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Vladimir Poutine, nouveau Raspoutine ? |
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Theme(s)
Répression -
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19-05-2006 02:53
Auteur : Jacques de Valeyres
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Dans son livre fort bien documenté, « Russie, la loi du pouvoir » (Editions: Autrement), l'auteure suisse Thérèse Obrecht qui a vécu à Moscou, démontre que rien n'a changé depuis l'implosion de l'Empire soviétique: Justice « téléphonée » et appendice du pouvoir, armée se livrant à des actes de barbarie en parfaite impunité et racisme croissant, corruption endémique. A bien des égards, la condition de citoyen russe est même PIRE que sous le régime soviétique, KGB compris. |
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Ca s'appelle: « Russie, la loi du pouvoir- Enquête sur une parodie démocratique » . A lire absolument , chapitre après chapitre, à doses homéopathiques tant les révélations et témoignages à l'appui de cet essai sont accablants pour le régime qui prévaut actuellement à Moscou. Ce qui est regrettable, c'est que nul ne semble plus s'intéresser aux « dissidents » de Moscou, comme si l'Occident voulait détourner le regard, par crainte et pudeur, de la réalité quotidienne insupportable de la « nouvelle Russie ».
L'auteure, qui a passé six ans comme journaliste en Union soviétique et qui maîtrise parfaitement la langue russe, nous révèle brutalement dans son ouvrage, paru en mai 2006 aux Editions « Autrement » la vie quotidienne dans la Russie aujourd'hui. Depuis l'avènement de l'économie de marché et la présence des néons de Coca Cola, Benetton, Cartier et autres symboles du capitalisme à deux pas de la Place Rouge, l'opinion occidentale s'imagine naïvement que « tout a changé a Moscou ».
Il n'en est rien.
« Quand Vladimir Poutine est propulsé à la tête de la Russie , en 2000, il promet d'instaurer la « dictature de la loi ». Que pouvait bien entendre par là un ancien lieutenant-colonel du KGB ? Un remake de la « légalité » avec laquelle furent expédiés au goulag à l'époque stalinienne des millions de citoyens, comdamnés au terme de procès sommaires, en vertu d'aveux arrachés pour des crimes que le plus souvent ils n'avaient pas commis ? Ou le nouveau président russe allait-il enfin jeter les bases d'un Etat de droit dans un pays où le pouvoir s'est toujours placé au-dessus de la loi et où ni les dirigeants ni la population n'ont la moindre habitude – ni même compréhension – de règles qui s'appliqueraient à tous, sans exception ? »
C'est ainsi que l'auteure aborde la problématique des « nouvelles libertés » octroyées – du moins sur le papier – au peuple russe. Elle ajoute dans son avant-propos:
« Au tournant du millénaire, les Russes ont la gueule de bois. Le grand chambardement de l'ère eltsinienne, imposé avec un jusqu'au-boutisme tout bolchévique, se solde par une profonde désillusion et par le discrédit de l'idée de démocratie. Le deuil de l'empire perdu est escamoté, tout comme le travail de mémoire sur les répressions soviétiques. Le procès du Parti communiste, en 1992, s'achève sur un non-lieu: personne n'est coupable du passé tragique. Le débat sur la vérité historique a vite fait de se dissoudre dans l'unique souci de la survie. La « thérapie de choc » plonge des millions de personnes dans l'indigence, tandis qu'une poignée de privilégiés joue au Monopoly avec les biens de l'Etat. Rares sont alors les Russes à prendre la mesure des événements. L'écrasante majorité se réfugie dans le désir d'une main de fer, capable de ramener l'ordre dans le pays et de ressusciter la fierté dans les coeurs », analyse Thérèse Obrecht, implacable et d'une précision chirurgicale.
Mais alors, les sacrifices des « dissidents de papa », les « samizdats » publiés au péril de leur vie, tout cela n'aurait-il servi à rien ?
On peut se poser la question, en effet, en constatant que les vieux démons n'ont pas encore été extirpés de l'âme russe.Tant s'en faut. Les vestiges du poison coulent encore dans le sang du peuple russe: obsession du complot ourdi à l'étranger, goût du secret, impunité des gradés de l'armée et de la police, « espionnite » endémique, corruption, complicités entre l'armée et le crime organisé. En résumé: l'Etat, doté d'une légitimation démocratique douteuse, persiste à agir CONTRE le peuple !
