| |
Chili : un jeune Mapuche assassiné par la police
Matias Catrileo Quezada, 22 ans, Mapuche, étudiant en agronomie, a été tué par la police ce 1er Janvier 2008, lors d’une tentative pacifique de récupération de terres reçue à coup de mitraillettes par les carabineros (police nationale).
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce vendredi 4 janvier à Santiago pour protester contre ce nouvel assassinat, le deuxième depuis 2003 au Chili.
Un étudiant lyonnais actuellement au Chili nous a traduit un article d’Indymedia Santiago. |
|
| |
Des carabineros assassinent un comunero Mapuche
Un nouvel assassinat de la part de l’état chilien s’est produit ce matin quand une vingtaine de comuneros mapuches ont lancé une récupération dans le domaine Santa Margarita, propriété de l’agriculteur Jorge Luchsinger. Matias Catrileo Quezada, agé d’environ 20 ans, fut touché par une rafale de mitraillette qui lui perfora le poumon et le corps, mourant quelques minutes après avoir reçu le tir.
« Nous avons essayé de faire une récupération pacifique, nous sommes entrés dans le domaine et immédiatement les carabineros on commencé à tirer avec des mitraillettes, nous avons alors commencé à nous replier et une balle a atteint le frère Matias » explique un manifestant à un journal.
Ce serait le cas le plus grave depuis l’assassinat du comunero Mapuche Alex Lemun en 2003, également par les mains de carabineros.
La manifestation de protestation du vendredi 4 janvier à Santiago du Chili
Ce jeune lyonnais nous fait un récit très subjectif de la manifestation qui s’est déroulée ce soir du vendredi 4 janvier à Santiago : « Je choisis cette forme, plutôt qu’un compte-rendu de style plus journalistique afin de mettre en évidence le contraste avec la manière dont ça se passe en france, et pour vous faire participer un peu. » Nous remontons peu à peu l’Ahumada (200m) vers la place des armes (nom de la place centrale d’à peu près toutes les villes du chili) en laissant derrière nous 3 ou 4 barricades enflammées. Arrivé-e-s sur la place, nous ne sommes plus guère qu’une cinquantaine. Le moral est toujours là. Si je peux me permettre une parenthèse, je suis incapable de mesurer l’impact de nos actions sur la population, mais qu’est-ce que ça fait plaisir de voir des gens avec autant de hargne dans la rue, ça change de la france tout en précisant que faire une barricade ainsi est légalement un acte terroriste au Chili et que certain-e-s se sont pris 5 ans fermes pour ça. Nouvelle charge du guanaco, dispersion puis reformation de l’autre côté de la place, nouvelle barricade avec des barrières qui protégaient un sapin de noël de 20m de haut horné uniquement de grosses boules coca-cola (Oui, c’est fini, le capitalisme ne respecte même plus de pauvres sapins de noël innocents).
Nouvelle charge du guanaco, Nous ne sommes qu’une quinzaine à nous reformer, l’énergie semble épuisée, je rentre chez moi. Au passage, je ne conseille à personne en rentrant chez lui trempé de guanaco de prendre une douche, c’est une expérience particulièrement douloureuse que je ne retenterai pas, changez de fringues, attendez quelques heures et rincez-vous au jus de citron avant de vous laver (sans savon ! ça empire l’effet). J’ignore combien il y a eu d’arrestations, probablement quelques dizaines, sachant qu’en général la plupart des gens sont relâchés dans la nuit faute de preuves, espérons que ce sera le cas ce soir.
- Voilà, j’en profite pour lancer un appel, ça serait vraiment cool si vous pouviez organiser un rassemblement devant l’embassade du Chili pour protester contre la répression que subit le peuple Mapuche et pour son droit à récupérer la terre volée par l’état du Chili (la moitié sud du pays), et par les conquistadores espagnols (le nord du pays et une partie de l’Argentine). Le peuple Mapuche revendique notamment sa reconnaissance comme nation, reconnaissance qui rencontre, entre autres, l’obstacle que cette nation refuse de se doter d’une structure gouvernementale, refusant traditionnellement toute structure décisionnelle centralisée et toute élection de représentants, chose qui évidemment peut difficilement être acceptée dans le monde actuel. MARICHIWEU ! (Dix fois nous vaincrons !)
"Contre la dictature mondiale, c’est ensemble, compagnons, que s’amorce la mondialisation de la rebellion ! On a tous le même ennemi, plein de sang sur ses écus, qui persécute à tout va les oublié-e-s et les exclu-e-s. Jeunesse du tiers-monde, nous partageons ta douleur, vois-tu l’arc-en-ciel au loin ? c’est la rébellion et ses couleurs, ajoute la tienne, là où est écrit en gros JUSTICE ET LIBERTE POUR TOUS ! A NOUS DE CRAMER LEUR ENCLOS !" (Keny Arkana)
PLUS DE PHOTOS: WWW.OURWAR.ORG/EN
|
|