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Et n’en déplaise à certains (gouverneur de Oaxaca et autres affiliés politiques ), cette marche a démontré que le mouvement social, qui avait fait surgir la création de l’APPO (Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca), reste vivant, et massivement. Imaginez vous, 10 km de personnes (plus de 150 000 personnes) en train de défiler pour “commémorer” le debut de ce mouvement, et demander toujours aussi fermement le départ du gouverneur de l’Etat de Oaxaca : Ulises Ruiz Ortega (URO). Ce cher gouverneur cacique, qui a fui le palais de gouverneur, situé au Zocalo, pour se réfugier loin des agitations sociales, près de l’aéroport (lieu de départ de la marche), a le mérite de conserver son humour ignare, ainsi n’a –t-il pas eu honte à dire a la (sa) presse bourgeoise (« TV Azteca » et consort), la veille de la mobilisation : “c’est normal que ces quelques personnes festoyent l’anniversaire du début de leur mouvement”...eh guey URO, des centaines de milliers de persones ca fait quand meme beaucoup de « quelques-uns », non?
Les mobilisations avaient commencées dès 5h du matin avec des lancements de fusées, chants, petit dejeuner... le tout sur le lieu du départ de la marche “El crucero del aeropuerto”. Cette marche a duré de 10 a 15h, de l’aéroport au Zocalo, defilé tres pacifique, agrementé d’une “reteinture” totale de la ville...et réellement quasi tous les murs se sont mis à crier des slogans graffés et des dessins “pochés” ... Sur les traditionnels “¡Ya cayo, Ulises ya cayo-Fuera de Oaxaca!” (Il est tombé, Ulises est deja tombé-Sors de Oaxaca), “Libertad a los presos por luchar” (liberté des prisonniers en lutte)” et “APPO somos todos” (Nous sommes tous l’APPO) ; sont venus se greffer d’autres paroles plus imaginatives “APPO todo el poder al pueblo” (APPO tout le pouvoir au peuple) “la pintura se borra pero la sangre no” (la peinture s’efface mais le sang non) “todos a las barricadas” (Tous aux barricades) “14 de junio 2007 la rebelión continua” (14 juin 2007, la rebellion continue)...et le coup de coeur : “Protegenos Cristana Santa virgen de las barricadas” (Protege-nous Cristana, Sainte vierge des barricades)...et bien d’autres encore ! « 14 Juin 2007, la rebellion continue » résume bien ce qu’il en est actuellement, le mouvement a vecu, vit et vivra... car meme si le conseil estatal de l’APPO s’est pourri peu a peu par quelques un-es afamé-es de pouvoir et d’argent.- à savoir qu’au moins 3 membres de ce conseil vont se présenter aux prochaines élections de députés en aout prochain (cf ) ; et que la COFADAPPO (groupe d’appui aux prisonnier-es) a detourné de l’argent pour remplir les poches de quelques un-es- l’APPO persiste...et se signe !
Il est ainsi indéniable que les quartiers continuent à s’organiser, les collectifs locaux (VOCAL-CIPO) continuent à construire une autonomie politique de plus en plus forte...et que dire de l’énorme marche en avant des pueblos (villages) de Oaxaca, qui ont pour, plus que « quelques-uns » (en déplaise à Ulises Ruiz) repris les reines de “gouvernance” de leur municipalité. Zaachila qui a expulsé le president municipal corrompu, en le faisant déambulé nu dans tout le village, l’obligeant à s’exiler de l’autre coté de la ville ; à choix, ensuite, de chacun-e de continuer avec lui ou avec la création de l’assemblee populaire du village, je vous laisse imaginer ce que l’on fait 90% des habitant-es! L’ancien palais municipal acueille, à présent, la radio communautaire “Radio Zaachilla” ¨ ; et une police communautaire s’est mis en place, certes, les persones sont armées, mais elles sont beaucoup plus humanistes et souriantes que les flics que l’on connait actuellement. Et comment ne pas apprecié l’autonomie de Guelatao (60km de Oaxaca-ville natale de Benito Juárez-président de la bataille victorieuse contre les francais le 05 mai 1862) qui a organisé, il y a peu, la première rencontre internationale des radios communautaires, avec leur propre « foi et loi » ; le president municipal (nommé par les habitant-es) se rejouissant du développement de tels medias indépendants et dénotant l’importance de l’apropriation de l’espace publique. Ixtlan aussi, à quelques kilometres...qui s’est auto-proclamé « municipe autonome d’Ixtlan »..et ce ne sont que ceux que j’ai pu observer...ca grouille d’automomie et de révoltes dans la Sierra de Oaxaca, vous dis-je!
