révolte à la prison lausannoise du Bois-Mermet
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  29-04-2010 09:32
Auteur : A
 
 
  DRAME DE BOCHUZ - Une vingtaine de détenus de la prison lausannoise ont refusé hier de réintégrer leur cellule, «en signe de solidarité» avec la famille de leur camarade décédé.  
     
  Des détenus qui crient, suspendus aux barreaux de leurs fenêtres, devant un public composé de sportifs en train de courir sur la pelouse du stade tout proche. Et une escouade silencieuse d’une quarantaine de policiers en tenue antiémeute, qui se replient progressivement. Fin de scène hier, vers 16 h 30, à la prison lausannoise du Bois-Mermet. «Il y avait un blocage, à cause du gars qui est mort à Bochuz», lance un détenu par sa fenêtre. Autrement dit, des prisonniers qui ont refusé de réintégrer leur cellule.
«On ne peut pas qualifier cela de mutinerie, c’est exagéré», commente Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise. Les détenus voulaient faire acte de solidarité envers la famille de leur camarade Skander Vogt, décédé le 11 mars dernier dans des circonstances suspectes au sein des Etablissements pénitentiaires de la plaine de l’Orbe (EPO), à Bochuz.
Pas d’usage de la force
L’action des protestataires a débuté vers 8 h du matin. Quarante prisonniers venaient d’effectuer leur promenade quotidienne dans la cour. La moitié a refusé de rentrer. Les responsables de la prison ont tenté de les ramener à la raison, sans succès. Vers le milieu de la matinée, la police a été appelée à la rescousse.
«C’est l’après-midi qu’une section d’intervention a été dépêchée, composée pour moitié de policiers cantonaux et pour l’autre moitié de policiers lausannois en renfort», détaille Jean-Christophe Sauterel. Une négociation a abouti à un retour à la normale, vers 16 h 30, sans qu’il ait fallu faire usage de la force, et sans violence de la part des prisonniers.
Alerté par ses services, le conseiller d’Etat Philippe Leuba, chargé des prisons, s’est rendu au Bois-Mermet lui aussi en début d’après-midi. Il a quitté le Grand Conseil vaudois, où il venait justement de faire une déclaration aux députés sur l’affaire Vogt. Lors d’une conférence de presse improvisée devant l’entrée du pénitencier, il a répondu aux journalistes avec à ses côtés le commandant de la police vaudoise, Jacques Antenen. Les prisonniers protestataires risquent des sanctions, comme par exemple le cachot, selon Philippe Leuba.
Davantage de surveillants
«On ne peut pas nier qu’il y a une certaine tension dans le monde des prisons vaudoises depuis le malheureux décès de Bochuz, a déclaré Philippe Leuba. J’ai déjà dit que, lorsqu’il y a mort d’un détenu en prison, il s’agit d’un échec de la politique carcérale. Mais nous ne tolérons pas le genre d’action qui a été menée ici. Nous allons immédiatement renforcer l’effectif des surveillants, ici et aux EPO. »
Informés des incidents du Bois-Mermet par des députés, trois membres du tout récent Comité des visiteurs de prisons en ont profité, hier vers 18 h, pour effectuer une «visite surprise» dans cette prison. Il s’agit de l’avocat Elie Elkaim, du juge Pierre Bruttin et de la députée socialiste Mireille Aubert.
24 heures, 28.04.2010
 
     
   
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