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Une parodie de démocratie |
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Theme(s)
Répression - Anticapitalisme / Antiglobalisation - Presse -
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24-02-2006 11:47
Auteur : boby
:: : http://laboillat.blogspot.com/
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Tout d'abord, ceux qui pensent que Karl est un type de droite se trompent (oh surprise!). Karl connaît les mouvements de gauche de l'intérieur et ce qu'il va dire est fondé sur cette connaissance. Voilà, vous avez compris que ça ne sera pas tendre. Unia? Oui, Unia. Unieurk!
Je tiens aussi à signaler ici que les informations que je donne ont été corrélées plusieurs fois, avec des gens très bien placés pour savoir. Tout a été vérifié, revérifié, contredit, débattu. Ma facture de natel sera capable de vider le fonds de grève (ça, ça n'a pas été corrélé, j'avoue!). |
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Les événements
Le vote de l'assemblée de 13H30 a eu lieu dans une conjonction d'événements extrêmement douteux. Tout a été mené à la va-vite, en douce, par un Unia bien malhonnête.
Déjà, mercredi, il n'y a pas eu de vote à l'assemblée du personnel et N. Wuillemin a annoncé qu'il ne se passerait plus rien avant lundi. Donc, aujourd'hui, il manquait pas mal de monde à l'assemblée, certains (comme les équipes de nuit) ayant considéré, à juste titre, que le déplacement n'était pas nécessaire, puisqu'il ne devait pas y avoir de vote aujourd'hui. Bien du monde a appris à 13H20 qu'on voterait aujourd'hui...
De plus, la pression montait: les clients mécontents, qui râlent. P. Oudot dans le Juju qui parle de "mettre de l'eau dans son vin". La population qui commence à se demander s'il ne serait vraiment pas possible de parler à la direction...
A l'assemblée, il a été communiqué de Rolf Bloch qu'en cas de "non" il risquait fort de laisser tomber la médiation. Une direction qui tergiverse à n'en plus finir en demandant des précisions, ça va. Des grévistes qui demandent qu'on leur explique un truc, non, non, non.
Ensuite, Unia a gentiment signalé par la voix d'André Daguet qu'en cas de "non", Unia laisserait tomber les grévistes et ne leur paierait donc pas leur salaire à la fin du mois.
Autour de l'usine, la rumeur des clients mécontents. Des camions envoyés par Swissmetal ont été stoppés du côté de Bienne par les autorités. Ils venaient charger du matériel à la Boillat pour l'amener à Dornach. Information démentie, puis confirmée.
A Loveresse, dans un bâtiment où des policiers se rencontrent souvent, et devant lequel on trouve généralement plusieurs voitures de police, il y avait une discrète petite réunion (les poulets doivent en effet être maintenus à l'intérieur en ces temps de grippe aviaire). Il fallait y entrer pour savoir qu'une trentaine de policiers "attendaient" et se sont "serrés la rame" avant de s'en aller, environ 15 minutes après que les résultats du vote eurent été connus. Tout porte à croire qu'ils s'apprêtaient à intervenir, si possible sans violence, pour que les camions de Swissmetal puissent venir charger sans être bloqués, si le résultat du vote était négatif. Des autorités (que nous ne citerons pas ici par politesse, mais qui me donnent le torticoli) ont prétendu que ce n'était pas vrai, que cette concentration de volaille était un "exercice". Sauf que les exercices sont toujours annoncés, et qu'il n'y avait pas d'annonce pour ce jour. Coïncidence, coïncidence... Tu parles!
Simplement, il fallait que les grévistes ne soient pas trop au courant des grandes manoeuvres camionnesques et fliquières, histoire que le vote ait lieu. Et il fallait donc faire vite, c'est pourquoi les représentants d'Unia, tout à fait au courant de ces événements, ont mené le vote au pas de charge. Prises de parole des partisans du "non" rendue impossible. Le tour de passe-passe du "t'as le micro, pouf pouf il a disparu. Où qu'il est? Dans ma main!" bien connu chez les "intellectuels" de gauche.
Ainsi, une pluie de parole s'est abattue, en faveur du "oui", et que ça saute! Le texte soumis au vote a été lu en vitesse, très en vitesse... Certains n'ont pas résussi à décoder. Pas de discussion, pas de réflexion. En rang par deux, gaaarde à vous, votez!
Des personnes, au moment de voter, sont parties. Résultat, annoncé dans un silence inquiétant, suivi de pleurs et même de vomissements, "oui". Par 138 "oui", 63 "non", et 1 nul. Dans ce décompte manque donc une bonne centaine de personnes, absentes ou ayant quitté les lieux juste avant le vote (une trentaine selon des estimations). Mais même ceux qui ont voté oui ont la boule à l'estomac. Vote arraché avec "le couteau sous la gorge" disent certains.
Analyse critique
En tous cas, soyons clair: personne ne jette la pierre aux grévistes, qu'ils aient voté "oui" ou "non". Ils font ce qu'ils peuvent. Nombreux sont ceux qui, sans l'argent d'Unia, n'auraient pas pu joindre les 2 bouts. Quoique... S'il avait été possible de parler des fonds de grève. Mais c'était impossible, faute de temps, diraient peut-être Reto Ambrosetti et André Daguet.
