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Samedi, Evo Morales avait été intronisé chef suprême des Indiens des Andes et de tous les peuples indigènes d'Amérique au cours d'une cérémonie religieuse dans le temple sacré des ruines pré-incas de Tiwanaku, à 70 km de La Paz. De religion Ayamara Evo Morales a rendu grâce à la Pachamama, la déesse Terre au cours d'un rite vieux de 2000 ans. Au retour de Tiwanaku où une foule immense s'était réunie en son honneur, Evo Morales a marqué un pas important dans l'instauration du dialogue constructif avec les Etats Unis. Dépeint comme le pire cauchemar de Washington au lendemain de sa brillante élection le 18 décembre dernier (54% des suffrages), Morales a recu chez lui, dans son modeste appartement du quartier de Miraflores, Thomas Shannon, secrétaire d'Etat adjoint chargé des relations avec l'Amérique du Sud ainsi que l'ambassadeur américain. Dimanche matin avant les grandes festivités de son investiture, Evo Morales a ouvert la porte de sa demeure à son homologue chilien Ricardo Lagos. Les deux hommes ont entamé un franc dialogue en vue du rétablissement de relations diplomatiques complètes et le règlement de l'un des plus anciens conflit frontaliers du continent. Evo Morales, le leader cocalero au franc parler et aux mouvements de protestation spectaculaires (qui avaient contraint deux de ses précédesseurs, Gonzalo Sanchez de Losada et Carlos Mesa, à écourter leur mandat entre 2003 et 2005), est apparu sous des traits plus sensibles aux 1'200 représentants de la presse accourus du monde entier pour couvrir ce tournant historique. Au moment de recevoir le ruban de président des mains de son vice président Alvaro Garcia Linares, Evo Morales avait les yeux remplis de larme. La gorge nouée par une vive émotion, le nouveau président a eu toute les peines du monde à entonner l'hymne national. Dans son discours d'investiture qui a duré 90 minutes, Evo Morales a tout d'abord rendu hommage aux victimes connues et inconnues des opressions, citant comme de coutume Che Guevara dont il est un grand admirateur. Après une minute de receuillement, Morales a adressé un message clair en réitérant les promesses faites durant sa campagne, la nationalisation des ressources naturelles du pays, l'éradictation des narco trafiquants de coca sur son territoire et de combattre la corruption. Evo Morales n'oublie pas d'où il vient. Issu d'une famille très pauvre de la région d'Oruro, le jeune homme gardait les lamas sur l'Altiplano et a connu la faim et la grande pauvreté. Une de ses premières mesures a été de réduire de moitié son solde de président au profit des plus démunis. Depuis un mois, sa cote de popularité n'a cessé d'augmenter. Les plus sceptiques se rallient désormais sous la bannière multicolore du peuple indigène et celle bleue et noire du MAS, le mouvement vers le socialisme. Un sondage donne désormais 74% des Boliviens convaincus par l'ex leader syndicaliste. Au cours de son discours suivi par les 12 présidents d'Etat et le Prince Felipe d'Espagne, entres autres, Morales a fait allusion à la Suisse à deux reprises:" Comment se fait il qu'un petit pays comme la Suisse, sans ressources naturelles est devenu un des plus riches du monde alors que la Bolivie dotée d'immenses ressources naturelles est le plus pauvre du continent sud américain ?" "Nous sommes présidents" Après les honneurs militaires rendus sur la Place Murillo, Evo Morales entouré d'une marée humaine a rallié à pied, dans une liesse indescriptible, la Place St Francois d'Assise. Il s'est encore une fois adressé à son peuple:" En vérité, je n'ai jamais imaginé devenir un jour le président de la Bolivie. Il y a 50 ans, les indigènes n'avaient même pas le droit d'accéder à cette place, ni à la Place Murillo. Aujourd'hui, Evo n'est pas président, c'est le peuple qui a gagné les élections. C'est le peuple uni qui va gouverner une Bolivie digne et souveraine". Evo Morales a proclamé la liberté des peuples indigènes, principalement les quechuas, aymaras, guarani, qui forment le 62% de la population et qui ont été trop longtemps humiliés, méprisés, condamnés à l'extinction:" Nous respectons les autres peuples, à eux de marquer le même respect pour les indigènes". Morales a donné la parole á l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano, au vice président de Cuba, Carlos Lage, représentant du père spirituel Fidel Castro qui n'a pas fait le déplacement, la ville de La Paz ne donnant apparement pas les garanties suffisantes en matière de sécurité. Hugo Chavez, en revanche, a fait une irruption spectculaire, dimanche sur la Place Murillo, entouré d'une centaine de gardes du corps. Mais dns l'après midi, le président vénézuélien n'est pas apparu sur la Place St Francois en raison d'une indisposition dûe au mal d'altitude. Sa soeur la première dame En l'absense d'une épouse, c'est la soeur aînée d'Evo Morales, Doña Ester, commercante dans la ville d'Orurou, mère de trois enfants, qui assumera le rôle de Première dame. Evo Morales, dont les tenues vestimentaires qui ont généré moultes réflexions et commentaires sont en passe de devenir la référence en matière de look branché en Bolivie, est désormais le célibataire le plus convoité de tout le continent américain. |
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