamophobes de « gauche », certains même prétendument « libertaires », qui essaient d’aller plus loin pour ne pas rester sur le bord du chemin dans la course au politiquement correct de la pensée dominante où se sont engouffrés les Coleman, Guillon ou CNT-AIT, entre autres, s’échangeant aimablement leurs diatribes. Dans la surenchère, on n’arrive plus à distinguer l’extrême droite de l’« extrême gauche », tellement leurs arguments sont semblables et interchangeables.

Leur maître à penser, Yves Coleman, n’a pas publié moins de trente « articles » pour justifier l’islamophobie, voire s’en revendiquer, suivi par un groupe d’admirateurs en quête de reconnaissance. Venant de sa part, rien ne peut nous étonner, puisqu’il a aussi bien écrit contre le BDS, contre l’antisionisme, pour la défense d’Israël, de la LICRA, du CRIF… et même de BHL ! Mais que des « libertaires » en aient fait leur idole montre l’état de déliquescence du mouvement.

Et ce n’est pas par manque d’information, c’est bien par CHOIX POLITIQUE que ces personnes ont choisi l’islamophobie comme thème principal et presque unique de militantisme. Voilà ce que donne chez leurs émules, de quoi désespérer de certains libertaires tombés dans le racisme et le beaufisme les plus populistes :

Protestation devant les libertaires d’hier sur leur capitulation devant la pensée dominante et l’union sacrée
 https://nantes.indymedia.org/articles/31214

De telles déclarations racistes par des « libertaires » sont faites pour éloigner du mouvement libertaire bon nombre de militants sincèrement antiracistes. C’est pour ça que les libertaires antiracistes (on n’aurait jamais pensé être obligés d’employer un tel pléonasme) ont réagi par des déclarations que nos ayatollahs de la pureté idéologique ont superbement ignorées, préférant répéter les mêmes banalités de base et les mêmes calomnies au nom de « l’anarchie », dont ils donnent une triste image d’intransigeance et de sectarisme autoritaire.

Pas d’islamophobie au nom des idées libertaires !
 https://quartierslibres.wordpress.com/2014/07/25/pas-dislamophobie-au-nom-des-idees-libertaires/


AutorIn: Médrano
  tjrs
07.05.2016 22:37  
On peut parfaitement se battre contre le racisme en critiquant les religions comme elles le méritent...certains semblent incapables ne serait-ce que d'entrevoir cette vérité triviale, et tolèrent donc une saloperie en en dénonçant une autre, bouffons faiblards qu'ils sont.


AutorIn: oleg
  Hors-sujet....
07.05.2016 23:03  
A mon avis l'ISLAMOPHOBIE n'a rien à voir avec l'athéisme anarchiste ou marxiste... Il s'agit d'une forme de racisme et d'une agression contre les immigrés venus de TURQUIE ou du MAGHREB. L'initiative populaire de l'UDC contre l'érection de minarets ou les délires de ZEMMOUR, HOUELBECQ, UDC, Le PEN sur l'islam par nature terroriste procèdent de cette islamophobie raciste. Et j'ajoute que la plupart des adolescents éduqués à grand coup de coran (dans la g...) et qui se révoltent contre la religion familiale ne se sont pas trompés eux! Ils ont très bien pigé que dans le regard des racistes islamophobes ils sont perçu comme musulmans, qu'ils le veuillent ou non!
Seules le harkis arrivistes comme les sarkozillones de NI PUTE-NI SOUMISE peuvent à la rigueur être vaguement accepté comme idiotes utiles du racisme... Les hommes devront en faire encore plus, devenir flics ou militaires...
Le but de l'obsession islamophobe, c'est d'empêcher les prolétaires encore influencés par la religion de participer à la lutte des classes (seul moyen réel de les transformer en athées irréprochables).


AutorIn: TZIGA.
  De plus en plus drôles à la CNT-AIT :-))))
07.05.2016 23:07  
Auteur : "Juan Pueblo" ! ! ! ! ! Vous l'avez fait exprès ?

"Pueblo, unido, jamás sera vencido !

On en veut encore !


AutorIn: Pinder
  Ni.Ni...
07.05.2016 23:19  
On peut lire l'article "Ni putes, ni soumises mais au service de l'état bourgeois" (écrit 3 ans avant que la cheftaine harki Fadéla AMARA devienne ministre sous les ordres de SARKOZY).

 http://pcint.org/03_LP/472/472-ni.putes.htm


AutorIn: TZIGA
  les deux
07.05.2016 23:28  
l'islamophobie est une réalité raciste ou antireligieuse mais aussi c'est un concept qui sert aussi aux islamistes ...


