Korrika et les nationalismes.
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  18-03-2013 15:10
Auteur : Karlo Raveli
 
 
  40.ooo ans d'histoire originelle commune L'ignorance de la réalité, et de l'existence des basques, et surtout de cette culture européenne très ancienne, est assez préoccupante auprès de certains suisses.
Ce qui peut amener à confondre avec le nationalisme (comme ici il y a quelque jour dans un commentaire sur la Korrika:  http://switzerland.indymedia.org/fr/2013/03/89053.shtml ), une importante manifestation culturelle comme la Korrika.
 
     
  Les dernières études - internationales – paléo-linguistiques, de phylogénétique etc sur le développement de la langue basque, arrivent à reconnaître jusqu'au ce moment une permanence de au moins 14.000 années (P. ej.:  http://www.iker.cnrs.fr/histoire-des-populations-et.html?lang=fr ) de cet idiome, dans la région des Pyrénées et du Golfe de Bizkaye. Il s’agirait donc de la langue européenne vivante la plus ancienne et originaire.

Ce qui pourrait même confirmer ou soutenir l'hypothèse qui circule toujours plus souvent à propos d'une relation entre cette langue, l'euskara (ou protoeuskara, par rapport à ses origines millénaires) et la première civilisation européenne préhistorique localisé dans ce vaste complexe géographique marqué para les grandes cathédrales artistiques ou culturelles telle que Lascaux, Chauvet, Altamira, Atapuerca, etc.
C'est à dire, quand au début de l'ère glaciaire, les Hommes de Cro-Magnon situés sur le continent européen actuel, auraient trouvé refuge dans les zones aux climats plus doux: on parle justement de l'Ukraine et de la Zone pyrénéenne et Cantabro-aquitaine.

Mais, à coté de ces questions qui restent encore en partie dans le terrain des hypothèses, c'est évident que la question de la culture basque, et donc de sa permanence et développement, ne peut pas être stupidement attribué à une typique manifestation d'un nationalisme réactionnaire.
Surtout si, soyons objectifs, ou au moins cohérents avec notre culture confédérale, il faudrait reconnaître que si nous voulons parler de nationalisme, c'est justement dans les politiques, institutions et naturellement cultures des deux états français et espagnol, qui occupent actuellement le Pays Basque, où l'on trouve les extrêmes les plus retentissants de ce nationalisme.

Tout le monde reconnaît aujourd'hui que l'état espagnol comprend différentes nationalités, et que l'Espagne ce n'est donc pas une nation en soi, objectivement, mais uniquement une institution étatique plurinationale.
Un raisonnement pareil on devrait l'appliquer à la Fraaance: combien de réalités culturelles, et même nationales dans le sens le plus naturel de ce mot, sont encore « administrées » actuellement par cette institution républicaine oui, mais tout à fait jacobine et très « nationaliste » de Paris?

Korrika, ainsi que tous les autres refleurissements culturels auquels on est en train d'assister partout dans le monde, qui concernen des centaines de langues et cultures originaires, et qui représentent la plus grande richesse de l'humanité ( http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001271/127162e.pdf ), est justement une manifestation antinomique et contradictoire para rapport à ce vieux nationalisme européen homologateur.

Dont la Suisse est à son tour l'un des contradicteurs les plus évidents et avancés, avec sa conception institutionnelle de maximum respect et autonomie de la diversité linguistique.

Donc, la relation que l'on voudrait instaurer, par exemple dans le meilleur style réactionnaire espagnol, entre les expressions nationalistes et la Korrika, ce grand exploit culturel dont on annonce pour cette semaine ce reflet, dans une ville comme Genève en tant que référence mondiale d'aperçus démocratiques et solidaires, représente tout simplement une négation des valeurs les plus naturelles et démocrates de notre époque.

Seulement l'ignorance peut expliquer des pareils emplacements réactionnaires, au moins d'un point de vue culturel. Si la Korrika est précisément l'un des plus remarquables exemples d'un rachat culturel de tout un Pays, dont plus du 70% de ses habitants reste encore aliéné de sa propre langue.
Précisément par deux nationalismes malvoyants comme l'espagnol et le français.
 
     
 
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    Merci ! 2013-03-18 16:04    
  Faut pas te frapper, il y a une toute petite bande de cons sur ce site qui profitent qu'il n'y a pas de censure pour confondre monothéisme de la pensée et lutte sociale, et passe ainsi leur temps à essayer de décourager ceux qui luttent au lieu d'essayer de comprendre et d'intégrer leurs luttes.

Et merci pour les précisions, des articles qui ont un sens sont toujours les bienvenus. (Là, ils vont se déchaîner...)
 
  Dominique  
    Quel clown triste ! 2013-03-18 17:54    
  Venant d'un branleur comme Dominique 1er, défenseur des pires dictatures répressives de la planète (Cuba, Iran, Syrie, Corée du Nord...), qui ne sait même pas ce qu'est une grève ou une lutte sociale, des conseils sur le sujet sont d'un risible qui tue !  
  Prolo  
    Le nationalisme est un poison pour les prolétaires ! 2013-03-18 18:33    
  LE MYTHE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE DE LA LIBERATION NATIONALE

La libération nationale et la constitution de nouvelles nations n'ont jamais été une tâche propre du prolétariat. Si, au siècle dernier, les révolutionnaires ont été amenés à appuyer de telles politiques ce n'est donc pas avec des illusions sur leur caractère exclusivement bourgeois ni au nom du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Un tel appui reposait sur le fait que, dans la phase ascendante du capitalisme, la nation représentait le cadre approprié au développement du capitalisme et toute nouvelle édification de ce cadre, en éliminant les vestiges contraignants des rapports sociaux pré-capitalistes, constituait un pas en avant dans le sens d'une croissance des forces productives au niveau mondial et donc dans le sens de la maturation des conditions matérielles du socialisme. Avec l'entrée du capitalisme dans sa phase de décadence, et au même titre que l'ensemble des rapports de production capitalistes, la nation devient un cadre trop étroit pour le développement des forces productives. Aujourd'hui, la constitution juridique d'un nouveau pays ne permet aucun réel pas en avant dans un tel développement que les pays les plus anciens et les plus puissants sont eux-mêmes incapables d'assumer. Dans un monde désormais divisé et partagé en blocs impérialistes, toute lutte de "libération nationale", loin de constituer un quelconque mouvement progressif, se résume en fait à un moment de l'affrontement constant entre blocs rivaux dans lequel les prolétaires et paysans enrôlés, volontairement ou de force, ne participent que comme chair à canon.

De telles luttes n'affaiblissent aucunement l'impérialisme, puisqu'elles ne remettent pas en cause sa base : les rapports de production capitalistes. Si elles affaiblissent un bloc impérialiste c'est pour mieux en renforcer un autre et, la nation ainsi constituée devient elle-même impérialiste puisqu'à l'heure de la décadence, aucun pays grand ou petit, ne peut s'épargner une telle politique.

Si, dans le monde actuel, une "libération nationale réussie" n'a d'autre signification que le changement de puissance de tutelle pour le pays concerné, elle se traduit la plupart du temps pour les travailleurs, en particulier dans les nouveaux pays "socialistes", par une intensification, une systématisation, une militarisation de l'exploitation par le capital étatisé qui, manifestation de la barbarie actuelle du système, transforme la nation "libérée" en véritable camp de concentration. Loin d'être, comme le prétendent certains, un tremplin pour la lutte de classe du prolétariat du tiers-monde, ces luttes, par les mystifications "patriotiques" qu'elles colportent et l'embrigadement derrière le capital national qu'elles impliquent, agissent toujours comme frein et dévoiement de la lutte prolétarienne souvent acharnée dans ces pays. L'histoire a amplement montré depuis plus d'un demi-siècle et contrairement aux affirmations de l'Internationale Communiste, que les luttes de "libération nationale" n'impulsent pas plus le combat de classe des prolétaires des pays avancés que celui des prolétaires des pays sous-développés. Les uns comme les autres n'ont rien à attendre de ces luttes ni aucun "camp à choisir". Dans ces affrontements, le seul mot d'ordre des révolutionnaires ne peut être, contre la version moderne de la "défense nationale", que celui qui fut déjà adopté par eux dans la première guerre mondiale : "défaitisme révolutionnaire : transformation de la guerre impérialiste en guerre civile". Toute position de "soutien inconditionnel" ou "critique" à ces luttes est similaire, de façon consciente ou inconsciente à celle des "social-chauvins" de la première guerre mondiale et donc parfaitement incompatible avec une activité communiste cohérente.
 
  Prolo  
    Vieux discours. 2013-03-19 00:47    
  Prolo, ton (vieux) discours n'a rien de prolétaire.

C'est une musique composé avec des slogan qu'aujourd'hui sont pour la plupart dépassés.
L'internationalisme ouvrier, social ou prolétaire se base désormais sur des lignes stratégiques inter-nationales et inter-étatique contre le capitalisme global, où les luttes des milliers de nations maintenant subjugués (peuples avec une culture, un territoire, langue, traditions de lutte, politiques, etc.) font partie du mouvement général pour le dépassement du capitalisme et de sa structure institutionnelle de 200 états.

Voyons quelque point pour éclaircir la critique.

Tu écris:
“La libération nationale et la constitution de nouvelles nations n'ont jamais été une tâche propre du prolétariat. “

1. Tu confonde état avec nation. On parle de nations sans état. La confusion est typique du langage dominant ou bourgeois...
2. Les nations existent, elles sont des milliers dans la planète, pas besoin de les constituer en tant que telles, mais de leur laisser développer ses processus constitutionnelles indépendants, libres, selon les caractéristiques de chacune.
3. Les taches d'un processus constitutionnel concernent aussi le prolétariat; mieux encore; devraient être l'une de sus fonction, surtout quand il n'y a pas d’indépendance. Cela s'appelle autodétermination nationale populaire, soit elle prolétaire, socialiste ou simplement démocratique!

Tu affirme encore:
“dans la phase ascendante du capitalisme, la nation représentait le cadre approprié au développement du capitalisme et toute nouvelle édification de ce cadre”

C'est ici encore plus évident que tu a bien cloué dans ta tête le concept dominant, capitaliste, libérale, colonialiste, de nation. Et cela c'est un faux historique, sémantique, social, culturel de proportions colossales.

Et plus en avant:

“Avec l'entrée du capitalisme dans sa phase de décadence, et au même titre que l'ensemble des rapports de production capitalistes, la nation devient un cadre trop étroit pour le développement des forces productives.”

Non, monsieur, ce discours, en plus de vieux, ça ne nous intéresse pas aux prolétaires, on s'en fout pour parler vulgairement, et n'est pas la question surtout pour les peuples, je répète, milliers de peuples, colonisés, soumis, divisés, opprimés, et ainsi de suite par la plupart des 200 états reconnus par le système! Ni étroit ni large, ce n'est pas la question: trop de langues sont bafouées, trop de régions saccagées, trop de cultures détruites, trop de violences pour des raisons racistes, xénophobes et ethniques pour que on ne se rende pas compte de cette immense tragédie de l'humanité.
Qui continue.
Connais-tu, pour te souvenir seulement un exemple, la tragédies de 40 millions de kurdes, divisés entres quatre états de l'ONU, opprimés de la forme la plus violente et sauvage, saccagées de beaucoup de formes (plus de 3.000 villages détruits dans les dernières années!), dois-je continuer?

Tu emploie des argument démagogiques – très utilisés aussi par le stalinisme! - pour refuser une question élémentaires: le droit d'autodétermination pour chaque nation, ou peuple, n'importe lequel, grand ou très petit. Et encore plus nécessaire pour sa classe ouvrière, et son prolétariat, naturellement.

Si aujourd'hui on commence à reconnaitre l'existence d'une classe ouvrière globale, contre un capital global comme Marx prévoyait aussi, globale dans ses intérêts stratégiques autant que le sont ceux de la classe antagonique, c'est aussi parce que on a la capacité de reconnaitre son énorme diversité culturelle, ses différentes formes de s'organiser, de lutter, naturellement dans en cadre de solidarité internationaliste absolue, stratégique, monsieur le prolo.
Où la liberté, la libre autodétermination de chaque nation, est l'une des nécessitées et intérêts de chacune d'elles et de toutes ensemble, globalement, et dans un même niveau.
 
  Andrea  
    Lecture nationaliste 2013-03-19 10:40    
  Le commentateur précédent est bien l'archétype du nationaliste stalinien qui n'arrive pas à dépasser le cadre de la nation, et de ce fait, celui de l'Etat dans ce qu'il a de plus bourgeois et contre-révolutionnaire. Cette personne ne semble pas avoir lu Marx et Engels, pas plus que Rosa Luxemburg sur le sujet et en particulier sur la question identitaire et nationale. Notre commentateur défend le concept stalinien du "socialisme dans un seul pays" et ne comprend absolument pas l'internationalisme prolétarien.

Tous les nationalismes, qu'ils soient de gauche ou de droite sont l'émanation de la bourgeoisie dans sa phase réactionnaire et ne servent aucunement la cause révolutionnaire du prolétariat, sachant que LES PROLETAIRES N'ONT PAS DE PATRIE !