D'ailleurs, de ces 2, parlons-en. Absents durant toute la période entre les 2 grèves. Absents au début de la seconde grève. La presse nationale commence à parler de la Boillat... Les voilà qui se pointent. Ils sont toujours là pour faire des ronds de jambe à des banquets, et jamais sur le terrain, sauf quand ça paie en termes d'image. Et puis, la grève, il fallait la reprendre en main. Unia avait fait son petit tour, Fabienne Blanc-Kuhn (dont l'égo a par ailleurs largement enflé ces derniers temps) ne parvenait pas à mettre fin à la plaisanterie, alors hop!, André et Reto débarquent. Ils représentent les grévistes face à Rolf Bloch, font tout en douce, ne disent rien à personne, y compris à N. Wuillemin, qui n'avait pas la tête des grands jours.
Parodie, simulacre, fumisterie... Voilà ce qu'Unia appelle un "vote". J'ai contacté des syndicalistes du coin, qui n'ont pas de mots assez durs pour parler de leurs "leaders". "Casseurs de grève", voilà ce qu'un ami syndicaliste m'a dit en parlant de la direction d'Unia. Carrément. Les régionaux, ils sont bons pour s'occuper des problèmes obscurs au jour le jour. Mais quand ça commence à être bien visible, Reto et ses potes débarquent, font les beaux, distribuent des drapeaux, convertissent de force à leur opinion, et repartent pour de nouvelles aventures.
Il eut peut-être été possible d'avoir un "oui" autrement. Avec une discussion sérieuse par exemple. Allez savoir! Il n'y a pas qu'à la tête d'Unia, qu'on pense. Et une telle discussion aurait au moins permis aux grévistes de maintenir une certaine unité, par la compréhension des motivations de chacun.
Un avenir?
Et qui sait, cette décision est peut-être la bonne? Peut-être que dans les coulisses se trame un dénouement positif pour la Boillat, comme une externalisation? Avec la culture du secret qui entoure les négociateurs, ils pourraient préparer un génocide qu'on n'en saurait rien. Alors pourquoi pas un sauvetage? Vu d'ici, on dirait plutôt que la transformation de la Boillat en goulag a bien avancé. Les petits kapos de l'encadrement sont prêts à faire leur retour dans le coin, en lieu et place des 21 cadres licenciés. Qu'ils se ravisent: leur accueil ne sera pas triomphal.
Imaginons un instant que ce vote permettra un dénouement positif. Ce dénouement aura été permis par un syndicat qui utilise les mêmes méthodes que Martin Hellweg: manque de transparence (critiqué depuis le début de la grève), méthodes autoritaires, égocentrisme forcené, mépris des ouvriers. De telles méthodes sont inacceptables. Le but doit pouvoir être atteint par des moyens honnêtes, sans jouer à berner ceux pour qui on est censé se battre.
J'en appelle donc ici à la transparence. Car même si quelqu'un ici a un quelque chose de positif en vue, la zizanie semée par ce vote forcé risque de tout flanquer par terre, qu'il le sache.
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Merci |
2006-02-24 13:31 |
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Merci pour ce récit précis et utile. Un seul commentaire: quand tu ecrit "sans l'argent d'Unia, (ils-elles) n'auraient pas pu joindre les 2 bouts", faudrait encore spécifier qu'il ne s'agit pas de l'argent d'UNIA mais de l'argent des travailleurs et des travailleuses membres d'UNIA (ou chômeurs inscrit en caisse chez eux).
Donc, pour résumer: UNIA a suivi les ordres d'Helweg et compagnie et a cassé une grève en faisant du chantâge aux ouvrier-ères en utilisant l'argent d'autres travailleurs-euses. C'est assez magnifique, rien à dire ...
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Jon-Gorka
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Démocratie |
2006-02-24 15:57 |
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Cela illustre bien ce qu'est la démocratie parlementaire. Vous pouvez dire ce que vous voulez tant que vous faites ce qu'on vous dit.
Cela illustre bien aussi le comportement d'une certaine gauche dés qu'elle flirte avec le pouvoir. Elle préferre s'allier aux bourgeois pour mieux exploiter sa propre classe sociale. Etonnez-vous après que deux salaires ne suffisent pas dans bien des cas en Suisse à faire tourner un ménage.
Une question simple qui illustre bien les enjeux: Lors des votations, pouvez-vous voter pour quelqu'un qui ne soit pas plus riche que vous? |
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Dominique
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Un0a |
2006-02-24 20:37 |
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Ca fait quoi d'etre un syndicat, de lécher le cul au patronat Ca fait quoi d'etre socialiste, un collabo capitaliste |
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Hasta la Victoria siempre !
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Voilà la gauche caviar ! |
2006-02-27 11:04 |
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Les syndicats et les socialistes se seront fait de nouveaux amis ...
Ces ouvriers ne voteront plus pour eux et je l'espère quitteront les syndicats en masse !
Ces syndicats sont devenus comme des entreprises privées !
Je me rappelle il y a quelques années, j'étais membre du syndicat SIB. Je ne voulais plus en faire partie, alors j'ai arrêté de payer en pensant que j'allais être radié automatiquement sans problème.
Quelle a été ma surprise lorsque j'ai reçu après un ou deux rappels une lettre me menaçant de poursuites si je ne payais pas !
Car il fallait résilier 3 mois avant la fin de l'année sinon c'était trop tard ...
Quelle honte ces syndicats ! Ils sont là pour le patronnat, pour les riches et pour se faire du fric avec l'argent des cotisations des ouvriers ! |
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Albatros
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