AutorIn: A @
  ANTICOMMUNISME
08.05.2016 00:31  
L'anticommunisme permet parfois aux staliniens de se défendre contre certaines critiques, donc l'anticommunisme est justifié parce que les staliniens sont méchants (je disais ça juste pour pulvériser le record de connerie de ceux qui justifient l'islamophobie sous prétexte combattre l'islam politique)...
En rhétorique on appelle cette figure "antiphrase" NB.


AutorIn: TZIGA
  qu'est ce qui est islamophobe ? qui décide quoi ?
08.05.2016 03:15  
En enquêtant sur les « actes islamophobes » recensés par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) – présenté comme une « source statistique de référence » par les sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed (1) –, nous avons ainsi eu la surprise de découvrir, entre autres :

**des mesures d’expulsion prises contre des personnes condamnées pour implication dans des entreprises terroristes,

**des condamnations d’imams pour incitation à la haine envers la communauté juive,

**des fermetures de salles de prière occupées illégalement,

** des vols de métaux sur le chantier d’une mosquée,


**etc.


On en déduit que l’« islamophobie » est toute mesure défavorable à un membre de la communauté musulmane, quelle que soit sa justification.


AutorIn: Logik
  Les mots...
08.05.2016 10:59  
Les mots sont toujours "déformés" par leurs utilisateurs... Par exemple Manuel VALLS prétend que comprendre ou expliquer c'est excuser et que la solidarité avec les masses palestiniennes massacrées et mutilées par ISRAEL c'est de l'antisémitisme...
Pour combattre un adversaire on peut même inventer des néologismes: hitléro-trotskistes ou, par exemple, "islamo-gauchistes"...
La sociologie de Pierre BOURDIEU a décrit ces phénomènes "faire voir, faire croire, faire agir"... La propagande du ministère de l'intérieur a PEUT ETRE inventé le concept d'islamo gauchistes pour pouvoir matraquer les vrais anti racistes et les vrais anti impérialistes... Les pseudo anarchistes qui confirment cette propagande sont DEGUEULASSES !


AutorIn: TZIGA
  D'autre part...
08.05.2016 11:21  
Ce que tu dis ne tient pas la route:
1/ Les terroristes ne sont pas expulsés mais "jugés, condamnés" et ne sont expulsé qu'après avoir purgé leurs peines...
2/ Si tu dis que les check points de Tsahal pourrissent la vie quotidienne des palestiniens, VALLS va te considérer comme antisémite.
3/ Etc...etc...
Tu ne devrais pas signer "logik"... Sycophante te conviendrait mieux!

Par-contre: il est probable que l'islamophobie soit sur évaluée par certains et sous évaluée par d'autres... C'est pas grave! Ce débat est secondaire... La QUANTIFICATION de la QUALITE est un sophisme.


AutorIn: TZIGA
  article source
08.05.2016 21:07  
L'islamophobie partout ?
Entretien avec Isabelle Kersimon et Jean-Christophe Moreau

L'islamophobie partout ?
Au terme d’une bataille sémantique qui a vu s’implanter fermement dans le débat public le terme longtemps controversé d’ «islamophobie», chacun ou presque s’accorde à reconnaître que le racisme anti-musulman n’est pas une « haine imaginaire ». Isabelle Kersimon et Jean-Christophe Moreau ont publié le 23 octobre dernier Islamophobie, la contre-enquête (éd. Plein Jour). Selon eux, nous assistons au détournement d'une cause légitime au profit d'une campagne identitaire.

Conspiracy Watch : Un complotisme de facture islamophobe apparaît depuis quelques années, notamment à travers l’accusation faisant des musulmans les agents plus ou moins conscients d’un plan d’islamisation de l’Europe. Pour autant, le concept d’islamophobie vous paraît éminemment critiquable. Pour quelle raison ?

Isabelle Kersimon : Il existe une islamophobie que l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, préférerait d’ailleurs qualifier de « musulmanophobie » : il s’agit des actes de violence dirigés contre les personnes à raison de leur religion réelle ou supposée. Les agressions de femmes voilées dont le ministère de l’Intérieur, les médias et le milieu associatif se font l’écho, sont des actes que nous pouvons qualifier d’islamophobes.

Quant à la critique de l’islam, elle peut tout aussi bien être le fait d’anticléricaux que celui d’« apostats », et ne mérite à mes yeux aucune condamnation. Pour respectable qu’elle soit, toute idée et toute tradition doit pouvoir être critiquée, même de manière virulente, et même si mon goût personnel me fait préférer l’arme de l’humour à toutes les autres.

C. W. : Vous parlez de l’islamophobie comme d’un «leurre heuristique». Qu’entendez-vous exactement par là ?

Jean-Christophe Moreau : Il s’agit d’un leurre heuristique au sens où les premiers à mettre en avant ses vertus explicatives – c’est-à-dire des militants associatifs et des universitaires engagés – s’en servent pour brouiller les pistes.