Une petite leçon de marxisme afin d'éduquer notre nationaliste stalinien :

1 - LA THEORIE DE LA REVOLUTION COMMUNISTE

Le marxisme est l'acquis théorique fondamental de la lutte prolétarienne, c'est sur sa base que l'ensemble des acquis du prolétariat s'intègre dans un tout cohérent.

En expliquant la marche de l'histoire par le développement de la lutte de classe, c'est-à-dire de la lutte basée sur la défense des intérêts économiques dans un cadre donné du développement des forces productives, et en reconnaissant dans le prolétariat la classe sujet de la révolution qui abolira le capitalisme, il est la seule conception du monde qui se place réellement du point de vue de cette classe. Loin de constituer une spéculation abstraite sur le monde il est donc, et avant tout, une arme de combat de la classe. Et c'est parce que le prolétariat est la première et seule classe de l'histoire dont l'émancipation s'accompagne nécessairement de l'émancipation de toute l'humanité, dont la domination sur la société n'implique pas une nouvelle forme d'exploitation mais l'abolition de toute exploitation, que le marxisme est seul capable d'appréhender la réalité sociale de façon objective et scientifique, sans préjugés ni mystifications d'aucune sorte.
Par conséquent, bien qu'il ne soit pas un système ni un corps de doctrine fermé, mais au contraire une théorie en élaboration constante, en liaison directe et vivante avec la lutte de classe, et bien qu'il ait bénéficié des manifestations théoriques de la vie de la classe qui l'ont précédé, il constitue, depuis le moment où ses bases ont été jetées, le seul cadre à partir et au sein duquel la théorie révolutionnaire peut se développer.


2 - LES CONDITIONS DE LA REVOLUTION COMMUNISTE

Toute révolution sociale est l'acte par lequel la classe porteuse des nouveaux rapports de production établit sa domination politique sur la société. La révolution prolétarienne n'échappe pas à cette définition mais ses conditions et son contenu diffèrent fondamentalement des révolutions du passé.
Celles-ci, parce qu'elles se trouvaient à la charnière de deux modes de production dominés par la pénurie avaient pour fonction de substituer la domination d'une classe exploiteuse à celle d'une autre classe exploiteuse : ce fait s'exprimait par le remplacement d'une forme de propriété par une autre forme de propriété, d'un type de privilèges par un autre type de privilèges.
La révolution prolétarienne, par contre, a pour but de remplacer des rapports de production basés sur la pénurie par des rapports de production basés sur l'abondance, c'est pour cela qu'elle signifie la fin de toute forme de propriété, de privilèges et d'exploitation.

Ces différences confèrent à la révolution prolétarienne les caractéristiques suivantes, que la classe ouvrière se doit, comme condition de son succès, de comprendre et de maîtriser :

a - Elle est la première forme de révolution à caractère mondial, qui ne puisse atteindre ses buts qu'en se généralisant à tous les pays, puisqu'avec la propriété privée elle doit abolir l'ensemble des cadres sectoriels, régionaux et nationaux liés à celle-ci. C'est la généralisation de la domination du capitalisme à l'échelle mondiale qui permet que cette nécessité soit aussi une possibilité.

b - La classe révolutionnaire, pour la première fois dans l'histoire, est en même temps aussi la classe exploitée de l'ancien système et, de ce fait, elle ne peut s'appuyer sur un quelconque pouvoir économique dans la conquête du pouvoir politique. Bien au contraire, à l'encontre de ce qui a prévalu dans le passé, la prise du pouvoir politique par le prolétariat précède nécessairement la période de transition pendant laquelle la domination des anciens rapports de production est détruite au bénéfice de celle des nouveaux.

c - Le fait que, pour la première fois, une classe de la société soit en même temps classe exploitée et classe révolutionnaire implique également que sa lutte comme classe exploitée ne peut à aucun moment être dissociée ou opposée à sa lutte comme classe révolutionnaire. Au contraire, comme le marxisme l'a depuis le début affirmé contre les théories proudhoniennes et petites-bourgeoises, le développement de la lutte révolutionnaire est conditionné par l'approfondissement et la généralisation de la lutte du prolétariat comme classe exploitée.


3 - LA DECADENCE DU CAPITALISME

Pour que la révolution prolétarienne puisse passer du stade de simple souhait ou de simple potentialité et perspective historique au stade d'une possibilité concrète, il faut qu'elle soit devenue une nécessité objective pour le développement de l'humanité. C'est cette situation historique qui prévaut depuis la première guerre mondiale : depuis cette date a pris fin la phase ascendante du mode de production capitaliste qui commence au 16ème siècle pour atteindre son apogée à la fin du 19ème. La nouvelle phase ouverte dès lors est celle de la décadence du capitalisme.

Comme pour toutes les sociétés du passé, la première phase du capitalisme traduisait le caractère historiquement nécessaire des rapports de production qu'il incarne, c'est-à-dire de leur nature indispensable pour l'épanouissement des forces productives de la société. La seconde, au contraire, traduit la transformation de ces rapports en une entrave de plus en plus lourde à ce même développement.

La décadence du capitalisme est le produit du développement des contradictions internes inhérentes à ce mode de production, et qu'on peut définir comme suit :

Bien que la marchandise ait existé dans la plupart des sociétés, l'économie capitaliste est la première qui soit basée fondamentalement sur la production de marchandises. Aussi l'existence de marchés sans cesse croissants est-elle l'une des conditions essentielles du développement du capitalisme. En particulier, la réalisation de la plus-value produite par l'exploitation de la classe ouvrière est indispensable à l'accumulation du capital, moteur essentiel de la dynamique de celui-ci. Or, contrairement à ce que prétendent les adorateurs du capital, la production capitaliste ne crée pas automatiquement et à volonté les marchés nécessaires à sa croissance. Le capitalisme se développe dans un monde non capitaliste, et c'est dans ce monde qu'il trouve les débouchés qui permettent ce développement. Mais en généralisant ses rapports à l'ensemble de la planète et en unifiant le marché mondial, il a atteint un degré critique de saturation des mêmes débouchés qui lui avaient permis sa formidable expansion du 19ème siècle. De plus la difficulté croissante pour le capital de trouver des marchés où réaliser sa plus-value, accentue la pression à la baisse qu'exerce sur son taux de profit l'accroissement constant de la proportion entre la valeur des moyens de production et celle de la force de travail qui les met en œuvre. De tendancielle, cette baisse du taux de profit devient de plus en plus effective, ce qui entrave d'autant le procès d'accumulation du capital, et donc le fonctionnement de l'ensemble des rouages du système.

Après avoir unifié et universalisé l'échange marchand en faisant connaître un grand bond au développement de l'humanité, le capitalisme a donc mis à l'ordre du jour la disparition des rapports de production fondés sur l'échange. Mais tant que le prolétariat ne s'est pas donné les moyens d'imposer cette disparition, ces rapports de production se maintiennent et entraînent l'humanité dans des contradictions de plus en plus monstrueuses.

La crise de surproduction, manifestation caractéristique des contradictions du mode de production capitaliste mais qui, dans le passé, constituait un palier entre chaque phase d'expansion du marché, battement de cœur d'un système en pleine santé, est devenue aujourd'hui permanente. C'est effectivement de façon permanente que sont sous-utilisées les capacités de l'appareil productif et que le capital est devenu incapable d'étendre sa domination ne serait-ce qu'au rythme de la croissance de la population humaine. La seule chose que le capitalisme puisse aujourd'hui étendre dans le monde, c'est la misère humaine absolue, comme celle que connaissent les pays du tiers-monde.

La concurrence entre les nations capitalistes, ne peut, dans ces conditions, que devenir de plus en plus implacable. L'impérialisme, politique à laquelle est contrainte, pour survivre, toute nation quelle que soit sa taille, impose à l'humanité d'être plongée depuis 1914, dans le cycle infernal de crise-guerre-reconstruction-nouvelle crise..., où une production d'armement chaque jour plus monstrueuse devient de plus en plus le seul terrain d'application de la science et d'utilisation des forces productives. Dans la décadence du capitalisme, l'humanité ne se survit que sur la base de destructions et d'une automutilation permanentes.

A la misère physiologique qui frappe les pays sous-développés, fait écho dans les pays développés une déshumanisation extrême, jamais atteinte auparavant, des relations entre les membres de la société, et qui a pour base l'absence totale de perspectives que le capitalisme offre à l'humanité, autres que celle de guerres de plus en plus meurtrières et d'une exploitation de plus en plus systématique, rationnelle et scientifique, il en découle, comme pour toute société en décadence, un effondrement et une décomposition croissante des institutions sociales, de l'idéologie dominante, de l'ensemble des valeurs morales, des formes d'art et de toutes les autres manifestations culturelles du capitalisme. Le développement d'idéologies comme le fascisme ou le stalinisme marquent le triomphe croissant de la barbarie en l'absence du triomphe de l'alternative révolutionnaire.


4 - LE CAPITALISME D'ETAT

Dans toute période de décadence, face à l'exacerbation des contradictions du système, l'Etat garant de la cohésion du corps social et de la préservation des rapports de classe dominants, tend à se renforcer jusqu'à incorporer dans ses structures l'ensemble de la vie de la société. L'hypertrophie de l'administration impériale et la monarchie absolue ont été les manifestations de ce phénomène dans la décadence de la société esclavagiste romaine et dans celle de la société féodale.

Dans la décadence capitaliste la tendance générale vers le capitalisme d'Etat est une des caractéristiques dominantes de la vie sociale. Dans cette période, chaque capital national, privé de toute base pour un développement puissant, condamné à une concurrence impérialiste aiguë est contraint de s'organiser de la façon la plus efficace pour, à l'extérieur, affronter économiquement et militairement ses rivaux et, à l'intérieur, faire face à une exacerbation croissante des contradictions sociales. La seule force de la société qui soit capable de prendre en charge l'accomplissement des tâches que cela impose est l'Etat.

Effectivement, seul l'Etat :
- peut prendre en main l'économie nationale de façon globale et centralisée et atténuer la concurrence interne qui l'affaiblit afin de renforcer sa capacité à affronter comme un tout la concurrence sur le marché mondial.
- mettre sur pied la puissance militaire nécessaire à la défense de ses intérêts face à l'exacerbation des antagonismes internationaux.
- enfin, grâce entre autres, aux forces de répression et à une bureaucratie de plus en plus pesantes, raffermir la cohésion interne de la société menacée de dislocation par la décomposition croissante de ses fondements économiques, imposer par une violence omniprésente le maintien d'une structure sociale de plus en plus inapte à régir spontanément les relations humaines et acceptée avec d'autant moins de facilité qu'elle devient, de plus en plus, une absurdité du point de vue de la survie même de la société.

Sur le plan économique, cette tendance jamais totalement achevée vers le capitalisme d'Etat, se traduit par le passage aux mains de l'Etat de tous les leviers de l'appareil productif. Cela ne signifie pas que disparaissent la loi de la valeur, la concurrence ou l'anarchie de la production, qui sont les caractéristiques fondamentales de l'économie capitaliste. Elles continuent de s'appliquer à l'échelle mondiale où les lois du marché continuent de régner et déterminent donc les conditions de la production à l'intérieur de chaque économie nationale aussi étatisée soit-elle. Dans ce cadre, si les lois de la valeur et de la concurrence semblent être "violées" c'est afin qu'elles puissent mieux s'appliquer. Si l'anarchie de la production semble refluer face à la planification étatique, elle en resurgit d'autant plus violemment à l'échelle mondiale particulièrement à l'occasion des crises aiguës du système que le capitalisme d'Etat est incapable de prévenir. Loin de constituer une "rationalisation" du capitalisme, son étatisation n'est donc qu'une manifestation de son pourrissement.

Cette étatisation se fait, soit de façon graduelle, par fusion des capitaux "privés" et du capital d'Etat comme c'est plutôt le cas dans les pays les plus développés, soit par des sauts brusques sous forme de nationalisations massives et totales, en général là où le capital privé est le plus faible.

Effectivement, si la tendance vers le capitalisme d'Etat se manifeste dans tous les pays du monde, elle s'accélère et éclate avec plus d'évidence quand, et où, les effets de la décadence se font sentir avec le plus de violence : historiquement durant les périodes de crise ouverte ou de guerre, géographiquement dans les économies les plus faibles. Mais le capitalisme d'Etat n'est pas un phénomène spécifique des pays arriérés. Au contraire, bien que le degré d'étatisation formelle soit souvent plus élevé dans le capitalisme sous-développé, la prise en main véritable par l'Etat de la vie économique est généralement encore plus effective dans les pays les plus développés, du fait du haut degré de concentration du capital qui y règne.

Sur le plan politique et social, la tendance vers le capitalisme d'Etat se traduit par le fait que, sous les formes totalitaires les plus extrêmes comme le fascisme ou le stalinisme ou sous les formes qui se recouvrent du masque démocratique, 1'appareil d'Etat, et essentiellement l'exécutif, exerce un contrôle de plus en plus puissant, omniprésent et systématique sur tous les aspects de la vie sociale. A une échelle bien supérieure à celle de la décadence romaine ou féodale, l'Etat de la décadence capitaliste est devenu cette machine monstrueuse, froide et impersonnelle qui a fini par dévorer la substance même de la société civile.


