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Des milliers de lycéens et d'étudiants manifestent en ce moment à Paris contre le Contrat première embauche, sous haute surveillance policière. Ce matin, des défilés ont eu lieu en province. Ils ont rassemblé entre 50.000 et 100.000 personnes, selon les sources.
Créé le 16 mars 2006 Mis à jour le 16 mars 2006 à 16h36 PUBLICITE Pour aller plus loin CPE : le dispositif de sécurité mis en place à Paris (16/03/2006) Bagarres entre étudiants à Toulouse : les images (16/03/2006) CPE : tour de France des manifestations (16/03/2006) CPE : le gouvernement affiche sa cohésion (15/03/2006) Villepin : "C'est vrai que j'ai voulu aller vite" sur le CPE (15/03/2006) CPE : Chirac souhaite le "dialogue avec les partenaires sociaux" (15/03/2006) Des lycéens s'associent à la contestation anti-CPE (14/03/2006) EDITION SPECIALE : LA BATAILLE DU CPE (08/03/2006) La banderole en tête du défilé donne le mot d'ordre de la manifestation : "Retrait de la loi sur l'égalité des chances et des mesures CNE et CPE". Des milliers d'étudiants et lycéens manifestent depuis le début de l'après-midi dans les rues de Paris contre le contrat première embauche. Le cortège est parti de la place d'Italie, direction Sèvres-Babylone avec une arrivée prévue vers 19 heures.
Jeudi, en milieu de journée, treize villes de provinces avaient déjà été le théâtre de défilés contre le CPE. Selon une première totalisation effectuées par l'AFP vers 16 heures et portant sur 16 villes, les manifestations ont réuni au moins 50.000 manifestants d'après la police, plus de 100.000 d'après les organisateurs. Il y avait notamment 25.000 personnes à Bordeaux d'après les organisateurs (6.800 pour la police), 15.000 à Marseille (7.000), 15.000 aussi à Rennes (5.000), 7.000 à Limoges (5.000) et 5.000 à Grenoble, Orléans, Brest et Strasbourg, selon les organisateurs.
"Tous ensemble, on va gagner"
A Paris comme en province, les même pancartes : "Contrat Prédestiné Echec", "Contrat pour esclaves", "Villepin, ton CPE est fini, les jeunes jetables ont dit non", "Chiracaille"... Si les banderoles sont parfois un peu défraîchies, l'ardeur elle intacte. Le président de l'Unef, Bruno Julliard, s'est déclaré "très optimiste" car "il y a beaucoup de monde". Et d'ajouter que cette journée était "une répétition générale avant les manifestations de samedi". Des manifestants criaient : "C'est tous ensemble qu'il faut lutter, c'est tous ensemble qu'on va gagner". La manifestation du 7 mars avait réuni 200.000 manifestants, selon les forces de l'ordre, 400.000 selon les organisateurs. A 16 heures, le nombre de personnes n'était pas encore connu.
Présents dans les rangs : des dirigeants syndicaux, comme Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'éducation, ou Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière. Les parents d'élèves FCPE ont officiellement appelé à "venir nombreux" et être présents dans les services d'ordre "pour éviter débordements et provocations". Celui du défilé était constitué essentiellement de salariés, syndiqués à FO, la FSU et la CGT.
Nicolas Sarkozy a demandé aux policiers et gendarmes qui sont en charge du maintien de l'ordre d'être "des exemples de retenue, de sang froid et de strict respect de la déontologie". Le ministre de l'Intérieur a également appelé ses interlocuteurs "à se méfier des casseurs" et leur a dit sa détermination à assurer la "sécurité des personnes". 58 universités sur 84 étaient perturbées selon le ministère de l'Education, 64 selon l'Unef, premier syndicat étudiant de France.
Dominique de Villepin s'est dit jeudi "très attentif au bon déroulement de cette journée". "Je suis ouvert au dialogue, dans le cadre fixé par la loi, pour améliorer le contrat première embauche. Et vous le savez, je recevrai demain les présidents d'université", a-t-il ajouté.
Des incidents à signaler Des affrontements ont eu lieu ce matin à l'Université des Sciences sociales de Toulouse (UT1), "Arsenal", entre des étudiants grévistes qui avaient occupé les locaux pendant la nuit et des groupes d'étudiants venus les déloger au nom de "la liberté". Conséquence : la direction a annoncé la fermeture de la faculté "en raison des dégradations", en citant "des vitres cassées, des meubles abimés, des bureaux ouverts".
Deux policiers et une lycéenne ont été légèrement blessés lors d'échauffourées jeudi à la mi-journée devant la mairie du Raincy (Seine-Saint-Denis) où plusieurs centaines de lycéens manifestant contre le CPE étaient rassemblés, selon des sources concordantes.
Dans le Val-de-Marne, un jeune homme a été interpellé et un policier a été blessé jeudi matin à Vitry-sur-Seine lors d'une manifestation devant le lycée Adolphe-Chérioux, au moment où les forces de l'ordre cherchaient à dégager la N7 bloquée.
A Rennes, la manifestation a dégénéré dans l'après-midi en heurts entre jeunes et forces de l'ordre. A 16H00, quelques dizaines de jeunes, certains le visage dissimulé, ont mis le feu à des poubelles, endommagé des véhicules et lancé des bouteilles ainsi que des pavés sur les forces de l'ordre. Peu avant, des CRS avaient délogé des manifestants au siège départemental de l'UMP. Assistant à ces échauffourées, des lycéens tentaient de calmer les plus excités, les accusant de faire dégénérer la manifestation. En début d'après-midi, la mairie avait été évacuée par les CRS, utilisant des grenades lacrymogènes. La banderole "toute la France unie contre le CPE", que les occupants avaient accrochée sur la façade du bâtiment, a été enlevée. Un photographe de l'agence Rea a été blessé à la tête à la mi-journée devant la mairie.
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