le pouvoir du peuple s'atrophie quand il ne s’exerce plus
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  21-07-2013 12:55
Auteur : Thierry DERONNE :: : http://www.legrandsoir.info/nicolas-maduro-le-pouvoir-du-peuple-quand-il-ne-s-exerce-plus-finit-par-s-atrophier.html
 
 
  Nicolas Maduro : “le pouvoir du peuple, quand il ne s’exerce plus, finit par s’atrophier”

Nous sommes à Caracas le 16 juillet 2013, à Miraflores (palais présidentiel). Nicolas Maduro s’adresse à vingt gouverneurs bolivariens : “Comment est-il possible qu’à une personne âgée, à une de ces personnes que nous rencontrons lorsque le gouvernement sillonne le pays, on fasse payer 20 millions pour pouvoir accéder à une mission sociale ? Certains, ils me l’ont dit, ont payé et ils ont été effectivement inclus ensuite dans la mission ! Qu’est-ce cela veut dire ? Qu’au-dessus de ces extorqueurs il y a des hauts fonctionnaires qui couvrent ces agissements, comme ceux qu’on a arrêtés. Nous devons aller jusqu’au bout de chaque enquête et vous, les gouverneurs, qui avez mille témoins dans vos régions, faites le travail sur place, car nous avons détecté beaucoup de cas lors de nos déplacements”.
 
     
  Quelque semaines ont suffi pour détecter des systèmes de corruption mis en place par des hauts fonctionnaires du service des douanes, de l’immigration, de l’inspection du commerce, de l’industrie sidérurgique, de la compagnie pétrolière publique, de la banque nationale du développement… Nicolas Maduro a promis de nouvelles surprises dans cette offensive-éclair contre la corruption “où qu’elle soit, et à tous les niveaux, coiffée d’un béret rouge chaviste ou dans les rangs de la droite, dans le secteur public comme dans le privé : il n’y aura plus d’intouchables. Personne ne me fera prendre des vessies pour des lanternes. Je ferai bientôt quelques inspections-surprises sur les chantiers publics”.

Dans le même temps, le plan “Patria Segura” a déployé sur tout le territoire une police mieux formée à la protection des citoyens. Un premier bilan parle d’une baisse de 200 % des enlèvements et de 38 % des homicides. Maduro veut aller plus loin. Il rappelle comment il a vu toute une jeunesse populaire – sa génération – décimée par la drogue, la violence à partir des années 80 et veut s’attaquer frontalement à l’imaginaire des médias privés resté très puissant malgré quatorze ans de révolution, en multipliant les missions culturelles, la récupération des espaces publics, le relancement de la musique populaire, l’appui aux artistes et aux mouvements de jeunes, le transfert de nouvelles technologies et la dotation de nouvelles chaînes de télévision aux secteurs jusqu’ici exclus.

Sans doute étaient-ce ces chantiers que le président Chavez voulait aborder en 2013 : quelques mois avant sa mort il appelait les jeunes du grand quartier populaire de Petare à renoncer à la drogue, à la violence pour mettre leur talent au service du pays.

La droite et les grands médias rêvaient d’enterrer la révolution bolivarienne avec son initiateur. Des politologues de gauche annonçaient la lutte fratricide des chavistes ou une “NEP” réformiste. 90 jours après la mort de Chavez, on découvre un homme d’Etat qui, s’appuyant sur une équipe élargie aux mouvements sociaux et aux partis progressistes, applique méthodiquement les cinq objectifs du “Plan Patria” légué par Chavez (1) et lance un “gouvernement de rue” (2).

Né dans un quartier populaire de Caracas, militant syndical, bolivarien clandestin puis ministre de Chavez, Nicolas Maduro connaît bien les rouages de l’État et… du terrain. Avec une moyenne de 102 projets pour chaque entité traversée – à savoir 23 états et le district de Caracas, le “gouvernement de rue” aligne déjà 2.037 projets financés par l’État. Un “banc d’essai” du pouvoir populaire que le président du Venezuela veut permanent et actif sur tout le territoire. Même la presse officielle et les partis de la gauche classique ont du mal à suivre ce dialogue direct de Maduro avec les problèmes du peuple.

"Combien de temps notre peuple s’est-il habitué à voir le pouvoir comme un concept lointain, étrange, comme le privilège d’une élite ? Et bien non : la révolution n’a d’autre sens, comme Chavez nous l’a rappelé sans cesse, que le transfert de la totalité du pouvoir aux mains d’un peuple qui doit se former sans cesse pour cela. Nous avons assez patienté, nous devons nous réveiller, redevenir des combattants de la rue, de tous les jours… Le pouvoir du peuple, quand il ne s’exerce plus, finit par s’atrophier. Comment faire une révolution avec un peuple passif ? Le pouvoir populaire sert à faire la révolution et pas n’importe laquelle : une révolution socialiste. Ou le peuple la fait, ou il n’y en aura pas. Le pouvoir populaire doit exister partout et tous les jours, dans les états, dans les rues, au palais présidentiel. Notre nouvel état sera l’État comunal, c’est un des axes principaux de notre programme, Chavez nous a exigé de lui donner la priorité (3). Nous allons redoubler d’efforts à partir du mois d’août pour construire partout la commune.”


"La commune ou rien"
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Deux jours plus tôt dans l’État de Lara, une assemblée d’organisations de base (photo) s’est réunie au nom des "trois R” – formule inventée par Chavez pour “revoir, rectifier, réimpulser” le gouvernement révolutionnaire. Ont fusé les critiques sur la gestion antérieure du ministère de la commune : mise sous tutelle du pouvoir populaire, arrogance de cadres auto-proclamés qui considèrent la masse populaire comme un simple champ de manoeuvres pour “ceux-qui-savent-comment-faire-la-révolution”, véritables boulets pour le travail populaire.

“Une grande partie des demandes que nous avons recueillies tout au long des assemblées populaires concerne une meilleure présence de l’État aux côtés des processus d’organisation” explique Reinaldo Iturizza, un sociologue critique devenu le nouveau ministre de la Commune sur décision de Maduro et qui a dû s’arracher au monde des thèses sur papier. “Je suis en train de créer une équipe qui racontera les histoires de ces journées dans la rue, qui vont continuer. Ce que nous voyons doit être connu”. L’équipe d’Iturizza met au point une méthodologie nouvelle réunissant les conseils communaux et les autorités du Ministère pour résoudre des problèmes tels que l’auto-construction de logements. 60 mille foyers de la Grande Mission Logement ont pu être construits par les habitants eux-mêmes. On en prévoit 100 mille de plus en 2013.