5 - LES PAYS DITS " SOCIALISTES "

En faisant passer le capital aux mains de l'Etat, le capitalisme d'Etat crée l'illusion de la disparition de la propriété privée des moyens de production et de l'élimination de la classe bourgeoise. La théorie stalinienne de la possibilité du "socialisme en un seul pays" ainsi que le mensonge des pays dits "communistes", "socialistes", ou en voie de le devenir, trouvent leurs fondements dans cette apparence mystificatrice.

Les changements provoqués par la tendance au capitalisme d'Etat ne se situent pas au niveau réel des rapports de production, mais au niveau juridique des formes de propriété. Ils n'éliminent pas le caractère réel de propriété privée des moyens de production, mais leur aspect juridique de propriété individuelle. Les travailleurs restent privés de toute emprise réelle sur leur utilisation, ils demeurent entièrement séparés d'eux. Les moyens de production ne sont "collectivisés" que pour la bureaucratie qui les possède et qui les gère collectivement.

La bureaucratie étatique qui assume la fonction économique spécifique d'extirpation du surtravail du prolétariat et d'accumulation du capital national constitue une classe. Mais ce n'est pas une nouvelle classe. Par sa fonction, elle n'est autre que la vieille bourgeoisie dans sa forme étatique. Au niveau de ses privilèges, ce qui la distingue, ce n'est pas l'importance de ceux-ci, mais la façon dont elle les détient : au lieu de percevoir ses revenus sous forme de dividendes du fait de la possession individuelle de parts du capital, elle les perçoit du fait de la fonction de ses membres sous forme de "frais de fonction", de primes et de rémunérations fixes à apparence "salariale", dont le montant est souvent des dizaines ou des centaines de fois supérieur au revenu d'un ouvrier.

La centralisation et la planification de la production capitaliste par l'Etat et sa bureaucratie, loin d'être un pas vers l'élimination, n'est rien d'autre qu'un moyen pour tenter de la rendre plus efficace.


Sur le terrain économique, la Russie, même pendant le court laps de temps où le prolétariat y a détenu le pouvoir politique, n'a pu se dégager pleinement du capitalisme. Si la forme du capitalisme d'Etat y est apparue aussitôt d'une façon aussi développée, c'est que la désorganisation économique causée par la défaite de la première guerre mondiale, puis par la guerre civile, y ont porté au plus haut degré les difficultés de survie d'un capital national dans le cadre de la décadence capitaliste.

Le triomphe de la contre-révolution en Russie s'est fait sous le signe de la réorganisation de l'économie nationale avec les formes les plus achevées de capitalisme d'Etat, cyniquement présentées pour la circonstance, comme "prolongements d'octobre" et "construction du socialisme". L'exemple a été repris ailleurs : Chine, Pays de l'Est, Cuba, Corée du Nord, Indochine, etc. Il n'y a cependant rien de prolétarien, encore moins de communiste, dans tous ces pays, où, sous le poids de ce qui restera comme un des plus grands mensonges de l'histoire, règne, sous ses formes les plus décadentes, la dictature du capital . Toute défense, même "critique" ou "conditionnelle" de ces pays est une activité absolument contre-révolutionnaire (1).


6 - LA LUTTE DU PROLETARIAT DANS LE CAPITALISME DECADENT

Depuis ses débuts, la lutte du prolétariat pour la défense de ses intérêts propres porte en elle la perspective de la destruction du capital et de l'avènement de la société communiste.

Mais le prolétariat ne poursuit pas le but ultime de son combat par idéalisme, guidé par une inspiration divine. S'il est amené à s'attaquer à ses tâches communistes c'est que les conditions matérielles dans lesquelles se déroule sa lutte immédiate finissent par l'y contraindre, toute autre forme de combat aboutissant à un désastre.
Tant que la bourgeoisie parvient, grâce à l'expansion gigantesque de ses richesses dans le monde entier au cours de la phase ascendante du capitalisme, à accorder de véritables réformes de la condition prolétarienne, la lutte ouvrière ne peut trouver les conditions objectives nécessaires à la réalisation de son assaut révolutionnaire.
Malgré la volonté révolutionnaire, communiste, affirmée dès la révolution bourgeoise par les tendances les plus radicales du prolétariat, le combat ouvrier se trouve, au cours de cette période historique, cantonné aux luttes pour des réformes.
Apprendre à s'organiser pour arracher des réformes politiques et économiques à travers le parlementarisme et le syndicalisme devient à la fin du I9ème siècle un des axes essentiel de l'activité prolétarienne. 0n trouve ainsi dans des organisations authentiquement ouvrières, côte à côte, des éléments "réformistes" (ceux pour qui toute lutte ouvrière doit uniquement être une lutte pour des réformes) et les révolutionnaires (ceux pour qui les luttes pour des réformes ne peuvent constituer qu'une étape, un moment du processus qui mène aux luttes révolutionnaires).
Ainsi, pouvait-on voir également dans cette période le prolétariat appuyer certaines fractions de la bourgeoisie contre d'autres, plus réactionnaires, dans le but d'imposer des aménagements de la société en sa faveur, ce qui correspond objectivement à l'accélération du développement des forces productives.

L'ensemble de ces conditions se transforme radicalement dans le capitalisme décadent. Le monde est devenu trop étroit pour contenir le nombre de capitaux nationaux existants. Dans chaque nation, le capital est contraint d'augmenter sa productivité, c'est-à-dire l'exploitation des travailleurs, jusqu'aux limites les plus extrêmes.
L'organisation de l'exploitation du prolétariat cesse d'être une affaire entre patrons d'entreprises et ouvriers, pour devenir celle de l'Etat et de mille rouages nouveaux créés pour l'encadrer, gérer, vider en permanence de tout danger révolutionnaire, la soumettre à une répression aussi systématique qu'insidieuse.
L'inflation, devenue un phénomène permanent depuis la première guerre mondiale, ronge toute "augmentation de salaires". La durée de temps de travail stagne ou ne diminue que pour compenser des augmentations du temps de transport ou pour empêcher la totale destruction nerveuse des travailleurs soumis à des rythmes de vie et de travail sans cesse croissants.
La lutte pour des réformes est devenue une utopie grossière. Contre le capital, la classe ouvrière ne peut mener en fin de compte qu'une lutte à mort. Elle n'a plus d'autre alternative qu'accepter d'être atomisée en une somme de millions d'individus écrasés et encadrés, ou bien se battre en affrontant l'Etat lui-même, en généralisant des luttes de la façon la plus étendue, en refusant de se laisser enfermer dans le cadre purement économique ou dans le localisme de l'usine ou de la profession, en se donnant comme forme d'organisation les embryons de ses organes de pouvoir : les conseils ouvriers.

Dans ces nouvelles conditions historiques, beaucoup des anciennes armes du prolétariat sont devenues inopérantes. Les courants politiques qui en préconisent l'usage ne le font que pour mieux l'enchaîner à l'exploitation, pour mieux briser toute volonté de combat.
La distinction faite dans le mouvement ouvrier du19ème siècle entre programme maximum et programme minimum a perdu tout son sens, il n'y a plus de programme minimum possible. Le prolétariat ne peut développer ses luttes qu'en les inscrivant dans la perspective d'un programme maximum : la révolution communiste


7 - LES SYNDICATS : ORGANES DU PROLETARIAT HIER, INSTRUMENTS DU CAPITAL AUJOURD'HUI

Au19ème siècle, dans la période de plus grande prospérité du capitalisme, la classe ouvrière s'est donné, souvent au prix de luttes acharnées et sanglantes des organisations permanentes et professionnelles destinées à assurer la défense de ses intérêts économiques : les syndicats. Ces organes ont assumé un rôle fondamental dans la lutte pour les réformes et pour les améliorations substantielles des conditions de vie des travailleurs que le système pouvait encore accorder. Ils ont également constitué des lieux de regroupement de la classe, de développement de sa solidarité et de sa conscience, dans lesquels les révolutionnaires intervenaient activement pour en faire des "écoles du communisme". Donc, bien que l'existence de ces organes ait été liée de façon indissoluble à celle du salariat et que, dès cette période, ils se soient souvent déjà bureaucratisés de façon importante, ils n'en constituaient pas moins d'authentiques organes de la classe dans la mesure où l'abolition du salariat n'était pas à l'ordre du jour.

En entrant dans sa phase de décadence, le capitalisme cesse d'être en mesure d'accorder des réformes et des améliorations en faveur de la classe ouvrière. Ayant perdu toute possibilité d'exercer leur fonction initiale de défenseurs efficaces des intérêts prolétariens et confrontés à une situation historique où seule l'abolition du salariat, et donc leur propre disparition, est à l'ordre du jour, les syndicats sont devenus, comme condition de leur propre survie, d'authentiques défenseurs du capitalisme, des agences de l'Etat bourgeois en milieu ouvrier (évolution qui a été fortement favorisée par leur bureaucratisation antérieure et par la tendance inexorable de l'Etat de la période de décadence à absorber toutes les structures de la société).

La fonction anti-ouvrière des syndicats s'est manifestée pour la première fois de façon décisive au cours de la première guerre mondiale où, aux côtés des partis sociaux-démocrates, ils ont participé à la mobilisation des ouvriers dans la boucherie impérialiste. Dans la vague révolutionnaire qui a suivi la guerre, les syndicats ont tout fait pour entraver les tentatives du prolétariat de détruire le capitalisme. Depuis lors, ils ont été maintenus en vie, non par la classe ouvrière, mais par l'Etat capitaliste pour le compte duquel ils remplissent des fonctions très importantes :
- participation active aux tentatives de l'Etat capitaliste de rationaliser l'économie, réglementation de la vente de la force de travail et intensification de l'exploitation ;
- sabotage de la lutte de classe de l'intérieur, soit en détournant les grèves et les révoltes vers des impasses catégorielles, soit en affrontant les mouvements autonomes par la répression ouverte.

Du fait que les syndicats ont perdu leur caractère prolétarien ils ne peuvent pas être "reconquis" par la classe ouvrière, ni constituer un terrain pour l'activité des minorités révolutionnaires. Depuis plus d'un demi-siècle les ouvriers ont éprouvé de moins en moins d'intérêt à participer à l'activité de ces organisations devenues corps et âme des organes de l'Etat capitaliste. Leurs luttes de résistance contre la dégradation de leurs conditions de vie ont tendu à prendre la forme de "grèves sauvages" en dehors et contre les syndicats. Dirigées par les assemblées générales de grévistes et, dans les cas où elles se sont généralisées, coordonnées par des comités de délégués élus et révocables par les assemblées, ces luttes se sont immédiatement situées sur un terrain politique, dans la mesure où elles ont dû se confronter à l'Etat sous la forme de ses représentants dans l'entreprise : les syndicats. Seule la généralisation et la radicalisation de ces luttes peuvent permettre à la classe de passer à un assaut ouvert et frontal contre l'Etat capitaliste. La destruction de l'Etat bourgeois implique nécessairement la destruction des syndicats.

Le caractère anti-prolétarien des anciens syndicats ne leur est pas conféré par leur mode d'organisation propre, par profession ou branche industrielle, ni par l'existence de "mauvais chefs" mais bien par l'impossibilité, dans la période actuelle, de maintenir en vie des organes permanents de défense véritable des intérêts économiques du prolétariat. Par conséquent, le caractère capitaliste de ces organes s'étend à toutes les "nouvelles" organisations qui se donnent des fonctions similaires et ceci quel que soit leur modèle organisatif et les intentions qu'elles proclament. Il en est ainsi des "syndicats révolutionnaires" ou des "shop stewards" comme de l'ensemble des organes (comités ou noyaux ouvriers, commissions ouvrières) qui peuvent subsister à l'issue d'une lutte, même opposée aux syndicats, et qui tendent de constituer un "pôle authentique" de défense des intérêts immédiats des travailleurs. Sur cette base, ces organisations ne peuvent pas échapper à l'engrenage de l'intégration effective dans l'appareil d'Etat bourgeois, même à titre d'organes non officiels ou illégaux.
Toutes les politiques "d'utilisation", de "rénovation" ou de "reconquête" d'organisations à caractère syndical, en ce qu'elles conduisent à revigorer des institutions capitalistes souvent déjà désertées par les travailleurs, sont foncièrement favorables à la survie du capitalisme. Après plus d'un demi-siècle d'expérience jamais démentie du rôle anti-ouvrier de ces organisations, toute position défendant de telles stratégies est fondamentalement non-prolétarienne.


