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10-02-2005 10:29
Auteur : Guy Millier
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Auschwitz pourquoi faire? Lien avec Israël - Aujourd'hui |
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L’après-commémoration de la libération d’Auschwitz (info # 010902/5) [analyse]
Par Guy Millière © Metula News Agency
Pendant une semaine, la France a commémoré la libération du camp d’extermination d’Auschwitz. Il n’a été question que de cela, matin, midi, soir et quelquefois jusqu’au milieu de la nuit. Les discours ont succédé aux discours, les belles paroles aux belles paroles. Des opérations de « sensibilisation » ont été lancées en direction des collèges et des lycées. Le Président de la République a vigoureusement dénoncé l’antisémitisme et a réaffirmé la lourde responsabilité du gouvernement de Vichy de l’époque. Cet élan s’est propagé à toute l’Europe et a culminé avec les cérémonies organisées le 26 janvier dernier à Auschwitz-Birkenau.
Dans le principe, nous pourrions nous réjouir de voir s’effectuer ce travail de mémoire, nous ne pouvons, cependant, nous empêcher de penser qu’il y a, derrière tout cela, beaucoup de non-dits, un grand nombre de béances et au moins autant de silences éloquents.
Pourquoi les gouvernants et les médias français et européens dénoncent-ils à ce point les conséquences hideuses et innommables de l’antisémitisme d’alors, alors qu'ils passent sous silence, ou en le minimisant, l’antisémitisme d’aujourd’hui ? Pourquoi certains journalistes, sur place à Auschwitz-Birkenau, ont-ils cru bon de dénoncer « tous les racismes et l’islamophobie » ? Auschwitz-Birkenau les fait-il penser vraiment à l’islamophobie ? Et puisqu’on parle d’islam, comment se fait-il que pas un seul représentant des communautés musulmanes – où que ce soit sur la planète – n’ait participé aux cérémonies ?
Une réponse à cette interrogation a été fournie pas les principaux dignitaires musulmans de Grande-Bretagne, qui ont publié un communiqué dans lequel ils stipulaient qu’ils ne pourraient s’associer à une commémoration concernant la mémoire des victimes du nazisme tant que ne seraient pas reconnus d’autres génocides, en particulier celui « subi par le peuple palestinien ».
C’est vraisemblablement parce que ce genre de réponse est dans l’air du temps européen que personne, hormis le Premier Ministre et le Président d’Israël, n’a rappelé que nombre de rescapés de la Shoah avaient trouvé refuge dans l’Etat d’Israël, créé un peu plus de trois ans après la libération d’Auschwitz par l’Armée Rouge. C’est pour les mêmes raisons, tout aussi vraisemblablement, que personne, hormis le Premier Ministre et le Président d’Israël, n’a rappelé que si Israël avait existé à la fin des années trente et au début des années quarante, beaucoup de juifs persécutés et qui n’avaient nulle part où aller, auraient pu y trouver refuge plutôt qu’être condamnés à une mort abominable.
S’il fallait tout dire, où s’arrêterait-on ? Certains pourraient même avoir le mauvais goût de se pencher sur la politique britannique au temps de son mandat en Palestine. Un programmateur de télévision, un peu tête brûlée, pourrait avoir l’idée de rediffuser le film Exodus, invisible sur les chaînes des pays de l’Union Européenne depuis plus de vingt ans – il serait aussitôt limogé et le film ne serait pas diffusé. Quelques personnes pourraient se rappeler que des survivants des camps d’extermination nazis, à peine sauvés, ont été parqués par les soldats de Sa Gracieuse Majesté dans des camps de concentration sur l’île de Chypre. A ce moment, diffuser des reportages montrant les soldats de Tsahal se conduisant comme des « nazis » pourrait devenir un peu plus problématique.
Heureusement, tout cela nous sera épargné ! En ce début février, il est clair que la page est tournée, et que les affaires courantes reprennent. Tous les journaux télévisés parlent de la « trêve » décidée par le Hamas et le Djihad islamique en « Palestine » (le nom d’Israël n’est presque plus cité lorsqu’il s’agit de la Cisjordanie et de Gaza). Il est question aussi des manifestations de « l’extrême droite israélienne » (des juifs nostalgiques d’Adolf sans doute). Lorsque des Palestiniens commettent un acte terroriste et que Tsahal réagit, les journalistes s’arrangent pour que soient évoquées d’abord les victimes palestiniennes s’il y en a, et ensuite, de façon furtive, l’acte terroriste lui-même.
