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A 11h30 nous déposerons une plaque commémorative et des fleurs en mémoire du dirigeant paysan coréen Lee, mort le 10 septembre 2003 à Cancun, devant l’OMC.
Cette plaque portera l’inscription « En mémoire de Lee – Mort pour la cause paysanne ». Nous adresserons à cette occasion une demande formelle auprès de l’Etat de Genève afin d’obtenir l’autorisation de dépôt d’une plaque commémorative devant l’OMC où Lee avait dressé sa tente au printemps 2003.
Nous nous dirigerons ensuite en cortège vers la place des Nations, où à 12h30, il y aura des prises de paroles des différentes organisations et personnes présentes pour une reconnaissance du droit à la souveraineté alimentaire et un appel à une subordination des négociations commerciales de l’OMC à des considérations d’ordre sociales, culturelles et environnementales comme elles sont formulés par les Agences de l’ONU. Cet évènement se terminera sur un moment de partage convivial de produits des terroirs.
L’actualité à l’OMC
Face à l’actualité des négociations à l’OMC et des contradictions internes qui s’accentuent, le moment est important et juste pour affirmer le principe du droit à la souveraineté alimentaire. Nous permettrons ainsi de renforcer les voix critiques au sein de l’OMC et de dégager un principe d’orientation plus solidaire et plus durable pour l’avenir de nos sociétés.
Un nouveau cahier de charge de l’OMC, dans le cadre de « L’agenda de Doha pour le Développement » a été signé fin juillet à Genève. En dépit de son intitulé, aucune décision concrète effectivement favorable aux pays en développement ne s’y trouve énoncé de manière chiffrée avec un calendrier à l’appui. Ces accords ne font que renforcer les impacts négatifs des accords précédents sur l’avenir des agricultures et des économies sociales.
Par le jeu des transferts de subsides les Etats-Unis et l’Union Européenne pourront continuer à exercer leurs pratiques de dumping sur les marchés agricoles au seul profit des entreprises multinationales. Dans une négociation mené à huis clos par le G5 (Etats-Unis, UE, Brésil, Australie, Inde), sous la pression du temps et de chantages, le démantèlement systématique des tarifs de protection douaniers et de la souveraineté alimentaire continue. Les barrières douanières sont une protection légitime, accessible à tous les pays riches comme pauvres, qui permettent de maintenir les prix agricoles et les revenus des paysans dans le monde entier.
Au lieu d’une politique de maîtrise de l’offre, les pays du Nord maintiennent abusivement leur orientation exportatrice. Les négociations de l’OMC ont des impacts importants sur l’ensemble de nos économies sociales. Le nivellement vers le bas et l’absence de considérations autres que celle de la mise en concurrence systématique s’appliquent aussi bien à l’agriculture comme à l’industrie et aux services. Cette absence provoque des exodes ruraux, des migrations et du chômage, elle favorise des modes de production industriels et le développement des transports qui ont à leur tour des conséquences négatives sur l’environnement. L’affirmation positive d’une vision solidaire et durable, tel que le droit à la souveraineté alimentaire est fondamentale pour renforcer la démocratie.
L’exemple des céréales, du secteur laitier, des fruits et légumes ainsi que de la viticulture, montre qu’en Suisse, il n’y a plus d’exception à ce laminage programmé du droit de produire. Au contraire, au nom de la souveraineté alimentaire les consommateurs et les producteurs pourront continuer à définir et à maîtriser eux-mêmes les critères de production, de qualité, de durabilité et de rémunération juste.
La journée internationale de la souveraineté alimentaire
L’organisation paysanne « Via Campesina » a tenu sa quatrième conférence internationale au mois de juin à Sao Paulo. C’est à cette occasion que la décision a été prise de faire du 10 septembre , date de la commémoration de la mort du dirigeant paysan coréen Lee à Cancun, le 10 septembre 2003, la journée mondiale de la souveraineté alimentaire.
Le 13 juin 2004, la Via Campesina par la voix de José Bové à rencontré Kofi Annan, en lui transmettant la demande d’organiser une conférence internationale sur la souveraineté.
Le 10 septembre, afin d’appuyer cette demande, il y aura une manifestation internationale avec un million de personnes attendues à Séoul. Dans ce contexte nous vous invitons à cette action symbolique qui sera précédé d’une conférence de presse le plus large possible.
Cet appel est signé pour l’instant par :
Uniterre ; Union Suisse des Paysans ; Agora ;AgriGenève ;Union des Paysannes Genevoises ; « Affaire Tournerêve » ; Union Maraîchère Suisse ; CETIM ; Communauté de travail des œuvres d’entraide (Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas, EPER ), Fédération romande des consommateurs, Fédération valaisanne des producteurs de fruits et légumes, Union vaudoise des producteurs de fruits et légumes, Fédération genevoise de coopération, Déclaration de Berne, Confédération paysanne, Communauté Genevoise d’Action Syndicale, SSP/VPOD, UNIA, solidaritéS…
Lire aussi : http://switzerland.indymedia.org/fr/2003/03/6586.shtml |
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