Dans son réquisitoire, l'auteure qui a vécu dans le ventre du monstre et qui maîtrise le russe parlé et écrit, rejoint l' écrivain russe du XIXe siècle, le marquis de Custine ( in « La Russie en 1839 »), cité dans le frontispice de « Russie, la loi du pouvoir »:
« Je ne pense pas exagérer en affirmant que l'empire de Russie est un pays dont les habitants sont les plus misérables de la terre, parce qu'ils souffrent en même temps des maux de la barbarie et de la civilisation ».
Un rayon de soleil, une amorce d'espoir tout de même après ce tableau d'une noirceur à vous glacer les sangs, c'est le travail de « personnalités remarquables, activistes des droits humains, avocats, mères de soldats, journalistes, scientifiques, anciens prisonniers de conscience à nouveau dissidents. Ces Russes-là sont prêts à défendre les libertés chèrement acquises et le font savoir avec un courage exemplaire », nous assure Thérèse Obrecht en guise de consolation.
Ses lecteurs méritent bien un tel baume lénifiant après une lecture traumatisante qui nous arrache les dernières peaux de saucisson qui voilaient nos yeux.
Parmi les organisations qui comptent dans la défense des libertés publiques en Russie, il faut mentionner «Memorial»: «Le problème n’est pas le pouvoir, mais la société, s’insurge Sergueï Kovalev, un de ses illustres militants. C’est une vraie honte nationale de voir un colonel du KGB occuper le fauteuil du président, mais le pire est de voir les électeurs voter pour lui en conscience." Son raisonnement est le suivant : les «auteurs des scénarios politiques» qui travaillent pour le Kremlin, «des gens de talent presque tous venus du KGB», avaient compris, avant même les quatre années du premier mandat de Vladimir Poutine, qu’il n’y avait pas eu de changement critique au sein de la société russe, que celle-ci était prête à accepter ces obscénités auxquelles on assiste».
Qui est Sergueï Kovalev ? Ancien détenu à la Kolyma, militant des droits de l’homme, ancien membre de la Douma du parti libéral Union des forces de droite (SPS) , il figure au nombre des membres fondateurs du groupe moscovite d'Amnesty International. Il est précisément l'un des fondateurs et président du Centre "Mémorial" , organisation créée à l’origine pour travailler sur le stalinisme et les crimes commis à l’époque soviétique. En 1996, sous la présidence de Boris Eltsine, Sergueï Kovalev a démissionné de son poste de responsable de la Commission présidentielle des droits humains, en reprochant au chef de l’État un revirement vers l’autoritarisme.
Sa lucidité et son discernement étaient donc fondés.
A l'Ouest, rien de nouveau: la nouvelle tyrannie russe et son cortège de pratiques abjectes avancent désormais sous le masque d'une démocratie qui n'en a que le nom. Donc pas de quoi affoler les mass media occidentaux ni déclencher des vagues de protestations. Un peu comme si le virus, à la manière des vaccins, avait été atténué dans la conscience de la communauté internationale. Il est vrai que la société marchande occidentale tire parti de ce nouveau marché émergent, soit pour y écouler sa camelote soit pour importer du pétrole. Les consciences plongeraient-elles dans des abimes d'indifférence au fur et à mesure que ces marchés « émergent » ?
L'Occident s'en balaie donc le cristallin avec le pinceau de l'indifférence.
Le livre de Thérèse Obrecht suffira-t-il a réveiller les consciences ? Il mérite d'être lu sans délai par tout homme pour lequel les vocables de démocratie et de liberté ne sont pas vains.
Jacques de Valeyres
Lien pour en savoir plus sur l'ouvrage:
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2746708108/qid=1148000831/sr=1-1/ref=sr_1_8_1/171-7740721-1322652
Reportage video de Thérèse Obrecht:
Bons baisers de Moscou (lien sur le site de la TSR):
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=370501&sid=5045984
(cliquez sur « Emission » à droite de la mention de la date « 22 juillet 2004 ».
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| > Un ouvrage très documenté sur le post-soviétisme... |
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Excellent bouquin , en effet. |
2006-05-19 03:11 |
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Enfin une bonne analyse de ce bouquin que j'ai découvert et lu la semaine dernière. Il est revigorant, roboratif et nous libère de nos peaux de saucisson sur les yeux. C'était bien dit.