Alors que les médias privés qui dominent la majorité des ondes au Venezuela occultent cette école de pouvoir citoyen et ciblent Maduro, le “gouvernement de rue” est devenu en soi un véritable média populaire qui attaque vraiment la forme dominante, commerciale et représentative de la communication politique, qui cultive la participation critique et ose prendre des décisions jusqu’ici freinées par une classe moyenne d’État peu ouverte aux propositions populaires.

Le 8 juillet, c’est dans l’état d’Amazonas, au Centre de Formation et de Production Agroécologique Matuwiniyu Yekuana Rene, que Maduro et son équipe font halte. Un militant indigène leur montre la maquette d’une maison autochtone : “Je vous présente une maison fluviale indigène totalement écologique, avec sa barque, sa batterie d’élevage de poules, son vivier à poissons, chaque famille peut y vivre et produire sans devoir quitter le fleuve”. “Bravo, c’est un des projets que nous voulons approuver !” applaudit Maduro pour qui c’est là tout le sens de ce “gouvernement de rue” : réactiver les propositions, la créativité du peuple. A ses côtés la Ministre des Peuples Indigènes Aloha Nuñez, précise : “nous sommes ici en territoire Jivi, l’État d’Amazonas compte 19 peuples indigènes et nous, les ministres, ne sommes pas restés en ville, par exemple la ministre de la santé a passé la nuit dans une communauté indigène. Ces populations étaient infiltrées par les “nouvelles tribus” (une ONG états-unienne), nos compagnons commençaient à parler anglais, à présent le travail est d’assurer l’intégralité des droits à la santé, à l’éducation pour nos peuples indigènes”.

Maduro en profite pour rappeler l’insistance du président Chavez : “Pourquoi les ministres ne pourraient-ils pas vivre deux ou trois jours durant dans les communautés ? Nous, gouvernement bolivarien, sommes du peuple, nous ne venons d’aucune élite, d’aucun groupe économique et même si nous devons nous protéger face aux menaces de l’ennemi, nous ne devons pas perdre le sens de qui nous sommes : des gens humbles, qui nous devons au peuple”.

Et d’évoquer le cinquième objectif du programme légué par son prédécesseur : l’éco-socialisme, qui prévoit notamment le reboisement massif de tout le pays – la Misión Árbol sèmera quelques deux millions d’arbres dans les deux ans à venir. Une mission grâce à laquelle la surface boisée du pays atteint 47,6 millions d’hectares, réduisant de 47 pour cent le taux de déforestation.

“La biodiversité, poursuit Maduro, doit être pensée dans sa dimension macro-écologique. Nous n’allons plus comme le faisaient les gouvernements antérieurs recevoir les représentants de lobbies qui veulent acheter un morceau d’Amazonie. Mais pour nous qui sommes un pays amazonien, le plus incroyable c’est que nous n’ayons pas encore créé d’institut pour étudier cet immense patrimoine de biodiversité en fonction par exemple de nos besoins en médicaments, avant que ne les brevettent des transnationales. Nous ne pouvons pas attendre 15 ans, c’est aujourd’hui que nous devons prendre la décision. Créer un institut pas seulement pour produire des thèses universitaires mais pour générer des connaissances transfomatrices, des connaissances scientifico-populaires : on a souvent considéré les peuples indigènes, et le peuple en général, comme ignorants alors qu’ils produisent des milliers de savoirs vitaux, mille choses. C’est d’ailleurs pour cela que les élites nous méprisent, parce qu’au fond, nous sommes des indigènes.”

Tout en menant tambour battant ces assemblées avec la population, Maduro a bouclé en deux semaines un agenda diplomatique très dense au service de l’unité du Sud et de l’intégration des organismes existants. En visite officielle en Haïti le 25 juin pour renforcer la coopération (photo) puis le 30 juin à Managua au sommet de PetroCaribe avec de nouveaux accords sur l’éducation, sur la “misión milagro” (chirurgie et soins oculaires gratuits), les politiques alimentaires et la création d’une zone économique élargie vers le Sud ; en prenant part à Moscou le 1er juillet au sommet des 18 états producteurs de gaz – le Venezuela est la quatrième réserve mondiale – pour plaider en faveur de la création d’une “OPEP” du gaz ; à Cochabamba, le 4 juillet, au sommet d’urgence d’UNASUR, pour joindre sa voix à celle de ses homologues face à la violation du droit international par des pays d’Europe qui, sur ordre de Washington, ont fermé leur espace aérien au président de la Bolivie (4) ; en invité d’honneur des 15 pays membres du Caricom, à Trinidad et Tobago et, enfin, le 10 juillet, à Montevideo, pour assumer la présidence du Mercosur, engager le “tournant social” de ce marché commun devenu le quatrième bloc économique mondial et proposer l’association stratégique avec PetroCaribe, l’ALBA et les BRICS.

Les 22 et 23 juillet, Caracas accueillera la première réunion ministérielle de la Communauté des États Latino-américains et de la Caraïbe (CELAC) pour élaborer de nouveaux plans contre la faim et la pauvreté. Elle sera suivie du 12ème sommet des présidents de l’ALBA, le 30 juillet, à Guayaquil (Équateur), consacré lui aussi à renforcer les programme sociaux.


“Pas de socialisme sans féminisme !”
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La maxime de Hugo Chavez s’incarne dans les choix ministériels de Nicolas Maduro.

Aux côtés de Maryann Hanson (Ministre de l’Éducation), de María Cristina Iglesias (Ministre du Travail) et d’Iris Varela, la Ministre du système pénitentiaire qui s’efforce d’humaniser un système encore dominé par des mafias et de réduire les retards dans le procédures de jugement, de nouvelles responsabilités et de nouveaux visages marquent l’équipe gouvernementale nommée en avril 2013 :

La nouvelle ministre des peuples indigènes Aloha Nuñez – ici réunie avec des autorités indigènes états-uniennes dans le cadre de l’octroi de gazoile de chauffage gratuit par le gouvernement bolivarien (elle était alors vice-ministre) – travaille notamment à conclure au plus vite la restitution des territoires indigènes du Venezuela.

La championne d’escrime Alejandra Benitez, nommée ministre des sports pour sa connaissance pratique des problèmes des athlètes, doit réduire la bureaucratie dans les organisations sportives et fortifier tous les niveaux de formation.

Première mondiale : une femme ministre de la défense, Carmen Meléndez, elle aussi pratiquante du “gouvernement de rue” au sein des forces armées. Face aux menaces impériales et pour garantir la souveraineté du Venezuela, Nicolas Maduro vient d’annoncer l’installation d’un nouveau système de défense anti-aérienne.

La chirurgienne Isabel Iturria, présidente-fondatrice depuis 2006 de l’Hôpital Cardiologique Infantile latino-américain qui a effectué gratuitement des milliers d’opérations du coeur, est la nouvelle Ministre de la Santé. Elle hérite de la lourde tâche de remettre sur pied le système défaillant des hôpitaux publics.