Théoriquement, le concept d’islamophobie est censé désigner les actes et les discours participant d’un processus de « racialisation » des musulmans ou, si l’on préfère, d’une réduction des personnes à leur seule appartenance religieuse ou culturelle. Mais dans les faits, il est employé indifféremment pour qualifier des actes pénalement réprimés (injures, menaces, incitation à la haine, discrimination, etc.) et des événements dont on chercherait en vain la dimension anti-religieuse ou xénophobe.

En enquêtant sur les « actes islamophobes » recensés par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) – présenté comme une « source statistique de référence » par les sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed (1) –, nous avons ainsi eu la surprise de découvrir, entre autres : des mesures d’expulsion prises contre des personnes condamnées pour implication dans des entreprises terroristes, des condamnations d’imams pour incitation à la haine envers la communauté juive, des fermetures de salles de prière occupées illégalement, etc. On en déduit qu’est « islamophobe » toute mesure défavorable à un membre de la communauté musulmane, quelle que soit sa justification.

Notre propos est donc de montrer comment une cause légitime (la défense des personnes contre des actes de violence, de menace, de discrimination, d’incitation à la haine, etc.) est détournée au profit d’une campagne identitaire qui ne dit pas son nom, et qui se réclame dans les faits d’une conception sclérosée, pour ne pas dire totalitaire, du respect de la liberté religieuse (appel au rétablissement du délit de blasphème, revendication de droits spécifiques tendant à ériger un « statut » musulman en marge de la citoyenneté ordinaire, etc.).

I.K. : J’ajoute qu’il existe une certaine paranoïa, tant dans les milieux associatifs que dans le milieu universitaire, consistant à vouloir démontrer, au mépris des méthodologies en usage, que la psyché occidentale et, pour ce qui nous concerne, l’histoire coloniale de la France, ont fabriqué une véritable « passion islamophobe » (2), maladie mentale affectant l’intégralité de la société jusque dans ses institutions.

Dessin paru sur le site communautaire SaphirNews (avril 2012)
C. W. : Les analogies entre islamophobie et antisémitisme se sont multipliées au point que, pour certains commentateurs, la première serait en passe d’éclipser la seconde. Et ne peut-on pas soutenir, en effet, que le mythe de « l’islamisation » a le vent en poupe comparé à celui du « complot juif mondial » ? Eurabia n’a-t-il pas remplacé les Protocoles des Sages de Sion dans l’imaginaire raciste contemporain ?

J-C M. : Le problème, en l’occurrence, est que les principaux acteurs de la « lutte contre l’islamophobie » n’utilisent pas seulement l’analogie entre antisémitisme et islamophobie pour déconstruire des stéréotypes racistes, mais également pour véhiculer un message politique en nous prédisant le retour des années trente. Nous serions, disent-ils en substance, à la veille d’un nouveau cycle de persécutions… à moins de nous convertir aux vertus politiques du multiculturalisme pour éviter que l’histoire ne se répète. On constate donc un glissement rhétorique, un passage de la comparaison légitime entre discours antisémite et islamophobe à une comparaison historiquement aberrante entre le sort passé des Juifs, totalement démunis face à leurs persécuteurs en l’absence de législation antiraciste sous la Troisième République, et la condition actuelle des musulmans en France, protégés par un véritable arsenal juridique contre l’incitation à la haine et la discrimination.

I.K. : L’antisémitisme français des années trente postulait l’existence d’un déterminisme racial qui condamnait les Juifs à la corruption physique et morale, et donc à un sort funeste (sous Vichy : interdits professionnels, déchéance nationale, spoliations, harcèlements et violences physiques, jusqu’à l’extermination) sans se soucier de leur degré de pratique religieuse. Tandis que l’islamophobie – même si elle peut effectivement servir de cache-sexe au racisme anti-arabe – se nourrit d’abord d’une défiance à l’égard d’un système de valeurs. Je pense que si l’analogie entre antisémitisme et islamophobie ne peut décemment être prise au sérieux, la comparaison entre les deux théories de la conspiration que vous mentionnez est relativement juste, à ceci près que, au plan international, l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) se pose – ce qui est son droit le plus absolu – en instance supra-étatique islamique suprême, et dispose en effet de moyens tant juridiques que financiers pour ses idées. On l’a vu avec les grandes campagnes menées à l’ONU pour le rétablissement du délit de blasphème, notamment.

Enfin, l’idée que l’islamophobie se serait substituée à l’antisémitisme est très discutable. Comme le rappelle une récente étude de la Fondapol, « la moitié des actes racistes sont des actes contre les Juifs qui représentent probablement moins de 1% de la population » (3).