8 - LA MYSTIFICATION PARLEMENTAIRE ET ELECTORALE

Dans la période d'apogée du système capitaliste, le parlement constituait la forme la plus appropriée de l'organisation de la vie politique de la bourgeoisie. Institution spécifiquement bourgeoise, il n'a donc jamais été un terrain de prédilection pour l'action de la classe ouvrière et le fait pour celle-ci de participer à ses activités ou aux campagnes électorales, recelait des dangers très importants que les révolutionnaires du siècle dernier n'ont jamais manqué de dénoncer. Cependant, dans une période où la révolution n'était pas à l'ordre du jour et où le prolétariat pouvait arracher des réformes à son avantage à l'intérieur du système, une telle participation lui permettait à la fois de faire pression en faveur de ces réformes, d'utiliser les campagnes électorales comme moyen de propagande et d'agitation autour du programme prolétarien et d'employer le Parlement comme tribune de dénonciation de l'ignominie de la politique bourgeoise. C'est pour cela que la lutte pour le suffrage universel a constitué, tout au long du 19ème siècle, dans un grand nombre de pays, une des occasions majeures de mobilisation du prolétariat.

Avec l'entrée du système dans sa phase de décadence, le Parlement cesse d'être un organe de réformes, comme le dit l'Internationale Communiste (2ème congrès) "le centre de gravité de la vie politique est sorti complètement et définitivement du Parlement". La seule fonction qu'il puisse assumer, et qui explique son maintien en vie, est une fonction de mystification. Dès lors, prend fin toute possibilité, pour le prolétariat, de l'utiliser de quelque façon que ce soit. En effet, il ne peut conquérir des réformes devenues impossibles à travers un organe qui a perdu toute fonction politique effective. A l'heure où sa tâche fondamentale réside dans la destruction de l'ensemble des institutions étatiques bourgeoises et donc du Parlement, où il se doit d'établir sa propre dictature sur les ruines du suffrage universel et autres vestiges de la société bourgeoise, sa participation aux institutions parlementaires et électorales aboutit, quelles que soient les intentions affirmées par ceux qui la préconisent, à insuffler un semblant de vie à ces institutions moribondes.

La participation électorale et parlementaire ne comporte actuellement aucun des avantages qu'elle pouvait avoir au siècle dernier. Par contre, elle en cumule tous les inconvénients et dangers, et principalement celui de maintenir vivace les illusions sur la possibilité d'un "passage pacifique ou progressif au socialisme" à travers la conquête d'une majorité parlementaire par les partis dits "ouvriers".
La politique de "destruction de l'intérieur" du Parlement à laquelle seraient censés participer les élus "révolutionnaires" s'est révélée, de façon catégorique, n'aboutir qu'à la corruption des organisations politiques qui l'ont pratiquée et à leur absorption par le capitalisme.

Enfin, l'utilisation des élections et des parlements comme instruments d'agitation et de propagande, dans la mesure où elle est essentiellement affaire de spécialistes, où elle privilégie le jeu des partis politiques au détriment de l'activité propre des masses, tend à préserver les schémas politiques de la société bourgeoise et à encourager la passivité des travailleurs. Si un tel inconvénient était acceptable quand la révolution n'était pas immédiatement possible, il devient une entrave décisive à l'heure où la seule tâche qui soit historiquement à l'ordre du jour pour le prolétariat est justement celle du renversement du vieil ordre social et l'instauration de la société communiste qui exigent la participation active et consciente de l'ensemble de la classe.

Si, à l'origine, les tactiques de "parlementarisme révolutionnaire" étaient, avant tout, la manifestation du poids du passé au sein de la classe et de ses organisations, elles se sont avérées, après une pratique aux résultats désastreux pour la classe, une politique foncièrement bourgeoise.


9 - LE FRONTISME, STRATEGIE DE DEVOIEMENT DU PROLETARIAT

Dans la décadence capitaliste, quand seule la révolution prolétarienne constitue un pas en avant de l'Histoire, il ne peut exister aucune tâche commune, même momentanée, entre la classe révolutionnaire et une quelconque fraction de la classe dominante, aussi "progressiste", "démocratique" ou "populaire" qu'elle puisse se prétendre. Contrairement à la phase ascendante du capitalisme, sa période de décadence ne permet effectivement à aucune fraction de la bourgeoisie de jouer un rôle progressiste. En particulier, la démocratie bourgeoise qui, contre les vestiges des structures héritées de la féodalité, constituait, au siècle dernier, une forme politique progressive, a perdu, à l'heure de la décadence, tout contenu politique réel. Elle ne subsiste que comme paravent trompeur au renforcement du totalitarisme étatique et les fractions de la bourgeoisie qui s'en réclament sont aussi réactionnaires que toutes les autres.

De fait, depuis la première guerre mondiale, la "démocratie" s'est révélée comme un des pires opiums pour le prolétariat. C'est en son nom, qu'après cette guerre, a été écrasée la révolution dans plusieurs pays d'Europe ; c'est en son nom et "contre le fascisme", qu'ont été mobilisés des dizaines de millions de prolétaires dans la seconde guerre impérialiste. C'est encore en son nom qu'aujourd'hui le capital tente de dévoyer les luttes prolétariennes dans les alliances "contre le fascisme", "contre la réaction", "contre la répression", "contre le totalitarisme", etc.

Produit spécifique d'une période où le prolétariat a déjà été écrasé, le fascisme n'est absolument pas à l'ordre du jour à l'heure actuelle et toute propagande sur le "danger fasciste" est parfaitement mystificatrice. D'autre part, il ne détient pas le monopole de la répression, et si les courants politiques démocratiques ou de gauche l'identifient avec celle-ci, c'est qu'ils tentent de masquer qu'ils sont eux-mêmes des utilisateurs décidés de cette même répression à tel point que c'est à eux que revient l'essentiel de l'écrasement des mouvements révolutionnaires de la classe.

Au même titre que Les "fronts populaires" et "antifascistes", les tactiques de "front unique" se sont révélées de redoutables moyens de détournement de la lutte prolétarienne. Ces tactiques, qui commandent aux organisations révolutionnaires de proposer des alliances aux partis dits "ouvriers" afin de les "mettre au pied du mur" et de les démasquer, ne reviennent en fin de compte qu'à maintenir des illusions sur la véritable nature bourgeoise de ces partis et à retarder la rupture des ouvriers avec eux.

L'autonomie du prolétariat face à toutes les autres classes de la société est la condition première de l'épanouissement de sa lutte vers le but révolutionnaire. Toutes les alliances, et particulièrement celles avec des fractions de la bourgeoisie, ne peuvent aboutir qu'à son désarmement devant son ennemi en lui faisant abandonner le seul terrain où il puisse tremper ses forces : son terrain de classe. Tout courant politique qui tente de lui faire quitter ce terrain sert directement les intérêts de la bourgeoisie.


10 - LE MYTHE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE DE LA LIBERATION NATIONALE

La libération nationale et la constitution de nouvelles nations n'ont jamais été une tâche propre du prolétariat. Si, au siècle dernier, les révolutionnaires ont été amenés à appuyer de telles politiques ce n'est donc pas avec des illusions sur leur caractère exclusivement bourgeois ni au nom du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Un tel appui reposait sur le fait que, dans la phase ascendante du capitalisme, la nation représentait le cadre approprié au développement du capitalisme et toute nouvelle édification de ce cadre, en éliminant les vestiges contraignants des rapports sociaux pré-capitalistes, constituait un pas en avant dans le sens d'une croissance des forces productives au niveau mondial et donc dans le sens de la maturation des conditions matérielles du socialisme. Avec l'entrée du capitalisme dans sa phase de décadence, et au même titre que l'ensemble des rapports de production capitalistes, la nation devient un cadre trop étroit pour le développement des forces productives. Aujourd'hui, la constitution juridique d'un nouveau pays ne permet aucun réel pas en avant dans un tel développement que les pays les plus anciens et les plus puissants sont eux-mêmes incapables d'assumer. Dans un monde désormais divisé et partagé en blocs impérialistes, toute lutte de "libération nationale", loin de constituer un quelconque mouvement progressif, se résume en fait à un moment de l'affrontement constant entre blocs rivaux dans lequel les prolétaires et paysans enrôlés, volontairement ou de force, ne participent que comme chair à canon (2).

De telles luttes n'affaiblissent aucunement l'impérialisme, puisqu'elles ne remettent pas en cause sa base : les rapports de production capitalistes. Si elles affaiblissent un bloc impérialiste c'est pour mieux en renforcer un autre et, la nation ainsi constituée devient elle-même impérialiste puisqu'à l'heure de la décadence, aucun pays grand ou petit, ne peut s'épargner une telle politique.

Si, dans le monde actuel, une "libération nationale réussie" n'a d'autre signification que le changement de puissance de tutelle pour le pays concerné, elle se traduit la plupart du temps pour les travailleurs, en particulier dans les nouveaux pays "socialistes", par une intensification, une systématisation, une militarisation de l'exploitation par le capital étatisé qui, manifestation de la barbarie actuelle du système, transforme la nation "libérée" en véritable camp de concentration. Loin d'être, comme le prétendent certains, un tremplin pour la lutte de classe du prolétariat du tiers-monde, ces luttes, par les mystifications "patriotiques" qu'elles colportent et l'embrigadement derrière le capital national qu'elles impliquent, agissent toujours comme frein et dévoiement de la lutte prolétarienne souvent acharnée dans ces pays. L'histoire a amplement montré depuis plus d'un demi-siècle et contrairement aux affirmations de l'Internationale Communiste, que les luttes de "libération nationale" n'impulsent pas plus le combat de classe des prolétaires des pays avancés que celui des prolétaires des pays sous-développés. Les uns comme les autres n'ont rien à attendre de ces luttes ni aucun "camp à choisir". Dans ces affrontements, le seul mot d'ordre des révolutionnaires ne peut être, contre la version moderne de la "défense nationale", que celui qui fut déjà adopté par eux dans la première guerre mondiale : "défaitisme révolutionnaire : transformation de la guerre impérialiste en guerre civile". Toute position de "soutien inconditionnel" ou "critique" à ces luttes est similaire, de façon consciente ou inconsciente à celle des "social-chauvins" de la première guerre mondiale et donc parfaitement incompatible avec une activité communiste cohérente.


11 - L'AUTOGESTION, AUTO-EXPLOITATION DU PROLETARIAT

Si la nation est devenue un cadre trop étroit pour les forces productives actuelles, ceci est encore plus vrai pour l'entreprise qui n'a jamais connu d'autonomie véritable par rapport aux lois générales du capitalisme et dont la dépendance par rapport à celles-ci et à l'Etat ne peut aller qu'en s'accentuant dans la décadence du capitalisme. C'est pour cela que l'autogestion, c'est-à-dire la gestion des entreprises par les ouvriers au sein d'une société qui reste capitaliste, si elle était déjà une utopie petite bourgeoise au siècle dernier quand elle était préconisée par les courants proudhoniens, est aujourd'hui une pure mystification capitaliste (3).
- arme économique du capital, elle a pour finalité de faire accepter par les travailleurs le poids des difficultés des entreprises frappées par la crise en leur faisant organiser les modalités de leur propre exploitation.
- arme politique de la contre-révolution, elle a pour fonction :
- de diviser la classe ouvrière en l'enfermant et l'isolant usine par usine, quartier par quartier, secteur par secteur ;
- d'attacher les travailleurs aux préoccupations de l'économie capitaliste qu'ils ont au contraire pour tâche de détruire ;
- de détourner le prolétariat de la première tâche qui conditionne son émancipation : la destruction de l'appareil politique du capital et l'instauration de sa propre dictature au niveau mondial.

C'est effectivement à ce seul niveau que le prolétariat pourra prendre en charge la gestion de la production, mais alors, il ne le fera pas dans le cadre des lois capitalistes mais en détruisant celles-ci.

Toutes les positions politiques qui, même au nom de "l'expérience prolétarienne" ou de "l'établissement de nouveaux rapports entre travailleurs", défendent l'autogestion, participent, en fait, à la défense objective des rapports de production capitalistes.


12 - LES LUTTES "PARCELLAIRES", IMPASSE REACTIONNAIRE

La décadence du capitalisme a accentué la décomposition de toutes ses valeurs morales et une dégradation profonde de tous les rapports humains.

Cependant, s'il est vrai que la révolution prolétarienne engendrera de nouveaux rapports dans tous les domaines de la vie, il est erroné de croire que l'on peut y contribuer en organisant des luttes spécifiques sur des problèmes parcellaires tels le racisme, la condition féminine, la pollution, la sexualité et autres aspects de la vie quotidienne.

La lutte contre les fondements économiques du système contient la lutte contre les aspects superstructurels de la société capitaliste, mais la réciproque est fausse.

Par leur contenu même, les luttes "parcellaires", loin de renforcer la nécessaire autonomie de la classe ouvrière, tendent au contraire à la diluer dans la confusion de catégories particulières ou invertébrées (races, sexes, jeunes, etc.) totalement impuissantes devant l'histoire.

C'est pourquoi les gouvernements et les partis politiques bourgeois ont appris à les récupérer et à les utiliser efficacement dans la préservation de l'ordre social.


13 - LA NATURE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE
DES "PARTIS OUVRIERS"

L'ensemble des partis ou organisations qui aujourd'hui défendent, même "conditionnellement" ou de façon "critique", certains Etats ou certaines fractions de la bourgeoisie contre d'autres, que ce soit au nom du "socialisme", de la "démocratie", de " l'antifascisme", de "1'indépendance nationale", du "front unique", ou du "moindre mal", qui fondent leur politique sur le jeu bourgeois des élections, dans 1'activité anti-ouvrière du syndicalisme ou dans les mystifications autogestionnaires sont des organes de l'appareil politique bourgeois : il en est ainsi, particulier, des partis "socialistes" et "communistes".