L’avocate Andreina Tarazón est nommée Ministre de la Femme et de l’Égalité de genres. Priorités de cette militante féministe : former et intégrer les femmes des secteurs populaires dans les projets socio-productifs pour lutter efficacement contre la pauvreté et mettre fin aux violences et aux discriminations qui ont survécu dans une société marquée par le machisme.

Thierry Deronne, Caracas, le 19 juillet 2013

Notes :

(1)Sur ces cinq objectifs : “Ce que va faire la révolution bolivarienne de 2013 à 2019”,  http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/

(2) "Nous t’écoutons, Claudia",  http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/05/06/nous-tecoutons-claudia/

(3)“Le président Chávez exige d’avancer vers une communication plus profonde et plus populaire "avec les travailleurs, depuis les usines" et critique l’incapacité du gouvernement à mettre en place l’État communal.”,  http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/10/21/le-president-chavez-exige-davancer-vers-une-communication-plus-profonde-et-plus-populaire-avec-les-travailleurs-depuis-les-usines/

(4)"Face à une Amérique du Sud unie et souveraine, la France et l’Europe ridicules”,  http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/07/05/face-a-une-amerique-du-sud-unie-et-souveraine-la-france-et-leurope-ridicules/ et la note de protestation du Venezuela :  http://www.legrandsoir.info/note-de-protestation-aux-gouvernements-d-espagne-de-france-d-italie-et-du-portugal.html

URL de cet article :  http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/07/19/nicolas-maduro-le-pouvoir-du-peuple-quand-il-ne-sexerce-plus-finit-par-satrophier/Nous t’écoutons, Claudia
 
     
   
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    Le capitalisme d'Etat du socialisme bolivarien 2013-07-22 16:28    
  Ne doutons pas que les dirigeants du Venezuela continuerons de se remplir les poches avec la rente du pétrole, pendant que la précarisation et la paupérisation de la population se généralisera. Le capitalisme d'Etat du Venezuela n'a rien à envier au capitalisme libéral des USA en matière d'exploitation des travailleurs...  
  Prolo  
    pouvoir du CCI s’atrophie quand il n’exerce plus 2013-07-23 22:16    
  Le pouvoir du CCI s’atrophie quand il n’exerce plus ses nuisances sur Indymedia. D’où les commentaires systématiques pour signaler au lecteur qu’il existe toujours, contrairement à ce qu’on pourrait penser en voyant la situation internationale. Les prolétaires sont vraiment des ingrats, alors qu’on leur a tout expliqué pour faire la révolution !  
  Docteur No  
    Contre tous les nationalismes ! 2013-07-24 13:06    
  A bas le sionisme !

A bas l’intégrisme « islamiste » !

A bas l’impérialisme complice !

Si tu veux lutter pour la paix, lutte pour le socialisme !

Démocratie communiste (Réseau luxemburgiste international)

 
  Prolo  
    Négationnisme quand tu nous tiens 2013-07-24 20:15    
  Pour ces gens-là, l'impérialisme n'est que complice du sionisme et de l'islamisme, alors que c'est lui qui les rend possibles et qu'il s'en nourrit.

Quand à lutter, je crois que personne ici n'a de leçon à recevoir de la part de ceux qui passent leur temps à nier les luttes des autres et qui à part ça, ne font rien !
 
  X  
    Contre les réactionnaires 2013-07-25 13:25    
  Le CCI, comme l'ensemble de la Gauche communiste et les luxemburgistes, luttent contre TOUS les NATIONALISMES, contre TOUS les ETATS, démocratiquement bourgeois ou autoritaires, contre TOUS les CAPITALISMES, libéraux (USA, Israël Union européenne...) ou d'Etat (Cuba, Chine, Corée du Nord, Syrie, Iran, Autorités palestiniennes...).

Dominique 1er et notre calomniateur professionnel et agent provocateur ANTISEMITE sont bien incapables de le comprendre, staliniens et contre-révolutionnaires qu'ils sont !
 
  Prolo  
    Les siomunistes ! 2013-07-26 12:38    
  On le sait, pour le CCI, les peuples et leurs luttes légitimes de libération n'existent pas. Il n'y a que l'avant-garde éclairée des traceurs de voie de la révolution qui mérite d'être soutenue.

Nous pouvons voir ce que cela donne en Palestine, cette contrée colonisée par le juif, et dans laquelle les kibboutz anarcho-communistes ont servi dés 1909 d'avant-garde à la colonisation, et où toujours aujourd’hui, ils fournissent une partie importante des gradés de Tsahal.

Et là, motus et bouche cousue. Le CCI toujours prompt à s'enflammer contre toute interprétation du marxisme qui n'est pas conforme à leur Sainte doctrine ne dit pas un mot quand des anarchistes et des communistes dénaturent le marxisme au point d'en faire l'avant garde éclairée des traceurs de voie d'une colonisation.

Ils vont sans doute noyer le poisson avec un de leurs copiés--collés qui va tout nous expliquer sur les mouvements anarchistes et communistes israéliens. Normal, depuis le temps que comme des bénédictins, ils copient et recopient les mêmes archives sacrées, ils savent tout. Enfin tout sauf une chose: comment est-il possible que de 1909 à aujourd'hui, des anarchistes et des communistes aient pu servir et servent encore d'avant garde éclairée à la colonisation juive de la Palestine sans que cela ne provoque un tollé au sein du CCI?
 
  Dominique  
    Contre la bêtise, le nationalisme et la réaction 2013-07-27 07:58    
  LA NATURE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE DES "PARTIS OUVRIERS"

L'ensemble des partis ou organisations qui aujourd'hui défendent, même "conditionnellement" ou de façon "critique", certains Etats ou certaines fractions de la bourgeoisie contre d'autres, que ce soit au nom du "socialisme", de la "démocratie", de " l'antifascisme", de "1'indépendance nationale", du "front unique", ou du "moindre mal", qui fondent leur politique sur le jeu bourgeois des élections, dans 1'activité anti-ouvrière du syndicalisme ou dans les mystifications autogestionnaires sont des organes de l'appareil politique bourgeois : il en est ainsi, particulier, des partis "socialistes" et "communistes".

Ces partis, en effet, après avoir constitué à un certain moment les véritables avant-gardes du prolétariat mondial ont connu par la suite tout un processus de dégénérescence qui les a conduits dans 1e camp du capital. Si les Internationales auxquelles ils appartenaient (2ème Internationale pour le parti socialiste, 3ème Internationale pour les partis communistes) sont mortes comme telles, malgré la survivance formelle de leur structure, dans un moment de défaite historique de la classe ouvrière, ils ont quant à eux survécu pour devenir progressivement, chacun pour sa part, des rouages souvent majeurs de 1'appareil de l'Etat bourgeois de leurs pays respectifs.