C. W. : Parmi les auteurs qui, depuis une dizaine d'années, ont fait émerger la question spécifique de l'islamophobie en tant que problème public, il en est, vous apprenez-nous, qui versent eux-mêmes dans une forme de théorie du complot. Vous évoquez par exemple la lecture très particulière faite par l’un de ces auteurs d’une opération de police conduite dans une banlieue de Lille, le quartier des Biscottes, en mai 1993…

I.K. : L’affaire dite « des Biscottes » est emblématique de la théorie d’une islamophobie qui serait orchestrée par l’État. Elle a commencé par une chasse aux dealers conduite par des jeunes d’une association proche de la Fraternité algérienne de France (FAF), elle-même liée au Front islamique du Salut (FIS). Lors d’une opération de police, une cache d’armes et des tracts du FIS ont été découverts au siège de cette association. Mais le sociologue Thomas Deltombe (4) insinue que la découverte de cette « étrange cache d’armes » est en fait une manipulation alors même que des personnes liées à la FAF seront bel et bien condamnées pour trafic d’armes. Loin d’analyser la politique mise en œuvre par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua, à la lumière de l’incontestable importation de la guerre d’Algérie en France et aux conséquences qu’elle a eues sur la lutte antiterroriste – avec, en 1996, la création du « délit d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » –, Thomas Deltombe y voit l’action d’une logique islamophobe et d’un amalgame entre islam, islamisme et terrorisme entretenu par les médias. Pourtant, une grande partie des médias nationaux ont, à l’époque, largement critiqué les opérations coups de poing du ministre.

L'islamophobie partout ?
C. W. : Par conséquent, vous ne partagez pas la thèse de l'«islamophobie d’Etat», cette idée que les pouvoirs publics témoigneraient d’une crispation à l’égard des signes visibles de la présence musulmane en France…

J-C M. : L’idée selon laquelle il existerait en France une « islamophobie d’État » est surtout liée à la dénonciation des lois du 15 mars 2004 (interdisant les « signes religieux ostentatoires » à l’école) et du 11 octobre 2010 (interdisant la « dissimulation du visage dans l’espace public »).

Or, les détracteurs de la loi du 15 mars 2004 oublient – ou ne veulent pas voir – qu’elle n’a pas été pensée comme une loi d’exclusion. En effet, d’un point de vue strictement juridique, il s’agit à l’origine d’un arbitrage entre la liberté religieuse de jeunes filles qui portaient volontairement le foulard et la liberté de conscience de celles qui y étaient contraintes. Plutôt que de maintenir un statu quo qui profitait exclusivement aux premières en abandonnant les secondes à leur camisole identitaire (5), le législateur a donc pris le parti de rogner temporairement (pendant le temps scolaire uniquement) la liberté des unes afin d’offrir aux autres une excuse légale pour échapper aux injonctions familiales et aux pressions communautaires. Tandis que la loi du 11 octobre 2010, souvent présentée à tort comme la suite logique de celle de 2004, consiste en un obstacle juridique contre les revendications de personnes qui nous signifient physiquement que nous ne sommes pas leur égal, qu’elles ne sont pas concernées par nos conventions sociales et revendiquent donc le droit exorbitant de désigner les individus habilités à les reconnaître (avec pour corollaire, entre autres, le droit de récuser les agents masculins dans les services publics).

Naturellement, ces lois d’interdiction ne sont pas la panacée et il faut empêcher que, sous prétexte que le port d’un foulard islamique ne pourrait être synonyme que d’intégrisme ou d’asservissement, elles soient détournées de leur fonction sociale pour justifier une chasse générale aux signes extérieurs d’islamité. Mais, exception faite de quelques décisions discutables (6), les tribunaux veillent à réprimer les abus en la matière, comme en atteste une jurisprudence particulièrement fournie.

I.K. : La France, contrairement à une idée reçue, n’est pas en guerre contre la visibilité de l’islam. Ses tribunaux veillent à limiter les interprétations abusives de la loi du 15 mars 2004, comme l’a encore récemment prouvé le tribunal administratif de Versailles en annulant par deux fois le règlement intérieur d’une base de loisirs municipal qui interdisait le port du voile. En outre, la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, vient récemment de conforter les mères voilées dans leur droit d’accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires. Quant à l’Observatoire de la laïcité présidé par Jean-Louis Bianco, il se fait fort de rappeler les contraintes et limites de la loi à cet égard, notamment pour ce qui relève du port du voile islamique pour toute autre personne que des agents de l’État, y compris dans les enceintes scolaires (cas des personnes en formation par exemple au Greta, et qui par leur statut ne sont pas soumises à la loi de 2004). Dans l’affaire Baby Loup, si la Cour de cassation a donné gain de cause à l’association, elle a refusé de consacrer la notion d’entreprise de tendance laïque au motif qu’elle mettrait en péril le principe de liberté d’expression religieuse des salariés et pourrait in fine aboutir à une discrimination à l’embauche fondée sur la conviction religieuse de l’impétrant.

