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Nous tenons tout d’abord à dénoncer la campagne scandaleuse menée par l’ensemble des partis de droite concernant les votations du 28 novembre. Ils ont choisi délibérément de mener leur campagne sur le terrain de l’émotionnel et cherchent à cacher aux citoyens les véritables enjeux du débat.
La droite a non seulement choisi de dénigrer le comité référendaire, en le limitant à un groupe de « squatteurs », mais elle ambitionne en plus de priver ces citoyens de l’usage de leur droit démocratique le plus fondamental, à savoir l’usage du référendum. Squatteurs ou locataires, tous sont citoyens à part entière. Le comité unitaire menant la campagne contre la vente du Carlton, contrairement à ce qui est laissé entendre, est composé d’associations, de syndicats et de partis politiques. De plus, plus de 10 000 citoyens ont soutenu et signé le référendum. Genève compterait-elle 10 000 squatteurs !?
Les citoyens genevois devraient s’inquiéter de la formation d’une coalition de droite et d’extrême droite remettant en cause leurs droits démocratiques les plus fondamentaux. Contrairement aux allégations du comité « oui à la fondation », largement répandues dans la presse, l’usage du référendum est un droit pour tous les citoyens. Le logement aussi, et il est d’ailleurs garanti par la Constitution genevoise depuis maintenant 10 ans !
Dans une démocratie, ce sont bien les citoyens qui font la loi. Qu’ils la fassent également le 28 novembre, car dans le domaine du logement, ce sont depuis trop longtemps les prédateurs de l’immobilier qui instaurent la loi de la jungle et du profit, celle-là même qui a conduit à la faillite de la BCG et à la crise actuelle. Cette même loi de la jungle conduit une partie des citoyens de ce canton à user de logements laissés délibérément vides pour ne pas dormir à la rue.
« En juin 2004, on n’a recensé que 314 logements vacants, contre plus de 3000 en 1997 et 1998. Il en résulte un taux de vacance des logements de 0,15%, le plus bas enregistré depuis 1981 (0,10%). Quant à l’enquête annuelle sur les logements laissés vides, elle a permis d’en dénombrer 1003 en 2004, contre 843 un an auparavant» (OCSTAT, octobre 2004).
Non seulement le nombre de logements disponibles sur le marché atteint un niveau critique (tandis que les logements laissés vides sont trois fois plus nombreux et en augmentation !), mais le niveau des loyers devient insupportable. Les spéculateurs plongent de nombreuses personnes dans une situation de grande précarité, notamment les travailleurs à bas revenus, les familles et les personnes en formation.
Nous tenons pour notre part à centrer la campagne autour des enjeux principaux que sont les possibilités de logement au Carlton et la Fondation de « valorisation ».
En ce qui concerne la Fondation de valorisation de la BCG, comme le relève très justement le GHI dans son édition du 3 novembre dernier (page 9, François Baertschi), une institution d’Etat doit se soucier de la provenance des fonds des acheteurs intéressés par les objets qu’elle met en vente. Mais elle doit également se soucier de l’usage qui sera fait de ces objets ! Ceci relève du simple bon sens. La Fondation de valorisation, la commission de surveillance et le Grand Conseil, qui approuve les ventes en dernière instance, doivent se préoccuper de l’usage qui sera fait des objets vendus. En cette période de crise du logement, il nous paraît indispensable de favoriser les projets qui créent du logement, de donner la priorité aux collectivités publiques ainsi qu’aux coopératives d’habitants. Dans le cas du Carlton, c’est la logique inverse qui prévaut : un projet d’hôtel de luxe est favorisé au détriment de la création de logements bon marché.
Les 123 studios du Carlton sont en effet parfaitement adaptés au logement et sont habitables de suite. Le projet d’habitation élaboré par le collectif Carlton est non seulement parfaitement viable financièrement, mais il suscite de plus un grand intérêt de la part des diverses fondations et coopératives actives dans le domaine du logement. L’argument financier n’en est donc pas un et le Carlton constitue un investissement nécessaire et urgent. Le choix se pose en termes très simples : le prix de vente maximum pour un Carlton voué au logement est de 10 millions, alors qu’il peut atteindre 15 millions pour une exploitation commerciale (notons au passage que la fondation l’avait proposé au prix de 18 millions à l’Etat de Genève dans un premier temps, ce qui en soi est un scandale). Un Carlton destiné au logement coûterait donc à peu près 5 millions aux contribuables, soit le manque à gagner pour la Fondation dans le cas d’une vente à 10 millions. Les contribuables sont-ils donc prêts à investir 5 millions et créer ainsi immédiatement du logement bon marché, qui devra de toute manière être créé avec des fonds publics ? Devant l’urgence de la situation actuelle, ne pas prendre en considération la possibilité immédiate de créer plus de 120 logements au centre ville revient à se voiler la face. Le statu quo ne saurait être satisfaisant, tandis qu’une politique active implique effectivement des coûts. Faute d’investir au Carlton, les autorités publiques assumeront quoi qu’il en soit ces coûts sous formes d’assistance sociale ou d’aide au logement.
Face à la mauvaise fois évidente des partis de droite et des milieux immobiliers dans la situation de crise que nous connaissons, nous appelons les nombreuses personnes qui nous ont soutenus lors de la récolte de signatures ainsi que tous les citoyen-nes genevois-es à se mobiliser et à aller voter en masse le 28 novembre. Le collectif Carlton prendra par ailleurs part au rassemblement du vendredi 19 novembre à 17h30 devant UniMail, pour fêter le triste anniversaire de la garantie du droit au logement par la constitution genevoise (1994-2004).
Refusons au dénigrement des initiatives citoyennes !
Non aux spéculateurs !
NON à la vente du Carlton ! OUI au Logement ! ------------------------------------------------------- Quelques articles et photos concernant le Carl(t)on
Annonce de l'occupation:
http://www.indymedia.ch/frmix/2004/05/22840.shtml
Photos de l'occupation:
http://www.indymedia.ch/fr/2004/05/22854.shtml
Photos de petits déj anti-évacuation
http://ch.indymedia.org/fr/2004/05/22907.shtml
Photos de l'évacuation:
http://www.indymedia.ch/fr/2004/05/23178.shtml
http://www.indymedia.ch/fr/2004/05/23188.shtml
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