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Le 12 avril 2005, deux frères célibataires du «groupe des 523» ont été expulsés de Suisse ce matin par une dizaine de policiers. Ils ont été extraits de leur cellule à la prison administrative de Frambois dans laquelle ils croupissaient depuis le 14 mars, pour ensuite être refoulés par avion spécial sur Podgorica (Monténégro). Accompagnés de quatre policiers suisses, Ils ont été relâchés sans leurs affaires personnelles et sans argent. Toute leur famille proche vit en Suisse au bénéfice de titres de séjour.
Ces refoulements sont d’autant plus inacceptables alors que des négociations étaient en cours entre les autorités vaudoises et l’avocat des intéressés concernant leur sortie de détention administrative et la régularisation de leur séjour.
mensonges et calomnie:
Les deux frères aujourd'hui expulsé, avaient déposé plainte contre le Chef du Service de la population, Monsieur Henri ROTHEN, et contre X pour calomnie. Monsieur Jean-Claude MERMOUD a même admis que son chef de service avait diffusé des informations erronées sur la situation personnelle des deux personnes. Cette plainte pénale est toujours en cours.
L'expulsion furtive et inattendue de ces deux personnes ainsi que les coûts exceptionnels des frais de détention et d'expulsion par avion spécial (plusieurs dizaines de milliers de francs) alors que l'enquête n'était même pas aboutie, nous permettent d'affirmer que la procédure avait pour unique but, d'avorter une enquête quelque peu dérangeante, en expulsant les plaignants.
--------------------------------------------------------- COMMUNIQUÉ DE L'OCCUPATION DE LA PLACE DU CHÂTEAU POUR LA LIBERTÉ DE MOUVEMENT, D'ÉTABLISSEMENT ET POUR EN FINIR UNE FOIS POUR TOUTES AVEC LES EXPULSIONS:
Suite aux deux expulsions de la veille, à partir de la nuit du 13 avril, une trentaine d’individus ont occupé de manière festive et conviviale la place du château du gouvernement afin de s’opposer formellement à toutes les expulsions. Les frontières et la nation sont pour nous autant d’absurdités sanglantes que de moyens de contrôle social et économique. Par notre action nous revendiquons la liberté de mouvement et d’établissement.
Des blocages symboliques des personnes travaillant dans l'institution où les expulsions sont décidées, tout en leur expliquant nos motivations et volontés à l’aide de tracts, ont également eu lieu au petit matin.
A 9 heures du matin, les gendarmes nous ont demandé, d’ici 15h, de débarrasser le brasero, la table de thé et la tente commune installé la veille. Vers 11h30, le ton se durcit. Un ultimatum nous imposant d’évacuer les lieux et de retirer les banderoles d’ici 14h00 a été prononcé par la gendarmerie.
Aux alentours de 13h00 nous avons commencé à débarrasser la place tout en laissant visible les banderoles. 15 minutes plus tard, trois fourgonnettes de la gendarmerie accompagnées de pompiers (pour éteindre un brasero à la lance d’incendie) interviennent sans respecter l’ultimatum imposé par eux-mêmes, alors que nous n’étions plus qu’une dizaine. Les personnes violemment interpellées, pour l’une d’elle simple passante, ont été embarqué à la gendarmerie de la Blecherette. Au poste, elles ont été fouillées, à nu pour les hommes, fichées et prises en photo. Une fouille anale ainsi qu’un relevé d’empreintes digitales ont également été imposées à certaines d’elles.
De telles procédures mensongères et violentes à l’encontre de ces 10 personnes, sont clairement représentatives d’une volonté d’intimidation et de mise au pas. Nous pouvons constater qu’aujourd’hui, chaque remise en question de l’ordre social se voit systématiquement réprimé.
Quoi qu’il en soit, notre opposition aux expulsions reste des plus déterminée et nous continueront à agir en fonction de nos rêves et volontés.
----------------------------------------------------------------------- MANIFESTATION NOCTURNE ET SPONTANÉE CONTRE LES EXPULSIONS ET LA RÉPRESSION LE SOIR MÊME:
L’intolérable répression exercée sur les occupant-es de la place du château n'ébranlera pas nos positions. Le soir même, aux alentour des 23h00, une manifestation spontanée réunissant une trentaine de personnes s'est déplacée à travers la ville au rythme des tambourins d'un pas déterminé. Des tractes d'information concernant les deux récentes expulsions ont été distribués.
La manifestation s'est dissoute à la place de la Cathédrale alors que des anti-émeutes nous attendaient à la place du Château. Au moment où les participants rentraient chez eux, la police à procédé à de multiples contrôles d'identité et à une arrestation. Au poste, la personne a été officieusement interrogée dans une cellule à l'aide d'un enregistreur et sans procès verbal pour être relâché 12h après.
Nous continuerons à nous battre contre les expulsions pour que chacun et chacune puisse vivre où bon lui semble.
POUR LE LIBRE CHOIX DE DEPLACEMENT ET D'ETABLISSEMENT !!!
NI FRONTIERE, NI NATION, STOP AUX EXPULSIONS !!!
Lausanne, 15 avril 2005
Un mouvement informel d'opposition à toutes les expulsions |
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