Profanation raciste de la mosquée Es-Salem de Cognac (17 août 2014)
La loi de 1905 elle-même a été aménagée par des moyens détournés pour permettre les subventions au culte musulman via la création des baux emphytéotiques administratifs cultuels. Ainsi les municipalités sont désormais les premiers bailleurs fonciers de l’islam : sur 190 mosquées inaugurées depuis 2011 ou en cours de construction, 114 projets ont été rendus possible grâce à la cession d’un terrain municipal. Le Conseil d’État avait en effet, en juillet 2011, clairement opté pour une « laïcité ouverte » en désavouant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui avait invalidé un bail emphytéotique au motif qu’il s’agissait d’une subvention déguisée, solution traditionnelle des tribunaux administratifs relative à toute cession de terrain à un prix inférieur à sa valeur vénale.

Par ailleurs, la construction de mosquées s’accompagne également, depuis quelques années, de montages financiers qualifiés de «contournements» de la loi de Séparation, qui toutefois ne l’enfreignent pas, avec des subventions accordées pour les parties culturelles des lieux de culte en vertu d’une lecture particulière de la loi de 1905 : une notion de « rattrapage historique » très éloignée de ses pères fondateurs.

Enfin, nous avons montré dans l’essai que, d’une part, le taux d’élucidation des profanations, s’il est médiocre toutes religions confondues, est légèrement supérieur dans les affaires touchant le culte musulman, et que, d’autre part, en matière de sanctions pénales, les magistrats font au contraire preuve d’une intransigeance qui met à bas le mythe de l’impunité.

C. W. : Vous vous inscrivez également en faux contre la thèse d’une « islamophobie médiatique dominante » en rappelant par exemple que, dans l’affaire des tueries de Toulouse et Montauban, de nombreux journaux ont commencé par écarter l’éventualité d’un attentat islamiste, privilégiant une piste d’extrême droite – chacun ayant alors en tête les attentats d’Oslo perpétrés quelques mois plus tôt. Lorsque l'identité de Mohamed Merah fut révélée, ce n'est pourtant pas à un déferlement d'islamophobie médiatique que nous avons alors assisté. Ni les médias conventionnels ni la blogosphère ne se sont mis à reprocher aux « musulmans » les crimes de Merah. Au contraire, l’industrie du conspirationnisme s’est mise en branle pour tenter de le dédouaner et faire valoir la thèse d’un complot d’Etat visant à stigmatiser l'islam...

I.K. : La thèse du complot d’État pour ce qui concerne le terrorisme dit islamique a également été reprise, particulièrement sur internet, chaque fois que Daech a assassiné des otages. Ainsi, les décapitations atroces notamment de Hervé Gourdel sont-elles perçues par la sphère complotiste comme des prétextes à l’expression d’une islamophobie latente, embusquée, n’attendant qu’un signal pour se répandre dans toute la société. On a même pu lire que le « calife » Al-Baghdadi était en réalité un « agent du Mossad » entraîné en Israël, et donc l’agent d’un complot contre l’islam, tout comme Merah.

Mais l’univers des blogs n’est pas le seul. Lors d’une manifestation organisée à Paris fin septembre en solidarité avec la victime - « Nous musulmans de France disons halte à la barbarie » –, le CCIF a déclaré que « les musulmans ne doivent pas jouer le jeu islamophobe, qui consiste à les placer en coupable et suspect idéal, les poussant sans arrêt à se justifier pour les agissements de tiers ».

L’idée reçue selon laquelle les médias conventionnels œuvreraient à stigmatiser les musulmans à chaque épisode terroriste est une idée fausse. Contrairement à ce qui est répété en boucle, et c’est également valable pour les attentats du 11-Septembre, les médias français s’emploient toujours, non pas à accuser les musulmans, mais bien au contraire à préciser que nos compatriotes de religion musulmane ne sont absolument pas concernés par les agissements des terroristes. Ce que reprochent d’ailleurs tant Vincent Geisser que Thomas Deltombe aux journalistes, lorsqu’ils les accusent d’opérer une distinction entre « bons » et « mauvais » musulmans.

Cela dit, notons que le massacre perpétré par Anders Breivik avait d’abord été attribué… à des islamistes. On pourra juger que ces contresens médiatiques, d’un côté comme de l’autre, s’expliquent par l’impérieuse nécessité de la réaction brûlante à « l’actualité ».