Ces partis, en effet, après avoir constitué à un certain moment les véritables avant-gardes du prolétariat mondial ont connu par la suite tout un processus de dégénérescence qui les a conduits dans 1e camp du capital. Si les Internationales auxquelles ils appartenaient (2ème Internationale pour le parti socialiste, 3ème Internationale pour les partis communistes) sont mortes comme telles, malgré la survivance formelle de leur structure, dans un moment de défaite historique de la classe ouvrière, ils ont quant à eux survécu pour devenir progressivement, chacun pour sa part, des rouages souvent majeurs de 1'appareil de l'Etat bourgeois de leurs pays respectifs.

Il en a été ainsi des partis socialistes lorsque, dans un processus de gangrène par le réformisme et l'opportunisme, la plupart des principaux d'entre eux ont été conduits lors de la première guerre mondiale (qui marque la mort de la 2ème Internationale) à s'engager, sous la conduite de leur droite "social-chauvine", désormais passée à la bourgeoisie, dans la politique de "défense nationale", puis à s'opposer ouvertement à la vague révolutionnaire d'après guerre jusqu'à jouer le rôle de bourreaux du prolétariat comme en Allemagne 1919.
L'intégration finale de chacun de ces partis dans leurs Etats nationaux respectifs prit place à différents moments de la période qui suivit l'éclatement de la première guerre mondiale. Mais ce processus fut définitivement clos au début des années 20, quand les derniers courants prolétariens furent éliminés ou sortirent de leurs rangs en rejoignant l'Internationale Communiste.

De même, les partis communistes sont à leur tour passés dans le camp du capitalisme après un processus similaire de dégénérescence opportuniste. Ce processus, engagé dès le début des années 20, s'est poursuivi après la mort de l'Internationale Communiste (marquée par l'adoption de la théorie du "socialisme en un seul pays" en 1928), jusqu'à aboutir, malgré la lutte acharnée de leurs fractions de gauche et après l'élimination de celles-ci, à une complète intégration dans l'Etat capitaliste au début des années 30 avec leur participation aux efforts d'armement de leurs bourgeoisies respectives et 1eur entrée dans les "fronts populaires". Leur participation active à la "Résistance." durant la seconde guerre mondiale et à la "reconstruction nationale" après celle-ci 1es a confirmés comme de fidèles serviteurs du capital national et comme la plus pure incarnation de la contre-révolution

L'ensemble des courants, soi-disant révolutionnaires, tels que le maoïsme -qui est une simple variante des partis définitivement passés à la bourgeoisie-, le trotskisme - qui après avoir constitué une réaction prolétarienne contre la trahison des partis communistes, a été happé dans un processus similaire de dégénérescence- ou l'anarchisme traditionnel - qui se situe aujourd'hui dans le cadre d'une même démarche politique en défendant un certain nombre de positions des partis socialistes et des partis communistes, comme, par exemple, les alliances antifascistes-, appartiennent au même camp que celui du capital. Le fait qu'ils aient moins d'influence ou qu'ils utilisent un langage plus radical n'enlève rien au fond bourgeois de leur programme et de leur nature, mais en fait d'utiles rabatteurs ou suppléants de ces partis.

14 - LA PREMIERE VAGUE REVOLUTIONNAIRE
DU PROLETARIAT MONDIAL

En ponctuant l'entrée du capitalisme dans sa phase de décadence, la première guerre mondiale indique que les conditions objectives de la révolution prolétarienne sont mûres.

La vague révolutionnaire qui, en réponse à la guerre et à ses séquelles, surgit et se répand en Russie et en Europe, marque de son empreinte les deux Amériques et se répercute comme un écho, jusqu'en Chine, constitue donc la première tentative du prolétariat mondial d'accomplir sa tâche historique de destruction du capitalisme. Au plus fort de sa lutte entre1917 et 1923, le prolétariat se saisit du pouvoir en Russie, se lance dans des insurrections de masses en Allemagne et secoue jusque dans ses fondements l'Italie, la Hongrie et. l'Autriche. Bien que moins puissamment, il ne s'en manifeste pas moins et de façon acharnée, dans le reste du monde, comme par exemple en Espagne, en Grande-Bretagne, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Finalement, l'échec tragique de cette vague révolutionnaire est ponctué en 1927 par l'écrasement de l'insurrection prolétarienne en Chine, à Shanghai et à Canton, qui vient conclure une longue série de combats et de défaites de la classe au niveau international. C'est pour cela que la Révolution d'Octobre 17 en Russie ne peut se comprendre que comme une des manifestations les plus importantes de cet immense mouvement de la classe, et non comme une "révolution bourgeoise", "capitaliste d'Etat", "double", ou encore "permanente", imposant au prolétariat l'accomplissement de tâches "démocratiques" à la place d'une bourgeoisie incapable de les assumer.

C'est également à l'intérieur de cette vague révolutionnaire que s'inscrit la création, en 1919, de la Troisième Internationale (Internationale Communiste) qui rompt organisationnellement et politiquement avec les partis de la seconde dont la participation à la guerre impérialiste a signé le passage dans le camp de la bourgeoisie. Le Parti Bolchevik, partie intégrante de la Gauche révolutionnaire qui s'est dégagée de la 2ème Internationale, par ses positions politiques claires condensées dans les mots d'ordre "transformation de la guerre impérialiste en guerre civile !", "destruction de l'Etat bourgeois !" et "Tout le pouvoir aux soviets" ainsi que par sa participation décisive à la création de la Troisième Internationale apporte une contribution fondamentale au processus révolutionnaire et constitue, à ce moment, une authentique avant-garde du prolétariat mondial.

Toutefois, si la dégénérescence tant de la révolution en Russie que de la 3ème Internationale a été essentiellement la conséquence de l'écrasement des tentatives révolutionnaires dans d'autres pays et de l'épuisement général de la vague révolutionnaire, il faut également prendre en considération le rôle joué par le parti Bolchevik, parce que pièce maîtresse de l'Internationale communiste du fait de la faiblesse des autres partis, dans ce processus de dégénérescence et dans les échecs internationaux du prolétariat. Avec, pour exemples, l'écrasement du soulèvement de Kronstadt, la mise en avant, contre la gauche de la 3ème Internationale, des politiques de "conquête des syndicats", de "parlementarisme révolutionnaire" et de "front unique", son influence et sa responsabilité dans la liquidation de la vague révolutionnaire ont été à la mesure de celles qu'il avait assumées dans le développement de cette vague.

En Russie même, la contre-révolution ne venait pas seulement "de l'extérieur" mais aussi "de l'intérieur" et en particulier des structures de l'Etat mises en place par le Parti Bolchevik devenu parti étatique. Ce qui, pendant Octobre I9I7, ne constituait que des erreurs graves mais s'expliquant aussi bien par l'immaturité du prolétariat en Russie que par celle du mouvement ouvrier mondial face au changement de période, devait, dès lors, servir de paravent et justification idéologique de la contre-révolution, et agir comme facteur important de celle-ci. Cependant, le déclin de la vague révolutionnaire du premier après-guerre comme de la révolution en Russie, la dégénérescence de la 3ème Internationale comme du parti Bolchevik et le rôle contre-révolutionnaire finalement joué par ce dernier à partir d'un certain moment, ne peuvent être compris qu'en considérant cette vague révolutionnaire et la 3ème Internationale, y inclus leur composante en Russie, comme d'authentiques manifestations du mouvement prolétarien, toute autre interprétation constituant un facteur considérable de confusion et interdisant aux courants qui la défendent un réel accomplissement des tâches révolutionnaires.

Même si, et d'autant plus qu'il ne subsiste aucun "acquis matériel" de ces expériences de la classe, ce n'est qu'à partir de cette compréhension de leur nature qu'on peut et doit dégager leurs acquis théoriques réels, d'une importance considérable. En particulier, seul exemple historique de prise de pouvoir politique par le prolétariat (hormis la tentative éphémère et désespérée de la Commune en 1871 et les expériences avortées de Bavière et de Hongrie en1919), la Révolution d'Octobre 17 a apporté des enseignements précieux dans la compréhension de deux problèmes cruciaux de la lutte prolétarienne : le contenu de la révolution et la nature de l'organisation des révolutionnaires.

15 - LA DICTATURE DU PROLETARIAT

La prise du pouvoir politique par le prolétariat à l'échelle mondiale, condition préliminaire et première étape de la transformation révolutionnaire de la société capitaliste, signifie, en premier lieu, la destruction de fond en comble de l'appareil d'Etat bourgeois.

En effet, comme c'est sur celui-ci que la bourgeoisie assoit la perpétuation de sa domination sur la société, de ses privilèges, de l'exploitation des autres classes et, particulièrement de la classe ouvrière, cet organe est nécessairement adapté à cette fonction et ne peut convenir à cette dernière classe qui n'a aucun privilège ni exploitation à préserver. En d'autres termes, il n'existe pas de "voie pacifique vers le socialisme" : à la violence de classe minoritaire et exploiteuse exercée ouvertement ou hypocritement, mais de façon de plus en plus systématique par la bourgeoisie, le prolétariat ne peut qu'opposer sa propre violence révolutionnaire de classe.

Levier de la transformation économique de la société, la dictature du prolétariat, c'est-à-dire l'exercice exclusif du pouvoir politique par celui-ci, aura pour tâche fondamentale d'exproprier la classe exploiteuse en socialisant ses moyens de production et d'étendre progressivement le secteur socialisé à l'ensemble des activités productives. Fort de son pouvoir politique, le prolétariat devra s'attaquer à l'économie politique bourgeoise en menant une politique économique dans le sens de l'abolition du salariat et de la production marchande, dans celui de la satisfaction des besoins de l'Humanité.

Pendant cette période de transition du capitalisme au Communisme, il subsiste des classes et couches sociales non-exploiteuses autres que le prolétariat et qui assoient leur existence sur le secteur non socialisé de l'économie. De ce fait, la lutte de classe se maintient comme manifestation d'intérêts économiques contradictoires au sein de la société. Celle-ci fait donc surgir un Etat destiné à empêcher que ces conflits ne conduisent à son déchirement. Mais avec la disparition progressive de ces classes sociales par l'intégration de leurs membres dans le secteur socialisé, donc avec l'abolition de toute classe sociale, l'Etat lui-même sera appelé à disparaître.

La forme revêtue par la dictature du prolétariat sera celle des Conseils Ouvriers, assemblées unitaires et centralisées à l'échelle de la classe, avec délégués élus et révocables, permettant l'exercice effectif, collectif et indivisible du pouvoir par l'ensemble de celle-ci. Ces Conseils devront avoir le monopole du contrôle des armes comme garant du pouvoir politique exclusif de la classe ouvrière.

C'est la classe ouvrière dans son ensemble qui seule peut exercer le pouvoir dans le sens de la transformation communiste de la société : contrairement aux autres classes révolutionnaires du passé, elle ne peut donc déléguer son pouvoir à une quelconque institution ou minorité y compris la minorité des révolutionnaires elle-même. Ceux-ci agissent au sein des Conseils mais leur organisation ne peut se substituer à l'organisation unitaire de la classe dans l'accomplissement de la tâche historique de celle-ci.

De même, l'expérience de la révolution russe a fait apparaître la complexité et la gravité du problème posé par les rapports entre la classe et l'Etat de la période de transition. Dans la période qui vient, le prolétariat et les révolutionnaires ne pourront pas esquiver ce problème, mais se devront d'y consacrer tous les efforts nécessaires pour le résoudre.

La dictature du prolétariat implique l'absolue soustraction de celui-ci à toute soumission, en tant que classe, à des forces extérieures ainsi qu'à tout établissement de rapports de violence en son sein. Dans la période de transition, le prolétariat est la seule classe révolutionnaire de la société, sa conscience et sa cohésion, ainsi que son action autonome, sont les garanties essentielles de l'issue communiste de sa dictature.


16- L'ORGANISATION DES REVOLUTIONNAIRES


a - Organisation et conscience de classe

Toute classe luttant contre l'ordre social de son époque, ne peut le faire efficacement qu'en donnant à sa lutte une forme organisée et consciente. Ceci était déjà valable, quelque puisse être le degré d'imperfection et d'aliénation de leurs formes d'organisation et de conscience, pour les couches comme la paysannerie ou celle des esclaves qui ne portaient pas en elles le devenir social. Mais cette nécessité s'applique encore plus aux classes historiques porteuses des nouveaux rapports de production rendus nécessaires par l'évolution de la société. Le prolétariat est, parmi celles-ci, la seule. classe qui ne dispose, dans l'ancienne société, d'aucun pouvoir économique prélude à sa future domination. De ce fait, l'organisation et la conscience sont des facteurs encore bien plus décisifs de sa lutte.

La forme d'organisation que se donne la classe dans sa lutte révolutionnaire et pour l'exercice de son pouvoir politique est celle des Conseils Ouvriers. Mais si c'est l'ensemble de la classe qui est le sujet de la révolution et qui se regroupe donc dans ces organes au moment de celle-ci, cela n'en signifie pas pour autant que le processus de sa prise de conscience soit simultané et homogène.