D'ailleurs, j'ai découvert l'existence de ce bouquin dans le blog littéraire du Monde et je l'ai acheté aussitôt.
http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/2006/05/pour_saluer_zin_1.html#comments
Et je le recommande à tous ceux épris de liberté.
Ce qui se passe à Moscou est totalement insoupçonné . Le peuple français préfère baigner dans la fange de Clearstream et autres Star Ac...Dommage.
Bravo à Mme Obrecht pour son excellent travail de recherches, son recueil de témoignages bouleversants.
Mais vit-elle encore à Moscou ? Comment contacter l'auteure ? J'aimerais la féliciter. J'ai trouvé sa photo sur le Net. Elle ne figure pas sur le livre. Dommage. |
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Hans De Groonen
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Le capitalisme est malade aussi |
2006-05-19 13:34 |
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Ce bouquin a l'air intéressant mais faut pas oublier que tout va pas bien dans le monde capitaliste non plus: tricheries, escroqueries (Enron, Parmalatte, Uni de Genève, Guantanamo).
Il faudra une génération, peut-être deux, pour que la grande liberté revienne à Moscou. Sous les Tsars, c'était pas mal non plus, dans le genre . Pauvres Romanoff !
Je suis retourné récemment à Moscou où je suis né. Et j'ai rien vu des choses que parle Mme Orecht. Mais je veux bien croire qu'y a des abus cachés. En tout cas, dans les magasins, y a plus de nourriture qu'avant. Je n'ai plus vu d'chateurs fère la queu pour remplir leurs scaux de charbon. Et les gens vont à l'église sans se cachet.
Le progrès est lent, très lent mais j'ai espoir pour mon pays. |
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Ivan-Anton Smolensk
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Entendu à la Radio romande |
2006-05-19 14:06 |
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Je viens de lire la critique du livre sur Indymedia juste après avoir écouté l'entretien de Thérèse Obrecht à la Radio Suisse romande. Il faut l'entendre et la lire pour y croire ! Ce qui est incroyable, c'est que tout le monde chez nous s'imagine que nos valeurs démocratiques ont pu s'implanter du jour au lendemain dans la conscience des Russes après 70 ans de totalitarisme.
Après avoir entendu l'excellent exposé de Mme Obrecht (pourquoi ne la voit -on pratiquement plus à la TSR pour nous expliquer, comme autrefois, la vie à la russe ?), je vais acheter son bouquin car , en m'en lavant les mains comme Ponce-Pilate, j'aurais l'impression de me faire le complice de ce système honni.
Ceux qui voudraient écouter le témoignage de l'auteur du bouquin (merci en passant à Jacques de Valeyre de nous l'avoir signalé) peuvent cliquer ici, sur la page de la Radio suisse romande et choisir "Jeudi 18 mai". (Il faut cliquer sur le petit logo clignotant à droite de la date ). Ca vaut le coup !
http://www.rsr.ch/view.asp?DomID=1895&clickedDate=05/16/2006
PS: Quelqu'un peut-il me dire si Thérèse Obrecht a un lien de parenté avec une ancienne championne de ski suisse ? |
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Brice Faggot
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L'Occident est complice: G8 à St Pétersbourg... |
2006-05-19 14:46 |
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Jacques de Valeyre, vous êtes naïf dans votre critique du livre de Thérèse Obrecht: ne comprenez-vous pas que l'Occident tout entier est complice du régime autoritaire de Moscou ? Que la realpolitik exige de ses acteurs qu'ils composent et marchandent avec n'importe quel système, fût-ce au mépris des Droits de l'homme ?
Savez-vous où va se tenir le prochain G8 et qui le présidera ?
A St Petersbourg et c'est Poutine soi-même qui réglera les débats!
A n'en pas douter, l'ordre régnera encore plus - si c'est possible - dans les rangs.
Pas de Blackblock, pas de casseurs, pas de manif.
Un lieu rêvé pour magouiller à huis clos.
Il suffisait d'y penser.
Il y aurait mieux encore comme choix du lieu mais ce sera la prochaine fois: la Sibérie.
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Jean-Paul Denauzières
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