Tariq Ramadan lors d'une conférence du CCIF sur l'islamophobie (Bourse du travail de Saint-Denis, 30 novembre 2012)
J-C M. : Chaque attentat islamiste entraîne effectivement un accès de fièvre conspirationniste au sein des mouvements de lutte contre l’islamophobie. Ce fut le cas après l’affaire Merah comme cela l’a été suite à la tuerie perpétrée au musée juif de Bruxelles, lorsque Tariq Ramadan prétendit qu’il ne s’agissait pas d’un crime antisémite et dénonça une « manœuvre de diversion quant aux vrais motifs et aux exécutants » en affirmant – à tort – que les victimes appartenaient aux services secrets israéliens (un statut Facebook « liké » par plus de 10 000 personnes).

Mais on rencontre également, aux côtés de cette forme spectaculaire de déni, un discours plus policé qui consiste à dire – pour reprendre la formule employée par le porte-parole du CCIF deux semaines après la tuerie de Bruxelles – que la focalisation des autorités et des médias sur le terrorisme islamiste serait « statistiquement irrationnelle » en comparaison du nombre bien plus important d’actes commis en Europe par des mouvements séparatistes. Discours qui fait écho à celui des sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, selon qui nos élites politiques exploiteraient « le spectre du terrorisme islamiste » pour fabriquer de toutes pièces un « problème musulman », comme d’autres agitait hier « celui du judéo-bolchévisme » pour fabriquer une « question juive » (7).

Face à cette pensée louvoyante, il faut rappeler une réalité brutale : au cours de la dernière décennie, 70% des victimes du terrorisme en Europe ont péri dans des attentats islamistes. Sur un total de 369 « victimes mortelles » recensées par Europol pour l’ensemble des attentats terroristes commis en Europe sur la période 2004-2013, on dénombre ainsi 261 morts dans des attentats islamistes, 79 dans des attentats d’extrême droite (dont 78 victimes d’Anders Breivik en 2011), 20 dans des attentats séparatistes et 9 dans des attentats d’extrême gauche.

Contre l’idée qu’une « étude raisonnée du fait terroriste en Europe » pourrait se fonder sur une comptabilité aveugle du nombre d’actes commis par mouvance, il faut aussi rappeler que le terrorisme islamiste est le seul à cibler systématiquement les populations civiles, là où les autres mouvances terroristes visent en priorité des cibles institutionnelles (bâtiments publics ou représentants de l’État) et causent principalement des dommages matériels. Autant de réalités qui justifient amplement cette « obsession » des autorités sans laquelle le terrorisme islamiste aurait cessé depuis longtemps d’être « statistiquement marginal » !


Notes :
(1) Auteurs de Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », La Découverte, 2013.
(2) Selon Vincent Geisser in La Nouvelle islamophobie, La Découverte, 2003.
(3) En 2013, les violences antisémites représentaient 40% du total des actes de violence à caractère raciste. Ce chiffre était de 50% en 2012 (source : rapport 2013 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme).
(4) Auteur de L’islam imaginaire. La construction médiatique de l'islamophobie en France (1975-2005), La Découverte, 2007.
(5) Voir à ce propos le témoignage de Neslinur Yilmaz (dont l’audition a été déterminante dans la décision de la commission Stasi de préconiser l’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’école) : Blandine Grosjean, « Voilée, semi-recluse puis rebelle », Libération, 22 décembre 2003
(6) On peut ainsi reprocher aux tribunaux administratifs d’avoir validé des exclusions scolaires fondées sur une interdiction de « signes religieux ostentatoires par destination », c’est-à-dire les vêtements qui, bien que n’étant pas par nature des symboles religieux, peuvent le devenir en fonction de l’intention des élèves. Cette jurisprudence, en effet, autorise implicitement les établissements à pratiquer une politique d’intolérance au moindre signe d’islamité, totalement étrangère à la philosophie originelle de la commission Stasi.
(7) Abdellali Hajjat & Marwan Mohammed, Islamophobie (op. cit.), p. 185.


Isabelle Kersimon est journaliste indépendante.
Jean-Christophe Moreau, spécialiste de l’histoire du droit, est diplômé de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et de la Faculté de droit et de sciences politiques de l’université Aix-Marseille III.


AutorIn: Zombie
  LOGOMACHIE....
11.05.2016 13:33  
On ne peut pas parler de BATAILLE SEMANTIQUE... mais de LOGOMACHIE d'IDEOLOGUES négationnistes... Si on leur demande comment ils qualifient l'initiative de l'UDC contre les minarets ils ne répondent pas !!!


AutorIn: Documentaliste
  Qui est la nouvelle copine de la Groupie ?
11.05.2016 22:58  
La nouvelle idole de la Groupie après Guyet, Fourest et Coleman : Isabelle Kersimon :-)))))

Islamophobie : vous avez dit contre-enquête ?

