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Lancer de pavés, destruction d'auvents de cafés, librairie en feu, voitures déteriorées, jets de fumigènes ou de cocktails molotov... De violent incidents ont éclaté jeudi soir, dans le quartier de la Sorbonne, à Paris, où plusieurs centaines de manifestants, souvent masqués, s'en sont pris aux forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène ou en tentant de repousser les fauteurs de trouble avec des canons à eau. Après la dispersion des derniers manifestants anti-CPE à Sèvres-Babylone, des appels avaient été lancés aux étudiants pour qu'ils se regroupent devant cette université, symbole de mai 68.
Le jeu du chat et de la souris
Vers 22 heures 30, la tension persistait. Les manifestants ont jeté des projectiles sur les gendarmes mobiles qui barraient le boulevard Saint-Michel tandis que d'autres dressaient une barricade de fortune rue Racine. Des heurts avaient déjà ponctué la fin de la manifestation parisienne contre le contrat première embauche vers 16h30, à Sèvres-Babylone, dans le 7e arrondissement de la capitale, terme du défilé qui avait débuté place d'Italie. Un défilé qui s'était par ailleurs déroulé tout le long dans une ambiance jugée "bon enfant".
Le visage caché, des centaines de jeunes, dont la plupart ne participaient pas à la manifestation, ont jeté des bouteilles, des canettes et des bâtons sur les forces de l'ordre. Selon le ministère de l'Intérieur, ces incidents à Paris ont fait au total 35 blessés parmi les CRS. D'autres heurts ont également émaillé certains rassemblements en banlieue parisienne ou en province (Lire notre encadré). 212 personnes ont été interpellées en France, dont 147 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. Le président de l'Union des étudiants de France (Unef), Bruno Julliard, a dénoncé ces violences qu'il a imputées à des "éléments incontrôlables".
"Contrat Prédestiné Echec"
Selon le décompte de la police, 33.000 personnes ont participé à la manifestation parisienne. Le syndicat étudiant l'Unef parle lui de 120.000 personnes. Parmi elles, des lycéens et des étudiants principalement. De nombreuses villes de provinces ont également été le théâtre de manifestations. Au total, selon la police, 247.500 personnes ont manifesté jeudi dans toute la France. Les organisateurs parlent de 320.000 manifestants. La FIDL, fédération indépendante et démocratique lycéenne, évoque, elle, 500.000 personnes. Les défilés du 7 mars avaient réuni 200.000 manifestants, selon les forces de l'ordre, 400.000 selon les organisateurs.
Il y avait notamment 25.000 personnes à Bordeaux d'après les organisateurs (6.800 pour la police), 15.000 à Marseille (7.000), 15.000 aussi à Rennes (5.000), 7.000 à Limoges (5.000) et 5.000 à Grenoble, Orléans, Brest et Strasbourg, selon les organisateurs.
A Paris comme en province, les même pancartes : "Contrat Prédestiné Echec", "Contrat pour esclaves", "Villepin, ton CPE est fini, les jeunes jetables ont dit non", "Chiracaille"... Si les banderoles étaient parfois un peu défraîchies, l'ardeur, elle, était intacte. Le président de l'Unef, Bruno Julliard a dit que cette journée était "une répétition générale avant les manifestations de samedi". Des manifestants criaient : "C'est tous ensemble qu'il faut lutter, c'est tous ensemble qu'on va gagner". 58 universités sur 84 étaient perturbées selon le ministère de l'Education, 64 selon l'Unef, premier syndicat étudiant de France
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