le 2ème numéro d'Indisciplinarités est sorti
  Theme(s) Anticapitalisme / Antiglobalisation -  
  05-06-2010 15:32
Auteur : notreunil :: Traduit par : notreunil
 
 
  Depuis quelques semaines le deuxième numéro du journal contestataire de Notreuni/Unsereuni est sorti.
Après les occupations et les mobilisations du semestre passé dans les universités, on a décidé d'unir les forces au niveau suisse.
Parmi d'autres projets, un journal bilingue (Indisciplinarités/Denkzettel) est naît.
 
     
  Voici l'édito:

Skander Vogt est mort asphyxié sous les quolibets de ses gardiens, Joseph Nduaku Chiakwa est mort étouffé dans l’indifférence de ses tortionnaires, Umüt est mort, abattu sans remords par un flic, Silvia, Billy et Costa croupissent en prison parce qu’ils voulaient un monde meilleur.
Tout ceci est bien loin des préoccupations universitaires nous direz-vous, et pourtant il n’est pas possible d’analyser ce qui se passe dans les universités, en Suisse et ailleurs, sans porter un regard sur la société dans laquelle elles s’insèrent. Ce sont des épisodes dramatiques mais significatifs des mentalités qui se développent autour de nous. Or un des principaux fournisseurs de réflexion, un des principaux instigateurs des tendances sociétales, un des moteurs de la façon de penser et d’envisager le monde est, ou devrait être, le milieu universitaire. Mais lorsque l’université ne parvient plus à développer de théorie critique sur les événements qui se produisent au dehors de son sein, lorsque le rectorat abandonne la portée humaniste des études universitaires au profit d’une vision uniquement économiciste, lorsqu’il ne faut plus enseigner un savoir et lentement faire mûrir l’esprit critique des étudiants mais qu’il faut avant tout les manager et leur permettre, le plus rapidement possible, de devenir de bon petits employés au service de l’économie, alors il n’est pas possible de s’étonner de la direction particulièrement inquiétante que prend, ce qu’il est nécessaire, faute de mieux, d’appeler l’opinion publique. L’inacceptable est devenu acceptable, et en cela les intellectuels portent une lourde responsabilité.
Aujourd’hui à l’Université de Lausanne quand un groupe d’étudiant en économie organise une réflexion sur l’écologie, il convie les « public relations » de diverses grandes entreprise bien connues pour leur fibre écologique (Nestlé, Total, etc...) au lieu d’inviter à participer des chercheurs qui travaillent sur le sujet. Cela nous semble particulièrement symptomatique de la crise que traverse l’éducation. Quand l’intérêt publicitaire des entreprises passent avant la réflexion, les pires craintes sont permises quant à l’avenir de nos universités.
Face à tout cela une importante mobilisation a eu lieu cet hiver dans toute l’Europe et, si aujourd’hui, elle est peut-être moins visible, elle n’a pas pour autant cessé. Si nous ne lâchons pas le morceaux, c’est aussi parce que des liens se sont tissés à travers la Suisse; nous aimons nos longues réunions bilingues à Berne et les quelques bières fraîches et frites à la curry-mayo qui les suivent. Mais si nous persévérons dans nos activités, c’est avant tout, parce que nous ne nous contentons pas d’engagements symboliques et de tables rondes consensuelles. Il faut se méfier de ce calme apparent, il n’est qu’un signe du nécessaire moment de réflexion après un moment d’action; il n’est qu’une pause entre deux vagues.
Il n’est pas possible de nous arrêter sous peine de voir disparaître tout ce qui nous constitue, de nous voir forcer de vivre comme nous ne le voulons pas, sous peine de nous retrouver face à un monde intolérant et intolérable.
 
     
 
> Indisciplinarités n.2
Indisciplinarités n.2
 
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