Je défie quiconque n’est pas juif et ne se donne pas les moyens de s’informer grâce à des sources extra européennes, de ne pas se trouver contaminé par le lavage de cerveau sous-jacent à tout cela. Je connais des braves gens en ce pays de France qui sont persuadés qu’Israël est un Etat raciste et fasciste, et que les Palestiniens sont spoliés, opprimés, réduits au désespoir par les brutes sionistes juives, conditions qui rendent les attentats-suicide très explicables. Et je parle de braves gens, de simples Français. Car pour ce qui est de l’extrême gauche, de l’extrême droite, ou de membres européens de la umma musulmane, j’imagine sans peine leurs discours. D’ailleurs, je n’ai pas à imaginer, je n’ai qu’à écouter leurs radios.
Antisémitisme d’hier et antisémitisme d’aujourd’hui
Il valait effectivement mieux dénoncer l’antisémitisme d’il y a soixante ans. Il valait mieux dénoncer Adolf Hitler et son entourage. Si l’on avait voulu parler de l’antisémitisme contemporain, il aurait fallu prendre des risques, se demander comment et pourquoi certains discours infects remontent à la surface, parfois relookés, parfois même pas. Il aurait fallu s’intéresser à la notion du « politiquement correct », s’interroger sur l’islamisation en Europe, sur les combats douteux de ceux qui rêvent encore de la construction d’un socialisme façon Lénine. Il aurait fallu se demander pourquoi l’information sur Israël est elle-même porteuse d’incitations à l’antisémitisme et pourquoi des journalistes, certains d’avoir les mains et la conscience propres, recyclent, sans même s’en rendre compte, des idées très sales. Il aurait fallu se demander pourquoi la politique arabe de la France est devenue peu à peu la politique arabe de l’Europe, et pourquoi cette politique est devenue de plus en plus anti-israélienne et anti-américaine au fil du temps.
Je regarde la télévision, je lis les journaux, je fais mon travail d’intellectuel. Je ne peux m’empêcher de penser que le temps se couvre et qu’il se fait tard. Je suis moins enclin que jamais à transiger. Quand j’entends des paroles qui relativisent la Shoah, je me souviens des mots prononcés par Simone Veil, il y a quelques jours : «le révisionnisme le plus pernicieux est celui qui utilise la relativisation pour banaliser ce que nous avons vécu ».
Quand certains, parfois même des juifs, me disent que j’en fais un peu trop, moi qui ne suis pas juif, je leur réponds qu’on n’en fait jamais assez, que l’humanisme ne se divise pas, que malgré le temps qui passe, mes capacités d’indignation sont intactes. Et que je ne sais que trop bien, pour avoir longuement étudié l’histoire, que quand, dans une société, on commence à s’en prendre aux juifs, la barbarie n’est jamais très loin. Quand on me demande quels avantages je tire de ce que je fais, je réponds que je ne vois aucun avantage, plutôt des inconvénients. Mais, je préfère perdre des contrats que perdre mon âme et ma dignité.
Un destin exemplaire
Et je m’enrichis de rencontrer des êtres extraordinaires. Ces derniers jours, l’un d’entre eux m’a tout particulièrement touché. Il s’appelle Simon Drucker. C’est un rescapé de la Shoah. Il m’a raconté son histoire : comment il a été arrêté à Paris au moment de la grande rafle par des policiers qui, la veille encore, le saluaient en souriant ; comment il a été conduit à Auschwitz ; comment il a survécu. Quelle opiniâtreté, quelle force de caractère il lui a fallu pour cela ! Quelles horreurs et quelles humiliations inqualifiables et indescriptibles il a subies !