La conscience de la classe se forge à travers ses luttes, elle se fraye un chemin difficile à travers ses succès et ses défaites. Elle doit faire face aux divisions et aux différences catégorielles ou nationales qui constituent le cadre "naturel" de la société et que le capitalisme a intérêt à maintenir au sein de la classe.

b - Les révolutionnaires et leur fonction

Les révolutionnaires sont les éléments de la classe qui, à travers ce processus hétérogène, se hissent les premiers à une "intelligence nette des conditions de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien" (Manifeste Communiste) et, comme dans la société capitaliste, "les idées dominantes sont les idées de la classe dominante", ils constituent forcément une minorité de la classe.

Sécrétion de la classe, manifestation du processus de sa prise de conscience, les révolutionnaires ne peuvent exister comme tels qu'en s'organisant et devenant facteur actif de ce processus. Pour accomplir cette tâche et de façon indissociable, l'organisation des révolutionnaires :
- participe à toutes les luttes de la classe dans lesquelles ses membres se distinguent comme les éléments les plus déterminés et combatifs.
- y intervient en mettant toujours au premier plan les intérêts généraux de la classe et les buts finaux du mouvement.
- pour cette intervention, et comme partie intégrante de celle-ci, elle se consacre de façon permanente au travail de réflexion et d'élaboration théorique, travail qui seul permet que son activité générale s'appuie sur toute l'expérience passée de la classe et sur ses perspectives d'avenir ainsi dégagées.

c - Les rapports entre la classe et l'organisation des révolutionnaires

Si l'organisation générale de la classe et l'organisation des révolutionnaires participent d'un même mouvement, ce n'en sont pas moins deux choses distinctes.

La première, l'organisation des Conseils, regroupe l'ensemble de la classe : le seul critère d'appartenance est d'être un travailleur.
La seconde, par contre, ne regroupe que des éléments révolutionnaires de la classe. Le critère d'appartenance est , non plus sociologique, mais politique : l'accord sur le programme et 1'engagement de le défendre. En ce sens, peuvent faire partie de l'avant-garde de la classe des individus qui n'en font pas partie sociologiquement mais qui, rompant avec leur classe d'origine, font leurs les intérêts historiques du prolétariat.

Cependant, si la classe et l'organisation de son avant-garde sont deux choses bien distinctes, elles ne sont pas pour cela séparées, extérieures l'une à l'autre ou même opposées comme le prétendent les courants "léninistes" et, d'autre part, les courants conseillistes-ouvriéristes.

Ce que ces deux conceptions veulent ignorer, c'est que, loin de s'affronter, ou de s'opposer, ces deux éléments - la classe et les révolutionnaires - sont en fait complémentaires dans un rapport de tout et de partie du tout. Entre la première et les seconds, il ne peut jamais exister de rapports de force puisque "les communistes n'ont point d'intérêt qui les sépare du prolétariat en général" (Manifeste Communiste).

Comme partie de la classe, les révolutionnaires ne peuvent, à aucun moment, se substituer à celle-ci, ni dans ses luttes au sein du capitalisme ni, à plus forte raison, dans le renversement de celui-ci ou dans l'exercice du pouvoir, contrairement à ce qui prévalait pour les autres classes historiques, l'œuvre que doit mener à bien le prolétariat ne se suffit pas de la conscience d'une minorité aussi éclairée soit-elle, mais exige la participation constante et une activité créatrice de tout instant de la classe dans son ensemble.

La conscience généralisée est la seule garantie de victoire de la révolution prolétarienne et, comme elle est essentiellement le fruit de l'expérience pratique, l'activité de l'ensemble de la classe est irremplaçable. En particulier, l'usage que la classe doit nécessairement faire de la violence ne peut être une activité séparée du mouvement général de la classe. En ce sens, le terrorisme individuel ou de groupes isolés, est absolument étranger aux méthodes de la classe et constitue au mieux une manifestation de désespoir petit-bourgeois quand il n'est pas simplement une méthode cynique de lutte de fractions de la bourgeoisie entre elles. Quand il apparaît à l'intérieur de la lutte prolétarienne, il exprime des influences extérieures à la lutte et ne peut qu'affaiblir les bases mêmes du développement de la conscience de la classe.
L'auto-organisation des luttes de la classe et l'exercice du pouvoir par elle-même n'est pas une des voies vers le communisme qu'on pourrait mettre en balance avec d'autres, C'EST L'UNIQUE V0IE.
L'organisation des révolutionnaires (dont la forme la plus avancée est le parti) est un organe nécessaire que la classe se donne pour le développement de la prise de conscience de son devenir historique et pour l'orientation politique de son combat vers ce devenir. De ce fait l'existence du parti et son activité constituent une condition indispensable pour la victoire finale du prolétariat.

d - L'autonomie de la classe ouvrière

Cependant, le concept d'"autonomie de la classe" tel qu'il est compris par les courants ouvriéristes et anarchistes, et qu'ils opposent aux conceptions substitutionnistes, acquiert chez eux, un sens réactionnaire et petit-bourgeois. Outre que "l'autonomie" se réduit bien souvent chez eux à leur propre autonomie de petite secte prétendant représenter la classe ouvrière au même titre que les courants substitutionnistes qu'ils dénoncent, leur conception comporte deux aspects principaux :
- le rejet de la part des travailleurs des partis et organisations politiques quels qu'ils soient.
- l'autonomie de chaque fraction de la classe ouvrière (usines, quartiers, régions, nations, etc...) par rapport aux autres : le fédéralisme.

Actuellement de telles notions sont, dans le meilleur des cas, une réaction primaire contre le bureaucratisme stalinien et le développement du totalitarisme étatique et, dans le pire, l'expression politique de l'isolement et de la division propre à la petite bourgeoisie. Mais dans les deux cas, elles traduisent l'incompréhension totale de trois aspects fondamentaux de la lutte révolutionnaire du prolétariat :
- l'importance et la priorité des tâches politiques de la classe (destruction de l'Etat capitaliste, dictature mondiale du prolétariat).
- l'importance et le caractère indispensable de l'organisation des révolutionnaires au sein de la classe.
- le caractère unitaire, centralisé et mondial de la lutte révolutionnaire de la classe.

Pour nous, marxistes, l'autonomie de la classe signifie son indépendance par rapport aux autres classes de la société. Cette autonomie constitue une CONDITION INDISPENSABLE pour l'action révolutionnaire de la classe dans la mesure où le prolétariat est aujourd'hui la seule classe révolutionnaire. Elle se manifeste tant sur le plan organisationnel (organisation des Conseils) que sur les plans politiques et programmatiques et donc, contrairement à ce que pensent les courants ouvriéristes, en étroite liaison avec son avant-garde communiste.


e - L'organisation des révolutionnaires
dans les différents moments de la lutte de classe

Si l'organisation générale de la classe et l'organisation des révolutionnaires sont deux choses différentes quant à leur fonction, elles le sont également quant aux circonstances de leur apparition. Les conseils n'apparaissent que dans les périodes d'affrontement révolutionnaire, quand toutes les luttes de la classe tendent vers la prise du pouvoir. Par contre, l'effort de prise de conscience de la classe existe constamment depuis ses origines et existera jusqu'à sa disparition dans la société communiste. C'est en ce sens qu'il existe en toutes périodes des minorités révolutionnaires comme expression de cet effort constant. Mais l'ampleur, l'influence, le type d'activité et le mode d'organisation de ces minorités sont étroitement liés aux conditions de la lutte de classe.

Dans les périodes d'activité intense de la classe, ces minorités ont une influence directe sur le cours pratique de cette activité, on peut alors parler de parti pour désigner l'organisation de cette avant-garde. Par contre, dans les périodes de recul, ou de creux de la lutte de classe, les révolutionnaires n'ont plus une influence directe sur le cours immédiat de l'Histoire. Seules peuvent subsister des organisations à la taille beaucoup plus réduite dont la fonction se saurait plus être d'influencer le mouvement immédiat, mais d'y résister, ce qui les conduit à lutter à contre-courant d'une classe paralysée et entraînée par la bourgeoisie sur son terrain (collaboration de classe, "union sacrée", "résistance", "antifascisme", etc.,..). Leur tâche essentielle consiste alors, en tirant les leçons des expériences antérieures, à préparer le cadre théorique et programmatique du futur parti prolétarien qui devra nécessairement resurgir dans la prochaine montée de la classe. D'une certaine façon, ces groupes et fractions qui, au moment du recul de la lutte se sont dégagés du parti en dégénérescence ou lui ont sur vécu, ont pour rôle de constituer le pont politique et organisationnel jusqu'à son prochain resurgissement.


f - Le mode d'organisation des révolutionnaires

La nature nécessairement mondiale et centralisée de la révolution prolétarienne confère au parti de la classe ouvrière ce même caractère mondial et centralisé, et les fractions ou groupes qui travaillent à sa reconstitution tendent nécessairement vers une centralisation mondiale. Celle-ci se concrétise par l'existence d'organes centraux investis de responsabilités politiques entre chacun des congrès devant lesquels ils sont responsables.
La structure que se donne l'organisation des révolutionnaires doit tenir compte de deux nécessités fondamentales :
- permettre le plein développement de la conscience révolutionnaire en son sein et donc de la discussion la plus large et approfondie de toutes les questions et désaccords qui surgissent dans une organisation non monolithique.
- assurer, en même temps, sa cohésion et son unité d'action, en particulier par l'application, par toutes les parties de l'organisation, des décisions adoptées majoritairement.

De même, les rapports qui se nouent entre les différentes parties et différents militants de l'organisation portent nécessairement les stigmates de la société capitaliste et, ne peuvent donc constituer un îlot de rapports communistes au sein de celle-ci. Néanmoins, ils ne peuvent être en contradiction flagrante avec le but poursuivi par les révolutionnaires et ils s'appuient nécessairement sur une solidarité et une confiance mutuelle qui sont une des marques de l'appartenance de l'organisation à la classe porteuse du communisme.

NOTES :

(1) L'effondrement du bloc de l'Est et des régimes staliniens a balayé cette mystification des pays dits "socialistes" qui fut pendant un demi-siècle le fer de lance de la plus terrible contre-révolution de l'histoire. Néanmoins, la bourgeoisie "démocratique", en déchaînant ses campagnes à répétition sur la prétendue "faillite du communisme", continue à perpétuer le plus grand mensonge de l'histoire : l'identification du stalinisme au communisme. Les partis de gauche et d'extrême gauche du capital qui avaient soutenu (même de façon critique) les pays dits "socialistes", sont aujourd'hui contraints de s'adapter aux nouvelles données de la situation mondiale. Pour pouvoir continuer à mystifier et encadrer le prolétariat, ils s'efforcent de faire oublier leur soutien au stalinisme, quitte à falsifier eux-mêmes leur propre passé.

(2) Depuis l'effondrement du bloc de l'Est à la fin des années 1980 et la dislocation du bloc occidental qui s'en est suivie, les luttes de libération nationale ont cessé de constituer une mystification derrière laquelle les fractions de gauche et d'extrême gauche du capital ont tenté d'entraîner des fractions du prolétariat dans le soutien d'un camp impérialiste contre un autre. Néanmoins, si dans les pays centraux du capitalisme, le mythe de la "libération nationale" s'est épuisé avec l'effondrement du bloc impérialiste russe, il reste toujours vivace dans certaines régions périphériques du monde et peut encore servir à embrigader les prolétaires de ces pays dans des massacres (comme dans les républiques du Caucase ou dans les territoires occupés par Israël, par exemple).

(3) Cette mystification qui avait trouvé son point culminant avec l'expérience "autogestionnaire" et la défaite des ouvriers de LIP en 1974-75 en France, s'est aujourd'hui épuisée. Cependant, il n'est pas à exclure qu'elle connaisse dans le futur un certain regain avec le renouveau de l'anarchisme. En effet, dans les luttes de 1936 en Espagne, ce sont les courants anarchistes et anarcho-syndicalistes qui avaient été les porte-drapeaux du mythe de l'autogestion, présentée comme une mesure économique "révolutionnaire".
 
  Prolo  
    T^te fermée 2013-03-19 14:43    
  Avec quantité de lignes écrites on ne peut pas convaincre automatiquement.
Alors si tu veux quantité j'ai trouvé cet article du m^me Raveli pour t'ouvrir un peu le cerveau. Si possible.
 http://www.indybay.org/newsitems/2009/06/20/18603003.php?show_comments=1

Ton discours est très vieux.
 
  A  
    Un autre de K. R. qui t'ouvre le coco, peut^tre... 2013-03-19 14:48    
  Ici m^me:  http://switzerland.indymedia.org/frmix/2011/11/84528.shtml  
  A  
    Contre le nationalisme 2013-03-19 17:52    
  Le nationalisme est une idéologie bourgeoise qui participe, sous toutes ses formes, du capitalisme, qu'il soit libéral ou d'Etat.