Mais revenons à ce 14 juin... après l’arrivée au Zocalo entre 13 et 15h, selon la position occupée dans la marée humaine, pendant que certain-es y allait de leur discours de tout bord : gauchiste, communiste, marxiste, feminisme...d’autres continuaient leur travail de peinturie-re sur le palais du gouverneur (enfin ex!)...et la y en a qui n’etaient vraiment pas contents, car ca faisait deux jours à peine que la force spéciale d’intervention de nettoyage etait passée pour refaire à neuf les murs publiques et effacée proprement tous les anciens cris poulaires muraux! : “Ca va encore couté enormément d’argent, et de toucher a des edifices publics, quand mème, c’est mal!”. Mème la presse, semi indépendante locale « Noticias » a parlé de méchants radicaux sans « respects sociaux » ! “Euh, oui, peut-etre, mais pas sùr... ami-es de la paix sociale...de toute facon, il ne reste plus un peso dans les caisses de l’Etat de Oaxaca...alors, on ne risque pas d’en perdre...tout étant parti dans les poches de quelques caciques, le reste ayant servi à financer la campagne du troisième candidat à la presidentielle du Mexique l’année passée (150 000 pesos, cad 150 000 FS), URO lui ayant promis 1 million de votes à Oaxaca, corruption comprise. »
A partir de 17h, ont commencées à s’ériger, de nouveau, les 5 principales barricades, défendant la ville, contre les forces armées, pendant plusieurs mois l’année passée. Pour les connaisseureuses : 5 Señores, Cuentes, Brehamiel ont connu leurs résurrections pour un temps..jusqu’a 21h pour certaines, 23h pour les dernières! Ce fut, meme si ce n’etait qu’une commémoration, tres émouvant....On sentait que l’enthousiasme et la rage était toujours présente. S’est revécu, quelques instants, ce partage communautaire de requisition des bus pour former les barricades, la comida popular (repas populaire) offerte par les gens des quartiers, les fusées comme outils de rassermblements et d’appel d’urgence... L’ambiance de « 5 señores » , une des plus grandes barricades, au centre d’un boulevard periphérique, et donc des plus dangereuses, etait peuplé surtout d’anarchistes, radicaux , une centaine de presiones etaient présentes. Ca jouait à cramer des pneus et faire de pyramides humaines sur une pelleteuse. A noter que cette barricade, proche de Radio Universidad (Radio anciennement occcupée pour informer du mouvement depuis le peuple) jouait un role primordial pour sa défense. Celle de “Cuentes”, barricade un peu éloignée du centre ville, était plus populaire-familiale, gens de tout bord. Ca parlait, chantait, mangeait…Une commémoration en faveur de Brad Will a aussi eu lieu, c’est le quartier où ce journaliste d’Indymedia USA fut tué le 25 novembre dernier. Plus de 1000 personnes y etaient rassemblées.
Vers 20h a eu lieu aussi la projection du nouveau film de “Mal de Ojo” (collectif de productions vidéos sur le mouvement à Oaxaca).. Et toujours autant de gens, entre 600 et 800 personnes se sont rassemblées sur le Zocalo pour partager cette projection, qui est en fait un long-métrage (mouvement de juin à novembre) reprenant les multiples court-métrages deja efectués, en y ajoutant les témoignages de personnes dont un des membres de leur familles a subi la répression : assassinat ou disparition. Ce film met l’accent sur les “droits humains” ou plutot sa non existence à Oaxaca!