Il devient de plus en plus difficile de nier que l’islamophobie se développe en Europe. De l’attaque contre des mosquées en Suède aux manifestations de « bons allemands » tous les lundis contre une prétendue invasion musulmane, chaque jour les preuves s’accumulent. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a consacré l’introduction de son rapport sur l’année 2013 à expliquer pourquoi elle acceptait finalement le terme d’islamophobie, ce que la plupart des grands médias se sont gardés de reprendre. Même l’inénarrable Caroline Fourest a dû finalement concéder, contrairement à ce qu’elle n’a cessé de répéter pendant une décennie, que le terme n’était pas une « invention des mollahs iraniens » pour freiner toute critique de l’islam.

Lire « Le mythe de l’invasion arabo-musulmane », par Raphaël Liogier, Le Monde diplomatique, mai 2014.Pourtant, il serait faux de penser que les tenants de ce rejet de l’islam aient renoncé. Ils se battent autrement. Certains, de manière radicale, comme Riposte laïque (les anciens comparses de Caroline Fourest, qui appellent à une manifestation en janvier contre les musulmans et pour la Reconquista). D’autres se veulent plus subtils, mais véhiculent le même message. Ainsi, dans l’introduction à leur livre Islamophobie, la contre-enquête (Plein jour, Paris, 2014), Isabelle Kersimon et Jean-Christophe Moreau écrivent : « Ce livre n’a pas pour objet de nier cette réalité ou de relativiser la gravité de ces actes (diverses attaques contre des musulmans). Tous sont à proprement parler islamophobes au sens où ils visent des personnes en raison de leur appartenance réelle ou supposée, à la religion musulmane... » Mais — car il y a un « mais » qui constitue le cœur de l’ouvrage : tout cela n’est pas vraiment grave, est largement exagéré, manipulé. Manipulé, au point pour un des auteurs de déclarer, dans une interview au site anticomplotiste, que la lutte contre l’islamophobie est un complot visant à « nous convertir aux vertus politiques du multiculturalisme ».

Isabelle Kersimon s’est surtout fait connaître par des livres sur la lutte contre la cellulite ou le tabac, ou encore sur les meilleures recettes pour rester en forme. Elle collabore au journal Causeur, dirigé par Elisabeth Lévy, dans lequel elle a publié deux articles sur l’islam, ce qui en fait incontestablement une spécialiste de premier plan. Quant à Jean-Christophe Moreau, titulaire d’un Master 2 et préparant actuellement une thèse de droit, il n’a, à notre connaissance, rien produit d’autre. Mais son site Etudes franco-musulmanes, donne un aperçu de son combat idéologique : nul doute qu’il sera fréquemment invité désormais dans les médias, peut-être même pour remplacer Caroline Fourest qui commence à fatiguer son monde.

Mais ces auteurs n’ont pas besoin de lettres de créance pour bénéficier du soutien inconditionnel de Caroline Fourest, laquelle dispose d’une tribune régulière dans « Les Matins de France Culture » — il n’est pas inutile de rappeler que cette émission, comme la « matinale » de France Inter, sont des hauts lieux de l’islamophobie, où circulent des « listes noires » de personnes que l’on ne peut pas inviter. Le 15 décembre, l’éditorialiste encense cet ouvrage, qui est, selon elle, « une réponse implacable, argumentée et chiffrée, à la flopée de livres, bien moins rigoureux, qui sont parus ces derniers mois pour nous annoncer une vague islamophobe en France ». Et il faut dire qu’en matière de rigueur, Caroline Fourest s’y connaît, elle qui a été récemment condamnée pour avoir mis en doute l’agression contre une fille voilée à Argenteuil (Robin Andraca, « Agression Femme voilée : Fourest condamnée », Arrêt sur images, 23 octobre 2014). Et mise en cause par le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour son traitement de l’Ukraine.

Lire cette contre-enquête est fastidieux et demande de comparer les attaques dirigées contre de nombreux chercheurs et leurs travaux pour voir si elles correspondent vraiment à la réalité. Les auteurs, à l’instar de Caroline Fourest, s’attaquent en priorité à l’ouvrage de deux sociologues, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman » (La Découverte, Paris, 2013).

Principal reproche : le livre se baserait « presque exclusivement », selon Fourest, sur les éléments fournis par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), présenté comme une « source statistique de référence », alors qu’il s’agit, selon elle, d’une association « extrêmement douteuse ».

