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Ces locaux commerciaux, restés vides depuis au moins 4 ans, ont été victimes, et subissent encore, fait étrange, une certaine spéculation..."pas une fortune de Rotshild" diront certains ; "on s'en fout de ce sale fric" diront d'autres utopistes ; les banquiers, premiers utilitaires de ces dit "biens", finalisant certainement en avouant que cet argent est en total sécurité, dormant sous un chiffre virtuel informatique, plutôt que dans des coffres-armés (preuve à l'appui sur la photo "les coffres étaient vides").... Plus sérieusement, le propriétaire Acropole Real Estate SA, dont le but est de générer du profit à partir de biens immobiliers, semble avoir fait une certaine plus value sur cet immeuble, car acheté 30 millions de francs suisse, le tout en vaut maintenant 50 millions (source d'une conseillère municipale d' '"A gauche toute" dénonçant la spéculation immobilière en période de crise du logement)... certes c'est minime, mais bon, le tout semble respectable car le bâtiment aurait été racheté le 11 septembre 2001, jour s'une triste crise capitaliste, comme bon nombre d'humains le savent déjà.
En ce qui concerne le déroulement de l'occupation, ces deux jours ont été, de mon point de vue, d'une grande richesse ... A un niveau politique tout d'abord avec des revendications et propositions concrètes à cette crise du logement, et à l'aberration des locaux commerciaux laissés vides et la place qu'ils prennent dans la cité au détriment du logement. (cf. communiqué http://ch.indymedia.org/fr/2007/08/51922.shtml ) Ceci, peut-être dans l'objectif de récluser toute vie sociale en zone péri-urbaine pour laisser place à une "ville propre" et le début d'un réseau de construction de villes "Technocomercialomodernus", Genève se laissant glisser dangereusement dans ce réseau de "maisons mères" à l'intérieur de la belle Europe communautaire...?
Ensuite, quel plaisir aussi que cette appropriation très rapide des lieux par des aménagements des locaux, la préparation et la dégustation de repas collectifs, les réunions publiques brèves et efficaces, un programmes d'activités proposées et en appelant d'autres... Réellement, je crois que l'ouverture publique du lieu occupé, malgré le fait que ce ne soit jamais facile à gérer, a assez bien fonctionné, déconstruisant l'individualisme que l'on voudrait nous imposer dans une forme de logement et de vie sociale cloisonnés. Et quelle superbe fête de la "Cave 12 en exil", le samedi soir, offrant un concert improvisé et une disco mouillée dans ce cadre tellement atypique et symbolique que l'entrée d' une banque froide et sanguinolente, transformée en piste de danse chaleureuse sans restriction de libertés... pour ceux et celles qui ont réussi à rater un évenement pareil et pour les convaincre de venir à la prochaine, qui aura lieu très prochainement... je vous offre déja une vue d'extérieur (cf. photo "Cave12").
Les occupant-es de cette si grande maison ne pourront pas continuer ni leur programme d'activités programmés sur les deux semaines à venir, ni ses projets de logement communautaire, de crèche autogérée et de bibliothèque subversive... puisque suite à la plainte pénale déposée par le propriétaire pour violation de domicile, le procureur de la République, Daniel Zapelli, à défaut de respecter les lois qu'il est supposé faire respecter au peuple, conforte ses affinités avec ses potes dorés de la jet bank et de ses chiens de garde de la paix bleue. Le dimanche 26 août vers 17h, l'évacuation, oups le "délogement" selon le maître de la justice, a débuté "tranquillement" selon les dires policiers et des médias banquaires...certes, si la tranquilité est synonyme de mitraillettes sous les bras et d'un Groupe d'intervention spéciale, certainement pas monté admirer le ciel ou les oiseaux sur le toit de l'immeuble... si non, journalistes et chef de la brigade armée il faudra revoir vos compétences dialectiques! 18 personnes ont donc été interpellées, accusées de violation de domicile, et toutes relâchées au plus tard vers 20h. Ni violences, ni agressions, ni prise d'ADN n'ont été à déplorer, mais des procédures sont en cours contre les camarades, et donc des amendes sont à prévoir... que nous assumerons collectivement évidemment, en déplaise à nos banquières! En outre de cette forme étrange de non-violence policière, ils et elles ont dû répondre à une série de 5 questions du genre "comment êtes vous entrer dans l'immeuble et comment avez-vous été au courant?", "reconnaissez-vous avoir squatté?" "avez vous causé des dégâts à l'intérieur du bâtiment?", "aviez-vous conscience que c'était interdit?", "allez-vous réoccuper?".... Il était sû, auparavant, que ce n'était pas des fins psychologues, on saura à présent que pour devenir policier le caractére d'une naiveté sans limite peut vous valoir un poste de commissaire!
Je ne concluerai pas cet article, car je n'en ai pas envie, raison déjà suffisante...mais aussi et surtout car ces ecrits et ces revendications vont continuer comme vous l'avez déja lu dans tous les journaux... enfin au moins ceux que nous créons...(Cf. http://ch.indymedia.org/fr/2007/08/51972.shtml) Je vous laisse, en échange, quelques photos de ces moments doux et tranquilles...pour vous rendre l'âme occupée...
Au flagrant délit politique, nous répondrons par du flagrant délire poétique.... A suivre donc...
Ian
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