Il en a été ainsi des partis socialistes lorsque, dans un processus de gangrène par le réformisme et l'opportunisme, la plupart des principaux d'entre eux ont été conduits lors de la première guerre mondiale (qui marque la mort de la 2ème Internationale) à s'engager, sous la conduite de leur droite "social-chauvine", désormais passée à la bourgeoisie, dans la politique de "défense nationale", puis à s'opposer ouvertement à la vague révolutionnaire d'après guerre jusqu'à jouer le rôle de bourreaux du prolétariat comme en Allemagne 1919.

L'intégration finale de chacun de ces partis dans leurs Etats nationaux respectifs prit place à différents moments de la période qui suivit l'éclatement de la première guerre mondiale. Mais ce processus fut définitivement clos au début des années 20, quand les derniers courants prolétariens furent éliminés ou sortirent de leurs rangs en rejoignant l'Internationale Communiste.

De même, les partis communistes sont à leur tour passés dans le camp du capitalisme après un processus similaire de dégénérescence opportuniste. Ce processus, engagé dès le début des années 20, s'est poursuivi après la mort de l'Internationale Communiste (marquée par l'adoption de la théorie du "socialisme en un seul pays" en 1928), jusqu'à aboutir, malgré la lutte acharnée de leurs fractions de gauche et après l'élimination de celles-ci, à une complète intégration dans l'Etat capitaliste au début des années 30 avec leur participation aux efforts d'armement de leurs bourgeoisies respectives et 1eur entrée dans les "fronts populaires". Leur participation active à la "Résistance." durant la seconde guerre mondiale et à la "reconstruction nationale" après celle-ci 1es a confirmés comme de fidèles serviteurs du capital national et comme la plus pure incarnation de la contre-révolution

L'ensemble des courants, soi-disant révolutionnaires, tels que le maoïsme -qui est une simple variante des partis définitivement passés à la bourgeoisie-, le trotskisme - qui après avoir constitué une réaction prolétarienne contre la trahison des partis communistes, a été happé dans un processus similaire de dégénérescence- ou l'anarchisme traditionnel - qui se situe aujourd'hui dans le cadre d'une même démarche politique en défendant un certain nombre de positions des partis socialistes et des partis communistes, comme, par exemple, les alliances antifascistes-, appartiennent au même camp que celui du capital. Le fait qu'ils aient moins d'influence ou qu'ils utilisent un langage plus radical n'enlève rien au fond bourgeois de leur programme et de leur nature, mais en fait d'utiles rabatteurs ou suppléants de ces partis.

LA PREMIERE VAGUE REVOLUTIONNAIRE DU PROLETARIAT MONDIAL

En ponctuant l'entrée du capitalisme dans sa phase de décadence, la première guerre mondiale indique que les conditions objectives de la révolution prolétarienne sont mûres.

La vague révolutionnaire qui, en réponse à la guerre et à ses séquelles, surgit et se répand en Russie et en Europe, marque de son empreinte les deux Amériques et se répercute comme un écho, jusqu'en Chine, constitue donc la première tentative du prolétariat mondial d'accomplir sa tâche historique de destruction du capitalisme. Au plus fort de sa lutte entre1917 et 1923, le prolétariat se saisit du pouvoir en Russie, se lance dans des insurrections de masses en Allemagne et secoue jusque dans ses fondements l'Italie, la Hongrie et. l'Autriche. Bien que moins puissamment, il ne s'en manifeste pas moins et de façon acharnée, dans le reste du monde, comme par exemple en Espagne, en Grande-Bretagne, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Finalement, l'échec tragique de cette vague révolutionnaire est ponctué en 1927 par l'écrasement de l'insurrection prolétarienne en Chine, à Shanghai et à Canton, qui vient conclure une longue série de combats et de défaites de la classe au niveau international. C'est pour cela que la Révolution d'Octobre 17 en Russie ne peut se comprendre que comme une des manifestations les plus importantes de cet immense mouvement de la classe, et non comme une "révolution bourgeoise", "capitaliste d'Etat", "double", ou encore "permanente", imposant au prolétariat l'accomplissement de tâches "démocratiques" à la place d'une bourgeoisie incapable de les assumer.

C'est également à l'intérieur de cette vague révolutionnaire que s'inscrit la création, en 1919, de la Troisième Internationale (Internationale Communiste) qui rompt organisationnellement et politiquement avec les partis de la seconde dont la participation à la guerre impérialiste a signé le passage dans le camp de la bourgeoisie. Le Parti Bolchevik, partie intégrante de la Gauche révolutionnaire qui s'est dégagée de la 2ème Internationale, par ses positions politiques claires condensées dans les mots d'ordre "transformation de la guerre impérialiste en guerre civile !", "destruction de l'Etat bourgeois !" et "Tout le pouvoir aux soviets" ainsi que par sa participation décisive à la création de la Troisième Internationale apporte une contribution fondamentale au processus révolutionnaire et constitue, à ce moment, une authentique avant-garde du prolétariat mondial.

Toutefois, si la dégénérescence tant de la révolution en Russie que de la 3ème Internationale a été essentiellement la conséquence de l'écrasement des tentatives révolutionnaires dans d'autres pays et de l'épuisement général de la vague révolutionnaire, il faut également prendre en considération le rôle joué par le parti Bolchevik, parce que pièce maîtresse de l'Internationale communiste du fait de la faiblesse des autres partis, dans ce processus de dégénérescence et dans les échecs internationaux du prolétariat. Avec, pour exemples, l'écrasement du soulèvement de Kronstadt, la mise en avant, contre la gauche de la 3ème Internationale, des politiques de "conquête des syndicats", de "parlementarisme révolutionnaire" et de "front unique", son influence et sa responsabilité dans la liquidation de la vague révolutionnaire ont été à la mesure de celles qu'il avait assumées dans le développement de cette vague.

En Russie même, la contre-révolution ne venait pas seulement "de l'extérieur" mais aussi "de l'intérieur" et en particulier des structures de l'Etat mises en place par le Parti Bolchevik devenu parti étatique. Ce qui, pendant Octobre I9I7, ne constituait que des erreurs graves mais s'expliquant aussi bien par l'immaturité du prolétariat en Russie que par celle du mouvement ouvrier mondial face au changement de période, devait, dès lors, servir de paravent et justification idéologique de la contre-révolution, et agir comme facteur important de celle-ci. Cependant, le déclin de la vague révolutionnaire du premier après-guerre comme de la révolution en Russie, la dégénérescence de la 3ème Internationale comme du parti Bolchevik et le rôle contre-révolutionnaire finalement joué par ce dernier à partir d'un certain moment, ne peuvent être compris qu'en considérant cette vague révolutionnaire et la 3ème Internationale, y inclus leur composante en Russie, comme d'authentiques manifestations du mouvement prolétarien, toute autre interprétation constituant un facteur considérable de confusion et interdisant aux courants qui la défendent un réel accomplissement des tâches révolutionnaires.

