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Création de ZONES AUTONOMES TEMPORAIRES à NEUCHATEL |
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Theme(s)
Anticapitalisme / Antiglobalisation -
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02-06-2005 22:50
Auteur : Jeunesse SolidaritéS
:: : http://www.jeunessesolidarites.ch
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Au matin du jeudi 2 juin, vous aurez été nombreux, Neuchâteloises et Neuchâtelois, à avoir remarqué que quelque chose avait changé sur le chemin que vous empruntez chaque jour pour vous rendre à votre travail. Mais quoi donc ? Pour la première fois depuis des années, vous vous êtes aperçus que la publicité avait pour ainsi dire disparu de plusieurs quartiers de Neuchâtel et des environs. A la place des grandes affiches de la Société Générale d’Affichage vantant le dernier Nokia ou les prêts avantageux du Crédit Suisse, il n’y avait plus que du blanc, un blanc omniprésent, envahissant, tout comme les publicités qui s’y trouvaient auparavant. Recouvertes de grandes nappes ou de papier-journal, la propagande de racolage commercial s’était tue le temps de quelques heures, offrant aux quartiers un espace de liberté et d’autonomie – jusqu’à ce que la police intervienne et arrache ces voiles pudiques, ramenant en pleine lumière les femmes-objets d’H&M et les promesses juteuses du Loto. |
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Ce matin-là, une partie de la population a soudain réalisé à quel point l’intrusion publicitaire réquisitionnait de place dans nos rues et occupait notre espace vital. C’est pour cette raison, pour nous réapproprier la cité, pour rendre les quartiers à celles et ceux qui les habitent, que nous avons décidé de passer à l’action, tentant de créer des Zones Autonomes Temporaires, pour reprendre l’expression du philosophe libertaire Hakim Bey. En effet, nous sommes persuadés que la publicité à caractère commercial est aujourd’hui la forme la plus perverse et la plus intrusive du colonialisme libéral, un impérialisme mental exercé par les élites économiques sur les peuples dans le but de les aliéner, de les convertir au consumérisme – bref, une arme de propagande au service de l’économie de marché.
Mais nous sommes Neuchâtelois, bien plus neuchâtelois que Nike, Sunrise ou Calvin Klein. Nous sommes citoyens, et c’est pour cela que la cité nous appartient en premier lieu, à nous comme à tous les autres citoyens de cette République. Malgré l’acharnement de la police, plus prompte à défendre les intérêts « coloniaux » des publicitaires que la cité qui l’emploie, nous appelons la population à se réapproprier l’espace public.
Contre la propagande libérale, capitaliste et consumériste.
Pour l’autonomie, la libération des rues et la réappropriation populaire des quartiers.
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action à Neuchâtel |
2005-06-03 14:49 |
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ACTION A NEUCH...
C'est bien cool comme action les mecs....
Faut la faire bouger cette ville un peu.... on se noie...
pierr-ot |
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pierr-ot
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Affiches de blanc vêtues |
2005-06-04 12:09 |
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[article de Florence Veya paru ce matin (le 4 juin) dans l'Express]
« Nous avons de suite déposé une plainte civile pour atteinte à la propriété, indique Denis Muriset, responsable d’acquistions de surfaces de la Société Générale d’Affichage (SGA) pour le canton de Neuchâtel. J’ai également informé la direction générale, à Berne, mais le responsable est en vacances jusqu’à lundi. Je ne sais donc pas quelles dispositions il prendra à l’encontre des auteurs de cette opération. » Quoi qu’il en soit, ce sont les poseurs d’affiches de la SGA qui ont enlevé les draps et journaux qui recouvraient une soixantaine de panneaux. « Nous n’avons pas besoin de travail supplémentaire et cette action est préjudiciable ! »
Une quinzaine de membres de la Jeunesse SolidaritéS ont masqué une soixantaine d’affiches publicitaires dans la nuit de mercredi à jeudi. Le but est de sensibiliser les citoyens à l’ampleur de la propagande commerciale.
Un blanc omniprésent recouvrait jeudi matin les habituels panneaux publicitaires de la Société Générale d’Affichage (SGA). C’est en tout cas ce qu’ont pu remarquer les habitants de Corcelles, de Cormondrèche, de Peseux et de l’ouest de Neuchâtel, en se rendant à leur travail. Il ne s’agissait bien évidemment pas d’une nouvelle campagne d’affichage censée attirer l’œil du passant, mais une opération de sensibilisation menée par le mouvement Jeunesse SolidaritéS.
« Promesses juteuses pour gagner de l’argent, femmes-objets mettant en valeur vêtements ou bijoux, athlètes vantant la qualité de marques d’articles de sport, opérateurs essayant d’appâter le quidam ou grandes banques affichant leurs soi-disant prêts avantageux, cette publicité racoleuse, nous avons voulu la faire disparaître pour quelques heures. Question de faire prendre conscience au public de la place qu’elle occupe dans nos rues. » indique David L’Epée, l’un des instigateurs de cette opération. Dont le but consiste à mettre en évidence l’espace que monopolise l’appel à la consommation.
« Nous tenions seulement à surprendre les gens et à les faire réfléchir. Raison pour laquelle nous n’avons pas déchiré ces affiches mais les avons recouvertes de draps et de journaux.» Répartis en trois équipes, les acolytes de cette opération, qui s’est déroulée de nuit, ont ciblé les lignes de bus les plus fréquentées, soit la ligne 1, la boucle des Parcs et celle de Serrières-Neuchâtel centre, « parce qu’il est plus aisé de voir des affiches recouvertes lorsqu’on est passager plutôt que conducteur ».