C’est vrai que j’ai n’ai pas parlé de repression…ca me permet d’ enchainer…sur sa quasi absence ! Figurez vous que miracle il y a eu car la police a été quasi inexistante ce jour du 14 juin, ne réprimant aucune des actions, n’etant mème pas sur les lieux des “festivités”, du moins pas en uniforme! 2 arrestations violentes, tòt dans la matinee, sont tout de mème a relever (cf communiqué d’Indymedia Oaxaca..plus bas!) Et, il me parait, que ce fait n’est pas une petite victoire, car ca signifie bien que le gouvernement et ses flics meurtriers se sont trop « entachés » et ne peuvent plus affliger une repression sauvage et sanguinolante, comme exercé le 25 novembre a Oaxaca et en mai dernier a Atenco, leurs images salies et l’information indépendante leur ayant fait trop de mal! Nos ennemis gouvernementaux prendraient-ils peur ? Je ne pense pas qu’il faut se réjouir de cela pour autant car c’est certains qu’il nous prépare d’autres moyens barbares pour briser cette révolte sociale, populaire et communautaire qui a envahi, a présent, tout le Mexique. Felipe Calderon, président illégitime mexicain (élu par voie de fraude électorale l’année passée), dit FECAL a annoncé, par voie de presse il y a 2 semaines, que si les négociations avec le syndicat des professeurs ne trouvatent pas d’issues (cad si illes n’acceptaient pas les broutilles matériels léguées du gouvernement,en réponse à leurs demandes de moyen d’éducation respectables), le gouvernement fédéral reviendrait aux méthodes de 68 pour rétablir le calme social. Pour informations aux persones qui n’etaient pas nées à cette époque 68hard...face à un vaste mouvement estudiantil, comme connu en France et ailleurs, le gouvernement de l’époque a ordonné le génocide de plusieurs milliers d’etudiant-es, et la disparition d’autant, pour mettre fin aux révoltes sociales et populaires ayant pris une vaste ampleur.
Et bien, si après cela, on ne fait pas confiance a un réel rétablissement d’une démocratie populaire par nos chers élus.. c’est qu’on est vraiment conscient que la révolution viendra de la base de nos quartiers et de nos communautés...et on ne peut que s’en encourager et nous en féliciter, non ?
Les 15 et 16 juin ont eu lieu une assemblée du syndicat XII des profs, ainsi que l’assemblée exceptionelle du conseil estatal de l’APPO... Ce dernier n’a rien proposé, comme c’est le cas depuis des mois...En revanche, le syndicat de profs a decidé de refaire un planton sur le Zocalo dès le lundi 18 juin, en journée, avec repli la nuit, pour éviter la repression policière par leurs “escadrons de la mort” (arrestations sauvages et rapides des prétendus leaders du mouvement). Ca perdure jusqu’au jour d’aujourd’hui, mais j’ai des nouvelles toutes fraiches qu’une intervention de PRIistes, militant-es adeptes du PRI (parti politique du gouverneur URO) et de ses méthodes on ne peut moins pacifiques, est annoncé pour samedi, afin de déloger le campement du Zocalo! Une caravane de soutien est aussi annoncé, pour vendredi 29 juin, au départ de San Isidro Aloapan.
Et pour vous faire part du resenti de certains « compas » de Oaxaca par rapport au soutien que l’on peut leur apporter, depuis notre vieille Europe, l’information par nos voies d’informations indépendantes est primortdiale ; et aussi, évidemment l’appui financier et moral aux prisonniers (pas par la corrompue COFADAPPO, mais plutot par « Todos somos presos » ou directement par les familles-vous pouvez me demander les contacts). J’ai l’impression que la propagation de l’information tempère, voir stop toutes nouvelles vélléités répressives !
¡A nos barricades!
Un saludo y un abraso desde México
Ian
COMMUNIQUE INDYMEDIA OAXACA : "Brutalités et détentions de citoyens à Oaxaca"
A une année de l’intervention policière ordonnée par le gouverneur, Ulises Ruiz Ortega, contre le syndicat 22 des professeurs Oaxaqueniens, les détentions arbitraires et la violation des droits humains continuent. En ce tour du jeudi 14 mai 2007, Deux jeunes, Abraham Ramirez santiago, 24 ans, et Yahin, ont été violenté et détenus par un corps de police, selon la dénonciaton publique effectuée par Elvira, mère d’un des deux détenus : « Approximativement à 5H du matin, nous installions notre kiosque à journaux, quand une patrouille de police (n 547) rapidement, et sans dire un mot, nous a brutalisé et ensuite arête les deux jeunes, dont mon fils. »
Nous exigeons la liberté immédiate des deux jeunes, et dénoncons la violation à leurs droits humains. Ceci démontre une fois encore que l’état de repression qui continue de se vivre actuellement à Oaxaca.
RQ : Les deux jeunes ont été relaché quelques heures plus tard, vers 9H30.Information et dénonciation de la répression policière avaient déja été faite par plusieurs voies de medias alternatifs dont Radio Planton.
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