Même si, et d'autant plus qu'il ne subsiste aucun "acquis matériel" de ces expériences de la classe, ce n'est qu'à partir de cette compréhension de leur nature qu'on peut et doit dégager leurs acquis théoriques réels, d'une importance considérable. En particulier, seul exemple historique de prise de pouvoir politique par le prolétariat (hormis la tentative éphémère et désespérée de la Commune en 1871 et les expériences avortées de Bavière et de Hongrie en1919), la Révolution d'Octobre 17 a apporté des enseignements précieux dans la compréhension de deux problèmes cruciaux de la lutte prolétarienne : le contenu de la révolution et la nature de l'organisation des révolutionnaires.

LA DICTATURE DU PROLETARIAT

La prise du pouvoir politique par le prolétariat à l'échelle mondiale, condition préliminaire et première étape de la transformation révolutionnaire de la société capitaliste, signifie, en premier lieu, la destruction de fond en comble de l'appareil d'Etat bourgeois.

En effet, comme c'est sur celui-ci que la bourgeoisie assoit la perpétuation de sa domination sur la société, de ses privilèges, de l'exploitation des autres classes et, particulièrement de la classe ouvrière, cet organe est nécessairement adapté à cette fonction et ne peut convenir à cette dernière classe qui n'a aucun privilège ni exploitation à préserver. En d'autres termes, il n'existe pas de "voie pacifique vers le socialisme" : à la violence de classe minoritaire et exploiteuse exercée ouvertement ou hypocritement, mais de façon de plus en plus systématique par la bourgeoisie, le prolétariat ne peut qu'opposer sa propre violence révolutionnaire de classe.

Levier de la transformation économique de la société, la dictature du prolétariat, c'est-à-dire l'exercice exclusif du pouvoir politique par celui-ci, aura pour tâche fondamentale d'exproprier la classe exploiteuse en socialisant ses moyens de production et d'étendre progressivement le secteur socialisé à l'ensemble des activités productives. Fort de son pouvoir politique, le prolétariat devra s'attaquer à l'économie politique bourgeoise en menant une politique économique dans le sens de l'abolition du salariat et de la production marchande, dans celui de la satisfaction des besoins de l'Humanité.

Pendant cette période de transition du capitalisme au Communisme, il subsiste des classes et couches sociales non-exploiteuses autres que le prolétariat et qui assoient leur existence sur le secteur non socialisé de l'économie. De ce fait, la lutte de classe se maintient comme manifestation d'intérêts économiques contradictoires au sein de la société. Celle-ci fait donc surgir un Etat destiné à empêcher que ces conflits ne conduisent à son déchirement. Mais avec la disparition progressive de ces classes sociales par l'intégration de leurs membres dans le secteur socialisé, donc avec l'abolition de toute classe sociale, l'Etat lui-même sera appelé à disparaître.

La forme revêtue par la dictature du prolétariat sera celle des Conseils Ouvriers, assemblées unitaires et centralisées à l'échelle de la classe, avec délégués élus et révocables, permettant l'exercice effectif, collectif et indivisible du pouvoir par l'ensemble de celle-ci. Ces Conseils devront avoir le monopole du contrôle des armes comme garant du pouvoir politique exclusif de la classe ouvrière.

C'est la classe ouvrière dans son ensemble qui seule peut exercer le pouvoir dans le sens de la transformation communiste de la société : contrairement aux autres classes révolutionnaires du passé, elle ne peut donc déléguer son pouvoir à une quelconque institution ou minorité y compris la minorité des révolutionnaires elle-même. Ceux-ci agissent au sein des Conseils mais leur organisation ne peut se substituer à l'organisation unitaire de la classe dans l'accomplissement de la tâche historique de celle-ci.

De même, l'expérience de la révolution russe a fait apparaître la complexité et la gravité du problème posé par les rapports entre la classe et l'Etat de la période de transition. Dans la période qui vient, le prolétariat et les révolutionnaires ne pourront pas esquiver ce problème, mais se devront d'y consacrer tous les efforts nécessaires pour le résoudre.

La dictature du prolétariat implique l'absolue soustraction de celui-ci à toute soumission, en tant que classe, à des forces extérieures ainsi qu'à tout établissement de rapports de violence en son sein. Dans la période de transition, le prolétariat est la seule classe révolutionnaire de la société, sa conscience et sa cohésion, ainsi que son action autonome, sont les garanties essentielles de l'issue communiste de sa dictature.

CCI
 
  Prolo  
    A bas la police de la pensée ! 2013-07-27 15:10    
  C'est sur que le CCI en connaît un rayon en matière de dictature avec son site où règne la police politique avant toute publication.

A la place de traiter les autres de staliniens, ils feraient mieux de se regarder dans un miroir ! A bas la police de la pensée !

Nous serons nos propres libérateurs et la dernière chose dont nous avons besoin pour cela est bien d'une officine collaborationniste comme le CCI!
 
  libre pensée  
    La mondialisation, le nouveau stade de l’impérialisme 2013-07-27 15:12    
  Les sbires négationnistes du CCI n'ont jamais entendu parlé de la mondialisation, ce stade ultime de l'impérialisme:

Cinq cents énormes entreprises capitalistes internationales, toutes basées dans l’une ou l’autre des puissances capitalistes avancées mais dont la majorité est aux Etats-Unis, tiennent notre planète dans un étau d’acier. Dans la dernière décennie du vingtième siècle, on a donné un nouveau nom à ce système : mondialisation.

La mondialisation est une intensification du dernier stade du capitalisme, l’impérialisme, la domination du capital monopolistique ou financier. Dans ce stade, le capitalisme n’est plus nécessaire pour développer les forces de production, il ne joue aucun rôle progressiste. En effet, il détruit à plusieurs reprises, par les crises et les guerres, la possibilité d’une existence productive, prospère et sûre pour la majorité de l’humanité.

L’impérialisme centralise sans pitié la vie économique dans les mains d’une élite minuscule. Les différentes branches de l’économie, les banques, l’industrie et le commerce, fusionnent dans le capital financier. L’argent se déplace rapidement sur toute la planète à la recherche des profits les plus élevés. L’exportation de capital-argent - investissements directs à l’étranger, prêts et autres opérations financières - domine l’exportation de produits.