Une action qui s’inscrit dans l’idéologie «La politique côté rue» du mouvement. Qui souhaiterait se « réapproprier la cité pour rendre les quartiers à celles et ceux qui les habitent en tentant de créer des zones autonomes temporaires, pour reprendre l’expression du philosophe libertaire Hakim Bey. » Les membres de la Jeunesse SolidaritéS dénoncent «l’intrusion publicitaire qui occupe notre espace vital et qui est la forme la plus perverse et la plus intrusive du colonialisme libéral. Un impérialisme mental exercé par les élites économiques sur les peuples dans le but de les aliéner. Bref, une arme de propagande au service de l’économie de marché.»
Ils revendiquent également leur appartenance à la cité. « Elle est à tous les citoyens. Nous sommes bien plus neuchâtelois que les firmes étrangères qui s’affichent dans nos rues. Malgré l’acharnement de la police, plus prompte à défendre les intérêts coloniaux des publicitaires que la cité qui l’emploie, nous appelons la population à se réapproprier l’espace public ! » |
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Jeunesse SolidaritéS |
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2005-06-04 15:10 |
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bien vû, mais revendiquer ça de la part d'un parti politique, franchement, c'est vous qui allez ramasser. Un peu de discrétion Gla-gla!
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le squat imaginaire
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Nous ne recherchons pas la discrétion |
2005-06-05 12:15 |
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Au contraire, nous avons fait cette action avec l'intention de la revendiquer, histoire aussi de nous positionner dans le paysage politique, non pas comme un parti (comme tu dis) mais comme un groupe autonome non-réformiste et prêt, si nécessaire, à recourir à l'illégalité pour amener ses idées.
De plus, trois d'entre nous ont été interpelés durant l'action, dont moi. Et comme la police sait clairement que je fais partie de la Jeunesse SolidaritéS, il aurait été inutile de le cacher. Revendiquer cette action, c'est assumer nos méthodes et montrer que nous sommes un groupe de jeunes militants réellement indépendants et extérieurs au système, et non pas des Jeunes Socialistes...
Au final, je dirais que ce n'est pas une indiscrétion de notre part d'avoir agi ainsi, mais quelque chose de tout à fait délibéré. Nous ne sommes pas un groupe terroriste, nous n'avons donc pas à nous retrancher dans la clandestinité. Nous n'hésiterons jamais à apparaître au grand jour, comme c'est le rôle d'un groupe d'action politique qui se veut proche du peuple - côté rue ! |
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Jeunesse SolidaritéS |
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2005-06-05 15:53 |
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d'accord ;)
on attend avec impatience la prochaine action(illégale) signée jeunesses solidarités!
la taz précisément, pour reprendre ton rapprochement au texte d'H.Bey n'est plus lorsqu'elle est découverte. La revendiquer me semble en antinomie avec son concept même. |
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le squat imaginaire
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TAZ |
2005-06-05 23:09 |
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Ce que tu dis sur les TAZ est vrai. Mais il faut aussi dire qu'au moment où nous avons revendiqué l'action, soit plus de douze heures après, les TAZ avaient déjà disparu, car les décolleurs de la SGA étaient repassés derrière nous. Nous revendiquions donc quelque chose qui avait cessé d'exister, l'éphémère étant propre à ce genre d'actions.
Hakim Bey écrit : "Initier une Zone Autonome Temporaire peut impliquer des stratégies de violence et de défense, mais sa plus grande force réside dans son invisibilité : l'Etat ne peut pas la reconnaître, parce que l'Histoire n'en a a pas de définition."
Le texte sur les TAZ est le seul écrit d'Hakim Bey que j'ai lu. A-t-il écrit d'autres choses ? Ce sont quoi qu'il en soit des points de philosophie politique assez complexes. Il vaudrait peut-être mieux en parler tranquillement en privé, voire même devant une bière - qu'en penses-tu ?
Je n'ai aucune idée de qui tu es, mais ça ne semble pas réciproque :) |
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2005-06-06 20:08 |
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Salut,
comme tu dis, il s'agit là d'une question vaste qui peut refléter une multitude d'aspects. Toutefois, il y a un truc que je trouve dommage, c'est le fait que vous définissez la TAZ alors même que l'auteur se l'interdit. Il y a certainement eu quelque-chose dans votre action qui soit en rupture avec le modèle classique imposé, mais ça m'ennuierait que l'on commençe à définir la TAZ alors qu'elle doit rester quelque-chose d'indéfinissable( mais pas son idée même) d'éphèmère, et de secret. Le risque? populariser l'idée et mettre tout et n'importe quoi au nom de la TAZ. Les différents groupes qui la créent n'en parlent pas. Est-ce qu'on appelle chaque barricade montée une taz? chaque réunion informelle une taz? chaque squat ouvert une taz? et d'abord s'agit-il là vraiment de taz? chacun en à sa propre idée! Pour les antiautoritaires, la TAZ est la dernière chance qu'il nous reste, on ne rigole pas avec ça!
H.Bey à écrit un autre livre que je n'ai pas lû, mais je pense que son approche vaut effectivement la peine d'être étudiée et discutée.
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le squat imaginaire
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