Or, que disent Hajjat et Mohammed dans leur ouvrage ? Ils expliquent que « les données du CCIF reposent essentiellement sur les déclarations des victimes (par téléphone, Internet ou courrier) et plus marginalement sur la recension d’affaires rendues publiques par la presse. Elles constituent aujourd’hui une source statistique de référence pour une partie des médias français, mais surtout pour les organisations internationales en charge des droits humains, qui ne manifestent, contrairement à l’Etat français, aucune réticence à reconnaître un mouvement indépendant issu de la communauté musulmane.

Qu’il s’agisse du ministère de l’Intérieur ou du CCIF, l’enregistrement est soumis à de nombreux aléas qui participent à la construction des données finales. L’interprétation du motif de rejet se joue au moment de l’incident, tout de suite après et au moment de l’enregistrement d’un acte islamophobe. À chaque étape, l’incident fait l’objet d’interprétations ou de délibérations. En effet, toutes les interactions marquées par le rejet ou la défiance ne sont pas nécessairement explicites et les motivations des acteurs ne sont pas toujours discernables. L’enregistrement policier ou associatif dépendra ainsi du comportement de la victime et de l’auteur lorsqu’il est connu, des éléments matériels et des témoignages mobilisables, mais également de la sensibilité de l’agent ou du militant à l’égard de la forme de rejet en question. »

La complexité liée au fait de comptabiliser ce type d’actes — qu’ils soient d’ailleurs islamophobes, antisémites ou simplement délictuels — n’est pas une découverte pour un sociologue. Mais Kersimon et Moreau ne sont pas sociologues…

Les deux auteurs n’abordent pas, dans leur « contre-enquête », nombre d’études d’opinion réalisées en France, se bornant à dire que « les sondages réalisés à grande échelle après les attentats du 11-Septembre n’ont montré aucune progression du rejet des musulmans dans les opinions occidentales ». Pourtant, un simple survol rapide de la presse aurait révélé le contraire à nos zélés « contre-enquêteurs ». Ainsi peut-on lire dans le journal Le Monde du 24 janvier 2013 que « La religion musulmane fait l’objet d’un profond rejet de la part des Français » (par Stéphanie Le Bars) :

« Rarement la défiance envers l’islam aura été aussi clairement exprimée par la population française. 74 % des personnes interrogées par Ipsos estiment que l’islam est une religion “intolérante”, incompatible avec les valeurs de la société française. Chiffre plus radical encore, 8 Français sur 10 jugent que la religion musulmane cherche “à imposer son mode de fonctionnement aux autres”. Enfin, plus de la moitié pensent que les musulmans sont “en majorité” (10 %) ou “en partie” (44 %) “intégristes”, sans que l’on sache ce que recouvre ce qualificatif. »

Un autre angle d’attaque de nos « contre-enquêteurs » concerne la notion d’islamophobie en France. « La thèse commune consiste à entériner l’idée d’une islamophobie constitutive de l’ADN français depuis les Lumières », écrivent-ils. Pourtant, là aussi, les propos de Hajjat et Muhammad sont bien différents : « Il est impératif d’éviter les écueils de l’anachronisme et d’une vision anhistorique de l’islamophobie discursive. Il n’existe pas d’islamophobie globale, multiséculaire et intrinsèque à l’identité européenne, une hostilité viscérale et endémique dont la “nature” serait identique du Moyen Age jusqu’au XXIe siècle et qui ne ferait que varier d’intensité d’une période historique à l’autre. Il s’agit au contraire de discours contingents, produits par des acteurs très divers (théologiens, philosophes, érudits, diplomates, gouvernements, scientifiques, journalistes, etc.) et des contextes sociaux et historiques particuliers (réaction aux conquêtes musulmanes, Croisades, déclin de l’Empire ottoman, impérialisme européen et états-unien, immigration provenant de pays musulmans vers l’Europe, etc.). »

Enfin, il faut admirer la manière dont ils analysent le discours médiatique, évoquant quelques émissions audiovisuelles pour « prouver » que les médias ne sont pas islamophobes (alors même que cette liste est tirée du livre de Thomas Deltombe, L’islam imaginaire, La Découverte, qu’ils critiquent vertement). Un peu comme si on se servait de l’émission « Là-bas si j’y suis » de Daniel Mermet (aujourd’hui supprimée) pour prétendre que France Inter combat la mondialisation et s’aligne sur la gauche radicale…

Tout cela pour arriver à cette magnifique conclusion : notre société « tente indéniablement, parfois avec des maladresses (sic), parfois avec des arrière-pensées, d’offrir aux musulmans une place digne de l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes : la place de citoyens libres et égaux en devoirs et en droits ». Il n’existe pas, ajoutent-ils, de « France viscéralement islamophobe ».

Alain Gresh

 http://blog.mondediplo.net/2015-01-06-Islamophobie-vous-avez-dit-contre-enquete



AutorIn: Ça s'arrose !
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