Le marxisme c'est toujours opposé au nationalisme et à l'Etat-Nation. Il suffit de lire les écrits de Marx et Engels sur la Commune de Paris par exemple. Idem avec les positions très claires de Rosa Luxemburg sur le sujet in "L'État-nation et le prolétariat" :  http://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1908/00/lux_19080000.htm

Le nationalisme, par son caractère identitaire et national, représente ce qu'il y a de plus ringard, de plus réactionnaire chez l'homme lorsqu'il se positionne et s'arqueboute sur des principes communautaristes, étatistes, étriqués et contre-révolutionnaires. Le nationalisme est l'archétype même du sectarisme, de la haine de l'autre, de la xénophobie, voire du racisme. Du fascisme au stalinisme, du patriotisme à l'ethnodifférencialisme, voici là tous les traits lamentables et bourgeois du nationalisme et son besoin de frontières et drapeaux identitaires à la solde du Capital.

LES PROLETAIRES N'ONT PAS DE PATRIE ! NO BORDER !
 
  Prolo  
    Assez de politique nationaliste espagnole anti-basque! 2013-03-19 19:31    
  C'est de culture que nous devons parler.
La Korrika c'est un phénomène culturel, avant tout!
Comme le bertsolarisme:  http://vimeo.com/9355066
 
  basksekret  
    Trop de blablabla, des fois c'est typique... 2013-03-19 22:45    
   http://www.facebook.com/photo.php?v=4660418877211  
  X  
    Un discours nationaliste connu depuis longtemps 2013-03-20 09:26    
  Le discours d'Andrea est avant tout un appel à la collaboration de classe. Il a toujours été celui de la bourgeoisie lors de tous les conflits depuis un siècle : il faut défendre notre culture, nos valeurs, notre langue et autres conneries.

Dans un monde divisé en classes, l'idéologie dominante est celle de la classe dominante. C'est une réalité qui fait que l'État et la nation, c'est kif-kif. La nation a toujours été un concept bourgeois, c'est celui du développement de toutes les bourgeoisies nationales. La nation qui ne soit pas rivale de ses voisines, ça n'existe pas.

Il est d'ailleurs parlant qu'Andrea nous parle de « peuple » - concept aussi utilisé par les staliniens, effectivement - et pas de classes sociales. Les « peuples », qu'est-ce que c'est ? C'est un agglomérat de classes sociales toutes antagoniques et qui partagent la « culture » d'une bourgeoisie nationale. Rien d'autre. Ça explique d'ailleurs la difficulté pour une bourgeoisie nationale à accepter les différences de langues et de cultures sur son propre territoire, la France en sait quelque chose.

Par conséquent, la « culture » de la bourgeoisie est essentiellement l'appel à la défense des exploiteurs. Le prolétariat a payé très cher au XXe siècle la défense de la « culture » bourgeoise, culture aliénée par essence et dont le but est de diviser les exploités. Le « droit à l'autodétermination » n'a jamais été une revendication marxiste, jamais été autre chose que le « droit » pour une bourgeoisie nationale d'exploiter « ses » prolétaires sans avoir de compte à rendre à une autre bourgeoisie. Le « droit à l'autodétermination » a été combattu par Rosa Luxemburg, par toute la Gauche communiste dans la Troisième Internationale, et même par Marx qui n'a jamais rien défendu de tel.

En quoi la « libre autodétermination de chaque nation » serait un outil de l'émancipation prolétarienne, voilà bien quelque chose de non-démontré par Andrea. Et tant qu'on parle d'histoire, Andrea sait-il combien les prolétaires finlandais ont payé l'autodétermination de la Finlande par les Bolcheviks en 1918/19 ? Peut-il nous rappeler ce qu'a coûté au prolétariat ukrainien la création d'un État indépendant ukrainien ? La bourgeoisie, elle, a parfaitement exploité cette faiblesse des Bolcheviks et l'a fait payer très cher aux ouvriers.

Quant au Kurdistan, pour paraphraser Trotsky, il n'est malheureusement que l'objet de transactions impérialistes sordides entre États, il n'en a jamais été le sujet. Et qu'auraient bien pu gagner les ouvriers kurdes - pas bien nombreux malgré tout - à avoir leur propre bourgeoisie au pouvoir ? Quel bilan Andrea peut-il faire, par exemple, de l'indépendance des anciennes colonies ? Pour les exploités, ça n'a RIEN changé, et même peut-on dire c'est pire : ils se sont fait berner à l'époque de l'indépendance par le nationalisme de « leurs » bourgeois et commencent seulement aujourd'hui à s'en relever, comme les « printemps arabes » le montrent. Qu'est-ce que les exploités juifs ont gagné à la création d'Israël ? Qu'est-ce que les prolétaires palestiniens vont bien pouvoir gagner à l'indépendance de la Palestine, en pleine crise militaire et économique de cette région ?

La réponse se trouve dans la question…
 
  Vieux Sympathisant de la GC internationaliste  
    Un loup qui bêle? 2013-03-20 15:36    
  Ça c'est un exemple classique d'utilisation d'une terminologie apparemment marxiste pour défendre les États-nation colonialistes, ceux qui oppriment et exploitent d'autres peuples ou nations à partir d'une ethnie dominante:

les franciliens en France,
les castillans en Espagne,
les russes dans la URSS,
les wolof dans le Sénégal,
les serbes en Yougoslavie,
les han en Chine,
la liste est très longue... avec la solidarité pseudo-marxiste réactionnaire de tous ceux qui, derrière des raisons soi de droite que « de gauche » (en apparence, comme dans ce cas) nient l’oppression par des seigneuries capitalistes ou de tout gendre de centaines de peuples dans tous les continents, c'est à dire de beaucoup de cultures, langues et traditions.
Naturellement, toujours dans l'intérêt des classe dominantes dans chacun de ces États-nation, ça va de soi.

Opposer la lutte de classe aux luttes d'autodétermination, tout le contraire de ce que fit Lénine dans le cas de l'État-nation zariste, par exemple, ou Mao Tsetoung, Ho Chi Min, Guevara, Fanon, Cabral Fidel et tous les grands révolutionnaires dans des conditions d’oppression nationales, c'est seulement dans l'intérêt des Grands patrons des États-nation impérialistes du capitalisme.

D'autre coté, ce pseudo-gauchiste utilise les mots de « nation » et de « peuple » justement dans le sens que les pouvoirs colonialistes, impérialistes, capitalistes et fascistes veulent que tout le monde emploie. Voilà !
Tout le monde peut parler de « peuple suisse », sans pour cela vouloir reproduire ou nier nécessairement ce sens interclassiste que tout le monde ou presque connaît très bien, manipulateur !
C'est justement l'étique de chaque discours, comme celui de cet réactionnaire, qui détermine le contenu des concepts et paroles.
Dans ce cas, c'est tout simplement un discours de la part de la lutte de classe... des capitaliste contre les prolétariats de la plus parte du monde !!!
 
  Jeune sympathisant d'autre chose  
    Au « jeune sympathisant » du stalinisme 2013-03-20 18:52    
  Que Lénine ait fait la bêtise d'accorder « l'autodétermination » aux Finlandais et aux Ukrainiens, ces deux fractions du prolétariat mondial l'ont payé très cher, je le répète. On peut nier l'histoire, mais comme le disait Vladimir Illitch, « les faits sont têtus ».

Quant à la clique de staliniens cités dans le commentaire précédent, « Mao Tse toung, Ho Chi Min, Guevara, Fanon, Cabral Fidel », ils n'ont JAMAIS été révolutionnaires, aucun d'entre eux ! Ce sont des staliniens nationalistes, défenseurs du capitalisme d'État russe ou chinois, et les produits de la pire contre-révolution de l'histoire, celle qui a mené à l'assassinat de tous les véritables révolutionnaires comme Trotsky et bien d'autres. Cette bande d'assassins s'est parée de l'aura de la Révolution russe, mais c'est après l'avoir clairement assassinée ; tous, ils ont augmenté l'exploitation de la classe ouvrière - souvenons-nous du stakhanovisme -, ils ont construit leur pouvoir sur des monceaux de cadavres, ils ont défendu le nationalisme et le militarisme le plus puant. La révolution n'a rien à voir avec ça !

Donc, la lutte de classe, je l'espère, aura la peau du nationalisme et de tous les nationalistes, quels qu'ils soient. La nation, c'est la division du prolétariat, et la force de la classe ouvrière est son unité, son unité internationale, contre toutes les frontières et barrières nationales, culturelles, linguistiques, que la bourgeoisie érige constamment pour la diviser.
 
  Vieux Sympathisant de la GC internationaliste  
    Driiiiinnn 2013-03-20 21:17    
  La liberté a toutes les couleurs!

 http://www.youtube.com/watch?v=4ZxMUfeCmLI




 
  Joie contre tristesse d'un momie pseudorouge  
    Soyons sérieux! 2013-03-20 22:46    
  Soyons sérieux!

Au Pays Basque (Euskal Herria) ceux qui luttent ou travaillent dignement pour la liberté du pays, donc pour l’indépendance de la France et de l'Espagne, ou bien pour le droit d'autodétermination (ou tout simplement pour la culture) ce n'est pas la bourgeoisie, avec ses partis néo-fascistes (PP espagnol, qui existe aussi) ou de droite comme l'UDF, ou « démocrates-chrétiens » comme le PNV, le parti nationaliste basque.

C'est de gents de gauche (à part les espagnols et français du pays, qu'on appelle « colonialistes » comme le PSE et le PSF).
Et dans la gauche basque il y a des social-démocrates (comme Sortu ou EH Bildu), des socialistes (Eusko Lurra, ANV, etc.), des communistes (Pintxogorria, Boltxevike, EHK, etc.) et aussi des libertaires (Anarkerria, etc.), etc.

Ce qu'on vient d'écrire ici contre les basques soi-disant nationalistes, c'est de la propagande clairement nationaliste franco-espagnole, vêtue de gauche pour la besogne.
Même l' ETA, qui vient de déposer les armes, se déclare socialiste révolutionnaire. Alors, s'il vous plait les ignorants de G.C, jeunes ou vieux, vous faites le plus grand ridicule avec votre faux marxisme, tout juste bon pour nettoyer des bottes néo-colonialistes, europe-style but sous-made in the Schweiz.
 
  Guillaume, Tel des Pyrénées..  
    Un commentaire caractéristique… 2013-03-20 23:10    
  Pour venir dire que je suis un faux marxiste, il faudrait faire une démonstration un peu plus élaborée ! Et avoir quelques connaissances sur la question, aussi…

L'ETA n'est qu'un gang de bourgeois nationalistes, dont la seule revendication est de pouvoir exploiter « ses » ouvriers basques sans avoir à rendre de comptes à l'État espagnol ou français, et dont les mœurs politiques sont le racket et l'usage de la violence individuelle, qui sont et ont toujours été des moyens de la bourgeoisie. Cette bande de bourgeois nationalistes peut bien se déclarer « socialiste révolutionnaire », elle n'a jamais été ni l'un ni l'autre ; jamais l'ETA n'a réclamé la destruction de l'État, la suppression du salariat, du profit, du capital, de la loi de la valeur ; jamais il n'a réclamé la destruction de l'armée, de la police, de la propriété privée. Cette caractérisation est donc un mensonge patent.

Donc, effectivement, soyons sérieux : le programme communiste - pas celui des staliniens du PCF, qui n'ont jamais eu de communistes que le nom - n'est pas celui de l'ETA, ni des indépendantistes basques quels qu'ils soient. Et tout le commentaire précédent qui vise à amalgamer « colonialistes » espagnols et français avec les révolutionnaires internationalistes, est une crapulerie digne des staliniens de la grande époque.

Ce qui n'a rien d'étonnant : tous les nationalistes sont des bourgeois, c'est justement le caractère premier et fondamental de leur idéologie. Ils ont donc tous les mêmes pratiques politiques, celles de leur classe.
 
  VSGCI  
    Voilà 2013-03-21 00:56    
 
C'est toujours plus clair.
Celui-là c'est le langage de l'ambassade "royale" espagnole.
Plus rien a dire, les « communistes ».
 
  GTP  
    Lenin 2013-03-21 01:42    
  "Le droit des nations à disposer d'elles-mêmes signifie exclusivement leur droit à l'indépendance politique, à la libre séparation politique d'avec la nation qui les opprime. Concrètement, cette revendication de la démocratie politique signifie l'entière liberté de propagande en faveur de la séparation et la solution de ce problème par la voie d'un référendum au sein de la nation qui se sépare. Ainsi, cette revendication (…) n'est que l'expression conséquente de la lutte contre toute oppression nationale. Plus le régime démocratique d'un Etat est proche de l'entière liberté de séparation, plus seront rares et faibles, en pratique, les tendances à la séparation."  
  Information  
    Les communistes sont contre la nation ! 2013-03-21 08:41    
  C'est bien de donner une information. Ce serait encore mieux de dire d'où elle sort.

Quant au commentaire du dénommé GTP, ce n'est pas parce que l'État espagnol dit quelque chose que c'est nécessairement faux ; l'ETA est un gang de bourgeois aussi sanguinaires et exploiteurs que ses ennemis de l'État madrilène.