La dernière phase de mondialisation de l’impérialisme remonte aux années 1980, quand commença une offensive politique et économique des Etats Unis qui restaura la domination américaine sur le Tiers Monde, l’ex-Union Soviétique et les rivaux capitalistes de l’Amérique en Europe et au Japon.

Cela a conduit à un élargissement et à un approfondissement du pouvoir du capital financier à travers la planète. Il s’agissait d’un approfondissement parce que les économies planifiées de l’URSS, de l’Europe de l’Est et de la Chine ont laissé la place au marché, de façon dramatique après 1989. Il s’agissait d’un approfondissement parce que les restrictions au capital financier ont été levées. Les barrières au commerce et à l’investissement dans le Sud par les entreprises multinationales ont été détruites. Les organisations économiques internationales existantes (FMI, Banque Mondiale) ont été transformées en agents de recouvrement de la dette et l’Organisation Mondiale du Commerce a été créée pour défendre les intérêts globaux des multinationales. La bourse et l’expansion de la dette ont été les ressorts principaux de la « création de richesses ». Sur cette base a commencé une phase fiévreuse de concentration et de centralisation du capital.

Les outils de la mondialisation, le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et l’Organisation Mondiale du Commerce, demandent maintenant que tous les pays appliquent la même politique économique et sociale néolibérale. Ils clament qu’il n’y a pas d’alternative au libre commerce, à l’ouverture des marchés, à la privatisation des industries, des télécommunications, des médias, du transport, de biens de base comme l’eau, le gaz, l’électricité, de services comme les hôpitaux, les écoles, les soins aux personnes âgées et handicapées. Tous doivent produire du profit pour une minorité avant de pouvoir offrir des services à la majorité … s’ils peuvent se le permettre.

Le capitalisme mondial se fonde sur l’exploitation des travailleurs dans les pays impérialistes et sur la surexploitation de leurs anciennes colonies dans le « Tiers Monde ». Les entreprises minières et de l’énergie, l’agroalimentaire, les banques : toutes utilisent leurs pouvoirs technologiques et financiers et le monopole du commerce pour s’emparer des matières premières et des ressources des pays sous-développés. D’autres entreprises établissent la production dans des pays où elles peuvent exploiter les travailleurs encore plus qu’elles ne peuvent dans « leur » pays. La raison : des régimes dictatoriaux et des niveaux de vie plus bas.

Les classes dominantes du « Tiers monde », faibles et corrompues, ont depuis longtemps abandonné toute idée de défier leurs anciens maîtres coloniaux. Au contraire, ils jouent le rôle d’agents des entreprises multinationales et du G8. Leurs armées et leurs forces de polices sont entraînées par les Etats-Unis et les puissances européennes. La CIA et le MI6 forment aux techniques répressives leur police secrète. Si un de ces pays sort du rang, une force de réaction rapide est envoyée pour « rétablir l’ordre ».

Ces Etats sont tout sauf « indépendants ». Chaque fois que les peuples de ces semi-colonies obligent leurs gouvernements corrompus et dictatoriaux à résister, la contre-attaque est vraiment brutale.

Toutefois, malgré le niveau de la domination Etats-Unis, l’impérialisme n’est pas un système dirigé par une seule puissance. C’est un système de rivalité et compétition pour les marchés mondiaux par des entreprises en lutte entre elles. Seule une partie d’entre elles sont vraiment internationales. La plupart sont basées dans leur pays d’origine ou dans un bloc commercial. La rivalité économique oblige les capitalistes à utiliser ces Etats et blocs les uns contre les autres. Des conflits commerciaux éclatent ; des luttes font éruption pour des ressources économiques précieuses. Par la nature même du système, les rivalités deviendront plus aiguës. Les alliés réticents d’aujourd’hui seront les ennemis jurés de demain.

L’Union Européenne est en train de former un vaste bloc impérialiste. Les classes dominantes d’Allemagne et France sont en train de relever le défi des Etats-Unis. Russie et Chine essaient de résister à la dépendance totale face aux Etats-Unis, à l’UE ou au Japon. Cela a provoqué l’effondrement du prestige d’institutions internationales comme l’ONU et l’OTAN. L’actuel unilatéralisme des Etats-Unis n’est donc pas un signe de force sans rivaux. C’est une attaque préventive pour consolider leur domination temporaire sur le monde face au défi de rivaux qui sont en train d’émerger.

La peur et l’insécurité sont encore une fois en train de menacer ce système économique, qui serait le « meilleur ». Au lieu d’une expansion économique sans limite, la mondialisation capitaliste menace l’humanité avec une nouvelle période de stagnation et de crises, une lutte pour dominer les marchés et les territoires. Pour la classe moyenne et les travailleurs, les crashs du taux de change ou de la Bourse peuvent détruire les économies de toute une vie. Les guerres commerciales menacent de ruiner des industries entières. Bref, une nouvelle période de crise capitaliste, de guerre et donc de révolution sociale est devant nous.

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  cinquième Internationale  
    La mondialisation de l'économie 2013-07-28 07:37    
  Le CCI n'a pas attendu le puits de science stalinien qu'est Dominique 1er pour écrire sur la mondialisation. Voici un texte de 1996 :

• Hommes politiques, économistes et médias nous ont habitués aux plus stu­péfiantes théories dans leur ten­tative désespérée d'occulter la faillite absolue du système capitaliste, et pour justifier l'interminable escalade d'attaques contre les conditions de vie de la classe ou­vrière.

• Il y a maintenant 25 ans, un Président américain porte-parole du conser­vatisme le plus radical, Nixon, pro­clamait aux quatre vents : « nous sommes tous key­né­siens ». En ce temps-là, face à l'ag­gra­vation de la crise, la bourgeoisie avan­çait « l'inter­vention de l'Etat », le déve­loppement de « l'Etat social et égali­taire », comme potion magique pour soigner tous les maux. C'est au nom de cette politique qu'il était de­mandé aux ouvriers de consentir des sacrifices pour « sortir du tunnel ».

• Pendant les années 1980, face à l'évi­dence du marasme économique, la bourgeoisie dut changer de mon­ture. C'est l'Etat qui était alors deve­nu le res­ponsable de tous les maux et l'univer­selle panacée fut : « moins d'Etat ». Ce furent les années dorées des « reaganomics », qui provoquèrent dans le monde entier la plus formi­dable vague de licenciements depuis les années 1930, et qui fut organisée par l'Etat.

• Aujourd'hui, la crise du capitalisme a at­teint un tel niveau de gravité que tous les Etats industrialisés ont dû mettre à l'ordre du jour la liquidation pure et simple des minimums so­ciaux garantis (allocations chômage, retraites, santé, éducation ; mais aussi les indemnités de licenciement, la durée de la journée de travail, la sécurité, etc.) dont jouis­sent encore les travailleurs sous le masque de l' « Etat providence ».

