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Pour la police genevoise, les problèmes de recrutement se posent depuis plusieurs années déjà. Surtout dans le corps de la gendarmerie. Horaires de nuit, augmentation des incivilités et manque de respect envers l’autorité en général, la profession de policier n’attire plus autant qu’il y a dix ou quinze ans. La police genevoise ne souhaite pas pour autant baisser le niveau demandé aux candidats lors des engagements. «Le métier est de plus en plus difficile, reconnaît le psychologue de la police, Pascal Borgeat. Il s’agit donc de pouvoir s’adapter au mieux.» Pascal Borgeat ne s’adresse pas aux médias. Mais à un auditoire normalement déjà acquis à sa cause. En ce matin de septembre, 78 jeunes gens se sont présentés au Centre de formation de la police, à Carouge, afin de passer les tests d’admission pour devenir inspecteur de la police judiciaire. La session des gendarmes, elle, a eu lieu la semaine dernière.
De 0 à 100 fautes
Première étape de cette journée marathon: la fameuse dictée. Une épreuve redoutée même si, pour l’inspecteur et instructeur de la PJ, François Waridel, il s’agit uniquement d’un «mythe».
Le texte choisi n’a rien à voir avec la dictée de Pivot. Il s’agit d’un article paru dans les colonnes de notre confrère Le Temps , au mois de juin, sous la plume de Sylvain Besson ( voir le texte de la dictée dans l’encadré ci-contre ). 3 817 caractères, 388 mots pour une dictée sélective qui va durer environ une demi-heure et faire des ravages. Sur les 78 candidats, 34 sont priés de quitter la salle à l’issue de cette épreuve. Trop de fautes. Beaucoup trop de fautes.
La limite du nombre de coquilles? Secret défense. Ou presque. On saura toutefois que deux candidats ont réussi le zéro faute et qu’une personne a dépassé les cent corrections… «A ce stade, nous avons arrêté de corriger», explique un instructeur. Une chose est sûre: la qualité de l’orthographe est nettement en baisse depuis quelques années. La langue phonétique, celle des SMS, notamment, remplace pour certains allégrement celle de Molière… «En revanche, nous constatons que les jeunes possèdent un niveau plus élevé en langue étrangère», commente Gérard Crausaz, chef de section adjoint, membre de l’état-major de la police judiciaire.
Universitaires en course
Au début de la journée, un questionnaire a été distribué. La police genevoise désire connaître les profils des gens qui postulent. Tous, conformément aux critères d’engagement, doivent être de nationalité suisse ou posséder un permis de séjour.
Aucun minima n’est fixé quant à l’âge (juste l’âge limite d’admission: 30 ans). Le fait d’exiger en tout cas une formation postobligatoire terminée, reconnue sur le plan fédéral (CFC minimum) permet de recruter des candidats possédant une certaine expérience.
Depuis quelques années, les candidats en possession d’une maturité sont monnaie courante. Les universitaires ont également fait leur apparition. Pour cette session se sont présentés des licenciés en archéologie, biochimie et criminalistique.
Après la dictée, une dissertation sur un thème d’actualité: la police, les médias et la population. Un test de personnalité et le test de Gordon, un test psychotechnique relatif aux valeurs personnelles. «C’est vraiment le plus difficile», soupire Céline, 20 ans, en possession d’une matu et Mélanie, 22 ans, matu scientifique et école de laborantine, qui souhaite entrer dans la police scientifique. Suivent d’autres tests de logique avant le déjeuner.
Et un conseil pratique: ne pas manger de fondue pendant la pause de midi. Car l’après-midi va encore être longue. Au programme: tests de langues et gymnastique. La deuxième langue n’est exigée que pour la PJ. Outre l’anglais et l’allemand, l’espagnol, le portugais et l’italien, traditionnels, les candidats ont choisi l’albanais, le serbo-croate, le kurde, le thaï et le perse!
Normal pour une ville comme Genève qui recense environ 180 langues! L’examen porte sur un texte à traduire et un oral. Enfin, la gymnastique. Où l’on constate que les plus musclés ne sont pas toujours les meilleurs… Course navette, force des bras, abdominaux et, pour terminer, douze minutes de course au stade du Bout-du-Monde. A noter que la population pourra s’essayer à cet exercice sportif le samedi 2 octobre au matin, au Bout-du-Monde.
Les résultats de cette session ont été dévoilés en début de soirée. Seules 26 personnes sont retenues. Les autres? Ils ne se montrent pas obligatoirement dépités. Ils savent qu’ils pourront se représenter ultérieurement. «Il arrive fréquemment que des candidats postulent deux ou trois fois», remarque Patrick Pulh, Service de presse de la police.
Pour les candidats sélectionnés, la partie n’est pas encore gagnée pour autant. Reste à passer la barre de l’entretien avec le chef de la PJ et le psychologue. Sans oublier une enquête de moralité et un examen auprès du médecin-conseil de l’Etat.
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