Mais dès qu'il a trouvé un texte de l'État capitaliste espagnol qui réclame la suppression de l'État et de la propriété privée, la fin du profit et de l'accumulation du capital, la disparition des frontières et des armées, il me fait signe : je serais très curieux de lire cela.
 
  VSGCI  
    Mois aussi, mon chouchou, je suis contre! 2013-03-21 16:14    
  T'a bien raison!
 http://3.bp.blogspot.com/_eAD0zar5MV0/TAU-CTpi4lI/AAAAAAAAAAw/RiadYxRcnvA/s1600/GROS+communiste+Cacheur.jpg
 
  Crions hourra!  
    Et moi alors? 2013-03-21 16:17    
   http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/article/illustrations/article/2012/06/0106-FALCO-wm.jpg
 
  M. Bonrouge  
    Le terrorisme est de caractère bourgeois 2013-03-21 16:45    
  De façon générale, le terrorisme se définit comme l’action violente de petites minorités en révolte contre la domination écrasante de l’ordre social existant et de son État. Ce n’eut pas un phénomène nouveau dans l’histoire. Ainsi, à la fin du 19e siècle, les populistes russes avaient fait du terrorisme un instrument de premier plan de leur combat contre la domination du tsarisme. Peu après, dans des pays comme la France et l’Espagne par exemple, il avait été repris à leur compte par certains secteurs de l’anarchisme. Tout au long du 20e siècle, le terrorisme a continué à se développer et a notamment accompagné de façon assez fréquente les mouvements d’indépendance nationale, comme on a pu le voir avec l’IRA irlandaise, I’ETA du Pays basque, le FLN pendant la guerre d’Algérie, l’OLP palestinienne, etc. Il a même été utilisé au lendemain de la seconde guerre mondiale par certains secteurs du mouvement sioniste en vue de la constitution de l’État d’Israël (Menahem Begin, un des plus célèbres premiers ministres d’Israël -et signataire des accords de Camp David en 1979- avait été dans sa jeunesse un des fondateurs de l’Irgoun, groupe terroriste juif qui s’était illustré par ses attentats contre les anglais).

Ainsi, le terrorisme, non seulement a pu se présenter (surtout à la fin du 19e et au début du 20e siècle) comme un moyen de la lutte des opprimés contre la domination de l’État, mais il a constitué (principalement au 20e siècle) un instrument de premier choix de certains mouvements nationalistes en vue de la constitution de nouveaux États. Il est clair qu’il ne peut rien exister de commun entre ces dernières formes de terrorisme et la lutte du prolétariat puisque celle-ci, qui est par essence internationaliste, n’a pas pour vocation de participer à la création de ces institutions bourgeoises que sont les États nationaux.

En réalité ce terrain de la violence et de la lutte armée minoritaire, n’est pas celui de la classe ouvrière. C’est celui de la petite bourgeoisie désespérée, c’est-à-dire d’une classe sans devenir historique qui ne peut jamais s’élever à des actions de masse et qui est l’émanation de volontés individuelles et non de l’action généralisée d’une classe révolutionnaire. En ce sens, le terrorisme ne peut rester que sur un plan individualiste. “Son action n’est plus dirigée contre la société capitaliste et ses institutions, mais seulement contre des individualités (ou des symboles, telles les Tours jumelles, symbole de la puissance économique des États-Unis) représentatives de cette société. Il prend donc inévitablement l’aspect d’un règlement de compte, d’une vengeance, d’une vendetta, de personne à personne et non celui d’un affronte ment révolutionnaire de classe contre classe. D’une façon générale, le terrorisme tourne le dos à la révolution qui ne peut être que l’oeuvre d’une classe déterminée, engageant de larges mas ses dans une lutte ouverte et frontale contre l’ordre existant et pour la transformation sociale".

Ainsi, le prolétariat ne peut jamais développer sa lutte contre le capitalisme à travers les méthodes conspiratives et individualistes propres au terrorisme. Le terrorisme, comme pratique, reflète parfaitement son contenu: quand il n’est pas un instrument de certains secteurs de la bourgeoisie elle-même, il est l’émanation des couches petites-bourgeoises. Il est la pratique stérile des couches sociales impuissantes et sans devenir.

CCI
 
  Prolo  
    ... 2013-03-21 22:25    
  je rêve ou les arguments et les sarcasmes impuissants s'accumulent à leurs pôles respectifs?  
  menele  
    Entre Rêves et Languages. 2013-03-22 17:41    
  Mais menele, drôle de rêve le tien...
...mais encore plus drôle c'est qu'on écrive des discours soi-disant prolo et ouvrier, avec le langage du pouvoir, qui utilise justement le terme de "terrorisme" contre les révoltes des prolos, ouvriers, libertaires, etc.

Quand j'observe que le sujet duquel on a écrit, ce serait juste - je copie le commencement de cette publication - "L'ignorance de la réalité, et de l'existence des basques, et surtout de cette culture européenne très ancienne, est assez préoccupante auprès de certains suisses".
 
  Observer  
    Contre toute forme de nationalisme 2013-03-23 09:35    
  Toutes les idéologies nationalistes, d’«indépendance nationale», de «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes», quel que soit leur prétexte, ethnique, histo­ri­que, religieux, etc., sont un véritable poison pour les ou­vriers. En visant à leur faire prendre parti pour une frac­tion ou une autre de la bourgeoisie, elles les mè­nent à se dresser les uns contre les autres et à s’entre-massacrer derrière les ambitions et les guerres de leurs exploiteurs.

Le terrorisme n’est en rien un moyen de lutte de la classe ouvrière. Expression des couches sociales sans avenir historique et de la décomposition de la petite-bourgeoisie, quand il n’est pas directement l’émanation de la guerre que se livrent en per­manence les Etats, il constitue toujours un terrain privilégié de manipulation de la bourgeoisie. Prônant l’action secrète de petites mi­norités, il se situe en complète opposition à la vio­lence de classe qui relève de l’action de masse consciente et or­ganisée du prolé­tariat.

L’organisation politique révolu­tionnaire constitue l’avant-garde du prolétariat, facteur actif du processus de généralisation de la conscience de classe au sein du pro­létariat. Son rôle n’est ni d’«organiser la classe ouvrière», ni de «prendre le pouvoir» en son nom, mais de participer activement à l’unification des luttes, à leur prise en charge par les ouvriers eux-mêmes, et de tra­cer l’orientation politique révolutionnaire du combat du prolétariat.
 
  Prolo  
    Le siècle XIX est passé 2013-03-25 10:41    
  Pour les vétéro "communistes" qui sont restés à la lutte des classes du siècle XIX, c'est très difficile de comprendre les nouvelles frontières de la lutte contre le système global.
Pour les Basques, traduit au castillan, voilà;

 http://www.askapena.org/eu/content/askapenak-euskal-manifestu-internazionalista-plazaratu-berri-du-altsasun#cast
 
  Internationaliste  
    Sur le nationalisme basque 2013-03-25 15:30    
  Le nationalisme de libération basque réclame un Etat indépendant des l'autorités espagnole et française. De ce fait, il se positionne sur le concept d'Etat-nation avec ses frontières, son drapeau, son hymne patriotique, sa police, son armée, sa bureaucratie, son Capital et sa bourgeoisie, etc. Le nationalisme basque est bien étatiste et national, soit le total opposé du principe révolutionnaire internationaliste : LES PROLETAIRES N'ONT PAS DE PATRIE !

 
  Prolo  
    Habemas Papum ! 2013-03-29 12:40    
  L'autosatisfaction de l'avant-garde internationaliste n'a d'égale que son manque de connexion avec la réalité. C'est ce qui arrive quand, au lieu de confronter ses théories avec la réalité en les mettant en pratique on se complaît dans l'inaction. Il ne leur reste plus, pour essayer de donner le change, qu'à essayer de donner des leçons à tout le monde. Habemas Papum !  
  Dominique  
    On en rigole 2013-03-30 16:47    
  Dominique 1er cet amateur boutonneux et calomniateur patenté laisserait entendre que les militants et sympathisants de la Gauche communiste n'ont pas d'expérience. Ce stalinien écolo-primitiviste qui ne sait rien de la Gauche communiste comme du marxisme n'a que le mensonge et la calomnie comme seules actions militantes. C'est l'archétype même du petit-bourgeois malingre et sournois qui mériterait des coups de pompes au cul !  
  Prolo  
    Qu’est-ce qu’on rigole :-)))) 2013-04-03 18:01    
 
Le prolo est passé tout naturellement de la critique révolutionnaire, trop ardue pour lui, à la basse médisance au ras du caniveau, où il excelle véritablement. On ne devrait pas changer sa nature, et se borner à ses spécialités.
 
  Rigolonsunbrin  
    Rouge-brun 2013-04-09 09:59    
  Notre calomniateur professionnel et agent provovateur n'apporte rien au débat, à tout débat. Il n'est là que pour pourrir le contexte politique et question argumentaire, venant de sa part, on attend toujours. En pure rouge-brun il n'a que la calomnie pour vecteur d'expression !  
  Prolo  
    Attention camarade ! 2013-04-09 23:23    
 
Tu frises l’exclusion. Dans le catéchisme du CCI, il est bien précisé que l’emploi des mots rouge-brun, fascisme, antisémitisme, etc. sont des astuces de la bourgeoisie pour détourner le prolétariat des luttes véritablement révolutionnaires. Faudrait voir à ne pas s’emporter et revenir à un langage un peu plus « lutte de classes ».
 
  Lumpen  
    Lumpen ? 2013-04-10 07:29    
  Notre calomniateur professionnel et agent provocateur n'a rien du lumpen. Il se fout comme d'une guigne des prolétaires et n'a pour seul intérêt, outre la calomnie, que la défense nationaliste des régimes dictatoriaux (Cuba, Corée du Nord, Syrie d'Assad...), des théocrates et théocraties (Hamas, Hezbollah, Iran des mollahs) les plus obscurantistes et les plus contre-révolutionnaires.  
  Prolo  
    Lumpenprolétariat 2013-04-10 13:28    
  Avec le pseudonyme de "Lumpen", notre calomniateur et charlatan de la politique au service du nationalisme et des pires dictatures de la planète rentre en plein dans la définition de Marx et des marxistes sur le sujet :

"C'est une importante catégorie de l'analyse marxiste que celle de lumpenprolétariat (prolétariat en haillons). Selon celle-ci, le capitalisme présente un double aspect : d'une part, toutes oppositions antérieures s'effacent progressivement devant celle de la bourgeoisie et du prolétariat, qui reflète la division des moyens de production et de la force de travail ; en ce sens, la classe exploitée est fortement « structurée » à l'intérieur du système économique, sa fonction l'investit de toute la charge de la production sociale, la destine à s'organiser et, finalement, à revendiquer la prise en main de l'organisation entière de la société. D'autre part, ce mouvement suppose la dissolution de tous les liens communautaires, la dislocation du monde paysan et le reflux dans des villes d'éléments désormais épars qui végètent aux frontières du système. Ce milieu flottant, louche, inorganisé, dans lequel il n'y a ni travail, ni revenu fixe, ne saurait engendrer une conscience révolutionnaire. Il fournit, en revanche, un terrain privilégié aux aventuriers qui s'emparent de l'appareil d'État par la violence, quand la domination bourgeoise ne peut plus s'exercer par des moyens pacifiques.

Le schéma de l'interprétation est fixé dans le 18-Brumaire de Louis Napoléon. Marx y développe l'idée que Louis Napoléon n'a pu conquérir le pouvoir qu'en prenant appui sur un ramassis de « vagabonds, soldats en rupture de ban, repris de justice, galériens évadés, escrocs, charlatans, clochards, pickpockets, filous, tricheurs, maquereaux ou patrons de bordel, portefaix, écrivailleurs, joueurs d'orgue de barbarie, chiffonniers, bohémiens, mendiants — bref, toute cette masse diffuse et inorganisée, ballottée de çà de là ».

Le concept de lumpenprolétariat a été largement exploité par des théoriciens marxistes, notamment pour rendre compte de l'avènement du nazisme et du fascisme. La paupérisation des classes moyennes au lendemain de la Première Guerre mondiale aurait considérablement élargi la couche du lumpenprolétariat et créé ainsi une population prête à flamber au contact des démagogues de l'État total."
 
  Prolo  
    L’hôpital qui se fout de la charité ! :-)))) 2013-04-10 22:27    
 
Parmi les particularités qui affligent les cécéistes, le manque d’humour est certainement la plus remarquable. Parce que quand on ose s’appeler « prolo », on ne s’offusque pas que quelqu’un réponde « lumpen » !

La différence, c’est que le « prolo » se prend vraiment au sérieux, ce qui montre à quel degré d’aberration peut mener l’idéologie !
 
  Lumpen  
    Humour ? 2013-04-11 07:59    
  Non je n'ai aucun humour avec un ennemi de classe comme peut l'être notre calomniateur professionnel, charlatan de la politique et agent provocateur. Ce sinistre individu, nationaliste et stalinien, ne fait que pourrir tout débat par ce qu'il appelle de l'humour... à la con !  
  Prolo  
    Humour triste 2013-04-22 08:46    
  Plus je connais le prolo, et plus j'aime l'humour…  
  Rigolonsunbrin  
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