• Cette attaque impitoyable, ce saut quali­tatif dans la tendance annoncée par Karl Marx à la paupérisation ab­solue de la classe ouvrière, se justifie et s'accom­pagne d'une nouvelle idéologie : « la mondialisation de l'économie mondiale ».

Les serviteurs du capital ont découvert... la lune ! Ils vendent avec cent cinquante ans de retard une soi-disant « grande nouveauté de la fin du siècle », qu'Engels constatait déjà dans les Principes du communisme, écrits en 1847 : « Les choses sont arrivées à un tel point qu'une nouvelle machine qui s'invente aujourd'hui en Angleterre pourra, en l'es­pace d'une année, condamner des millions d'ouvriers en Chine à la famine. Ainsi, la grande industrie a lié les uns aux autres tous les peuples de la Terre, a uni en un seul marché mondial tous les marchés locaux, a préparé partout le terrain pour la civilisa­tion et le progrès, et elle l'a fait de telle fa­çon que tout ce qui se réalise dans les pays civilisés se répercute nécessairement dans tous les autres. »

Le capitalisme a besoin de s'étendre à l'échelle mondiale, imposant son système d'exploitation salariée à tous les recoins de la planète. L'intégration dans le marché mondial, au début de ce siècle, de tous les territoires significatifs de la planète et la difficulté pour en trouver de nouveaux, ca­pables de satisfaire les besoins toujours croissants de l'expansion du capitalisme, marquent précisément la décadence de l'ordre bourgeois, comme le soutiennent les révolutionnaires depuis 80 ans.

Dans ce cadre de saturation chronique du marché mondial, le 20e siècle est le témoin d'un approfondissement sans précédent de la concurrence entre les divers capitaux natio­naux. Face à des besoins croissants de réali­sation de la plus-value, les marchés rétrécis­sent toujours plus. Ceci impose un double mouvement à chaque capital national : d'un côté, protéger par un ensemble de mesures (monétaires, législatives, etc.) ses produits propres face aux assauts des capitaux con­currents, et d'un autre tenter de convaincre ces derniers d'ouvrir leurs portes à ses mar­chandises (traités commerciaux, accords bilatéraux, etc.).

Quand les économistes bourgeois parlent de « mondialisation », ils laissent entendre que le capitalisme peut s'administrer de façon consciente et unifiée par le biais des règles données par le marché mondial. C'est exac­tement le contraire qui est vrai : les réalités du marché mondial imposent leurs lois, mais dans un cadre dominé par les tentatives désespérées de chaque capital national de leur échapper et de faire en sorte que ce soient les rivaux qui supportent ce joug.. Le marché mondial actuel « mondialisé » ne crée pas un cadre de progrès ni d'unification, mais au contraire l'anarchie et la désagréga­tion. La tendance du capitalisme décadent est à la désarticulation du marché mondial, soumis à la puissante force centrifuge d'éco­nomies nationales structurées par des Etats hypertrophiés qui tentent par tous les moyens (y compris militaires) de protéger le produit de l'exploitation de leurs travailleurs respectifs contre les assauts des concurrents. Alors que la concurrence entre nations con­tribuait au siècle dernier à la formation et à l'unification du marché mondial, la concur­rence organisée de chaque Etat national au 20e siècle tend précisément à l'inverse : la désagrégation et la décomposition du mar­ché mondial.

C'est exactement pour cette raison que la « mondialisation » ne peut s'imposer que par la force. Dans le monde issu de Yalta, les Etats-Unis et l'URSS profitèrent des avantages donnés par la discipline de bloc impérialiste pour créer des organismes très structurés pour réglementer (à leur avantage bien sûr) le commerce mondial : le GATT, le FMI, le Marché commun, le Comecon dans le bloc russe, etc. Expressions de la force militaire et économique des têtes de bloc, ces organismes ne parvinrent jamais malgré tout à supprimer les tendances à l'anarchie et à organiser un marché mondial harmonieux et unifié. La disparition des deux grands blocs impérialistes après 1989 [1] a considérablement accéléré la concur­rence et le chaos dans le marché mondial.

La « mondialisation » va-t-elle en finir avec cette tendance ? A en croire ses apôtres, la « mondialisation » part d'un marché mondial « déjà unifié » qui va avoir un « effet salu­taire » sur toutes les économies et va per­mettre au monde entier de sortir de la crise en le débarrassant « des égoïsmes natio­naux ». Si nous examinons chacun des traits qui, selon les économistes, caractérisent la « mondialisation », nous constatons qu'au­cun d'entre eux ne suppose un « dépassement » du chaos dans lequel se dé­bat le marché mondial, pas plus que de la crise qui ne fait que s'aggraver. Pour com­mencer, les « transactions électroniques via Internet » supposent une accentuation considérable des risques d'impayés, déjà très élevé, contribuant ainsi de fait à augmenter le fardeau toujours plus insupportable de l'endettement. Quant à la « mondialisation » des marchés monétaires et financiers, nous avions déjà analysé ce qu'elle vaut : « Un krach financier est inévitable. Sous certains aspects, il est même déjà en cours. Même du point de vue du capitalisme, une forte "purge" de la "bulle spéculative" est indis­pensable. (...) Aujourd'hui, la bulle spécula­tive et, surtout, l'endettement des Etats ont augmenté de façon inouïe. Dans ces circons­tances, nul ne peut prévoir où s'arrêtera la violence d'une telle purge. Mais, en tout état de cause, elle se traduira par une destruction massive de capital fictif qui jettera dans la ruine des pans entiers du capital mondial. » [2]

Ce à quoi prétend la « mondialisation » est en réalité assez différent des musiques cé­lestes que tentent de nous vendre ses chan­tres. Il tente de répondre aux problèmes ur­gents posés par l'état actuel de la crise du capitalisme : la baisse des coûts de produc­tion ; la destruction des barrières protec­tionnistes pour que les capitalismes les plus compétitifs puissent profiter des marchés toujours plus réduits.