A la fin de la guerre, Simon Drucker a passé quelque temps à Paris. Les déportés juifs à l’époque n’intéressaient personne : l’heure était aux résistants et il ne fallait pas trop parler de l’antisémitisme à la française ou du pétainisme. Simon est parti au Proche-Orient. Il s’est battu pour qu’Israël naisse et vive. Il conserve dans sa poche une fine lanière de cuir nouée qui indique son tour de taille en 1945 : on peut aisément deviner qu’il n’était plus qu’une ombre, un squelette. Il porte aussi des photos de lui, les armes à la main, lors de la guerre d’indépendance d’Israël. Il s’est marié au début des années cinquante et a eu des enfants – triomphe de l’espérance, échec de l’immonde. Il n’a aucune confiance en les politiciens européens et il lui arrive d’être sceptique, même en ce qui concerne les Etats-Unis. Il n’y a qu’un seul pays auquel il songe lorsque l’incertitude le gagne : Israël, rien qu’Israël.
S’il devait m’arriver de m’apitoyer sur moi-même, c’est à des hommes comme Simon Drucker que je penserais immédiatement. Ce sont des témoins, des exemples de courage absolu et insurpassable. Quand on connaît des hommes comme Simon Drucker, on sait qu’on a reçu quelque chose d’infiniment précieux en héritage et qu’il faut s’en montrer digne. On se défie des simulacres. On considère avec circonspection les commémorations trop convenues et trop solennelles. On réfléchit à ce que l’on peut faire aujourd’hui pour qu’effectivement, très concrètement, il n’y ait plus jamais ça.
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navrant |
2005-02-13 15:31 |
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IL est navrant qu'indymedia permette la publication de post n'ayant d'autre but que de défendre la politique dégueulasse et raciste de l'état d'Israël. Dire cela ce n'est pas attaquer les Juifs dans l'essence de leur religion, mais constater les politiques discriminatoire et le vol des terres qui continuent jour après jour. Pour ceux qui n'étaient pas encore persuadé de l'utilisation de la Shoah par les defenseurs d'Israël et les sionistes, ce texte est exemplaire. Depuis 50 ans la Shoah sert de cache sexe à une politique expensionniste et raciste. Personnellement je suis dégouté par les commémorations qui ont eu lieu ce dernier mois: les appels à la morale ne semble valoir que pour les juifs; on nous sert les horreurs commises il y a 50 ans, mais on oublie qu'aujourd'hui, tous les jours, que ce soit en Palestine ou ailleurs, les principes au nom desquels on se mobilise et on se souvient sont bafoués.
Pour être aller à plusieurs reprises en Palestine occupée, je puis juste dire que cele me fait vomir de voir un peuple utiliser son propre massacre pour en perpétuer un autre. A tous ceux qui douteraient encore de la nature colonialiste et raciste d'Israël, je n'ai qu'un seul conseille: allez voir par vous même, sur place...
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lioba
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2005-02-14 17:56 |
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Je suis tout à fait d'accord avec toi, ce texte est ignoble, d'autant plus qu'il est écrit par une personne qui se revendique comme quelqu'un qui "connaît trop bien l'histoire"...
Peut-être que peu de personnes ont été motivées à le lire (tant mieux d'ailleurs...) et c'est pour ça qu'il n'y pas eu plus de réactions, je ne sais pas, mais en tout cas je trouve tout le texte et tout particulièrement ce passage gravissime et empreigné d'islamophobie (même si M. l'historien a l'air de considerer ce terme totalement inutile, instrumentalisé et à la mode en Europe"...):
" Il aurait fallu s’intéresser à la notion du « politiquement correct », s’interroger sur l’islamisation en Europe, sur les combats douteux de ceux qui rêvent encore de la construction d’un socialisme façon Lénine. (...) Il aurait fallu se demander pourquoi la politique arabe de la France est devenue peu à peu la politique arabe de l’Europe, et pourquoi cette politique est devenue de plus en plus anti-israélienne et anti-américaine au fil du temps. "
Honte au "grand historien" qui se permet de tenir de tels propos totalement faux! Honte à la France, à l'Europe et aux USA pour leurs lois et institutions islamophobes, quoique puisse en penser le "grand historien" qui ( tout comme notre ami Blocher) voit l'Europe mener une "politique arabe"...
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