Par rapport à la baisse des coûts de produc­tion, nous avions déjà noté que : « L'intensification de la concurrence entre capitalistes, exacerbée par la crise de sur­production et la rareté des marchés solva­bles, pousse ceux-ci à une modernisation à outrance des processus de production, remplaçant des hommes par des machines, dans une course effrénée à la "baisse des coûts". Cette même course les conduit à déplacer une partie de la production vers des pays où la main d'oeuvre est meilleur marché (Chine et Sud-Est asiatique actuel­lement par exemple). » [3]

Ce second aspect de la réduction des coûts (transfert de certaines parties de la produc­tion vers des pays aux coûts salariaux moins élevés) s'est accéléré durant les années 1990. Nous voyons à présent comment les capitalistes « démocratiques » ont recours aux bons services du régime stalinien chi­nois pour produire à des coûts dérisoires des com­pacts, des chaussures de sport, des dis­ques durs, des modems, etc. Le décollage des fameux « dragons asiatiques » est basé sur le fait que la fabrication d'ordinateurs, d'aciers ordinaires, de composants électroni­ques, de tissus, etc., a été déplacée vers ces paradis aux « coûts salariaux infimes ». Le capitalisme aux abois sous les coups de la crise doit profiter à fond des différences de coûts salariaux : « les coûts salariaux totaux (charges comprises) dans l'industrie des dif­férents pays en voie de développement qui produisent et exportent des produits manu­facturés mais aussi des services, varient de 3 % (Madagascar, Viet Nam) à 40 % par rapport à la moyenne des pays plus riches d'Europe. La Chine se trouve à environ 5 à16 %, et l'Inde vers 5 %. Avec l'effondre­ment du bloc soviétique, il existe à présent aux portes de l'Union européenne une ré­serve de main d'oeuvre dont le coût ne dé­passera pas 5 % (Roumanie) ou 20 % (Pologne, Hongrie) par rapport aux coûts en Allemagne. » [4]

Voilà quel est le premier aspect de la « mondialisation ». Ses conséquences sont la baisse du salaire moyen mondial, mais aussi les licenciements massifs dans les grands centres industriels sans que cette réduction de postes de travail soit compen­sée par la création dans des proportions identiques dans les nouvelles usines ultra automatisées. Enfin, loin de remédier à la maladie chronique du capitalisme (la satu­ration des marchés), elle ne peut que l'ag­graver en contribuant à réduire la demande dans les grands pays industrialisés sans la compenser par une croissance parallèle de la consommation dans les économies émergen­tes. [5]

Pour ce qui est de la destruction des barriè­res douanières, il est certain que la pression des « grands » a eu comme résultat que des pays comme l'Inde, le Mexique ou le Brésil révisent leurs taxes à la baisse au prix d'un endettement considérable (ces mêmes for­mules furent utilisées au cours des années 1970 et conduisirent à la catastrophe de la crise de l'endettement en 1982), mais le soulagement apporté à l'ensemble du capital mondial est totalement illusoire : « ... le récent effondrement financier d'un autre pays "exemplaire", le Mexique, dont la monnaie a perdu la moitié de sa valeur du jour au lendemain, qui a nécessité l'injec­tion urgente de près de 50 millions de dol­lars de crédits (de très loin la plus grande opération de "sauvetage" de l'histoire du capitalisme) résume la réalité du mirage que constitue "l'émergence" de certains pays du tiers-monde. » [6]

Nous n'assistons pas, sous les effluves de l'actuelle « mondialisation », à une diminu­tion du protectionnisme ou de l'interven­tionnisme de l'Etat par rapport aux échanges commerciaux, mais bien au contraire à leur amplification, tant par les moyens tradition­nels que par des trouvailles récentes :

• Clinton lui-même qui, en 1995, parvint à faire en sorte que le Japon ouvre ses fron­tières aux produits américains, qui, sans relâche, demande à ses « associés » la « liberté de commerce », donna l'exemple dès son élection, par l'augmentation des taxes sur les avions, l'acier et les produits agricoles, limitant en outre les achats de produits étrangers aux agences étatiques ;

• le célèbre Uruguay Round, qui donna lieu à la substitution de l'ancien GATT par la nouvelle Organisation mondiale du com­merce (OMC), n'a obtenu qu'un accord to­talement illusoire : les taxes n'ont été éliminées que dans 10 secteurs industriels, et dans 8 autres elles ont été réduites de 30 %, mais le tout étalé sur dix ans !

• une expression massive du néo-protec­tionnisme se trouve dans les normes écologiques, sanitaires et même de « bien-être » ; les pays les plus industrialisés im­posent des barèmes impossibles pour leurs concurrents : « ... dans la nouvelle OMC, les groupes industriels, les organisations syndicales et les militants verts luttent pour que les biens collectifs que sont le milieu ambiant, le bien-être social, etc., ainsi que leurs normes, ne soient pas régu­lées par le marché mais par la souverai­neté nationale qui ne peut se copartager sur ce terrain. » [7].

La formation de « zones régionales » (Union européenne, accords du Sud-est asiatique, Traité de libre commerce en Amérique du Nord, etc.) ne contredit pas cette tendance, dans la mesure où elle obéit aux besoins de groupes de nations capitalistes de créer des zones protégées à partir desquelles elles peuvent affronter des rivaux plus puis­sants. Les USA répliquent à l'Union euro­péenne par le Traité de libre commerce et le Japon quant à lui se fait le promoteur d'un accord des « dragons » asiatiques. Ces « groupes régionaux » tentent de se protéger de la concurrence tout en étant eux-mêmes de véritables nids de vipères où se multi­plient quotidiennement les affrontements commerciaux entre partenaires. Il suffit pour s'en convaincre d'admirer le spectacle édi­fiant de « l'harmonieuse » Union euro­péenne, en permanence perturbée par les sempiternels litiges entre les Quinze.

Ne nous leurrons pas, les tendances les plus aberrantes qui expriment la décomposition du marché mondial ne cessent de s'affirmer : « Aujourd'hui, l'insécurité monétaire au niveau international est devenue telle qu'on voit de plus en plus resurgir cette forme archaïque de l'échange que constitue le troc, c'est-à-dire l'échange de marchandises directement sans recours à l'intermédiaire de l'argent. » [8] Un autre type de combine auquel ont recours les Etats, y compris les plus riches, est celui de la dévaluation de la monnaie qui permet de vendre automati­quement moins cher ses propres marchandi­ses, tout en augmentant le prix de celles des rivaux. Toutes les tentatives pour empêcher ces pratiques généralisées se sont soldées par des échecs catastrophiques comme en fait foi l'effondrement du Système monétaire européen.

La « mondialisation », une attaque idéologique contre la classe ouvrière

Nous voyons donc que le « mondialisme » est un rideau de fumée idéologique qui tente d'occulter la réalité de l'effondrement du capitalisme dans la crise généralisée et le désordre croissant qui en découle au niveau du marché mondial.

Le « mondialisme » se veut cependant plus ambitieux. Il prétend dépasser et même « détruire » (ce sont les propres mots des « mondialistes » les plus osés) l'Etat nation, rien de moins ! C'est ainsi qu'un de ses chan­tres prestigieux, le japonais Kenichi Ohmae, nous dit que : « ... en quelques mots, en termes de flux réel d'activité économique, les Etats-nations ont déjà perdu leur rôle d'unités significatives de participation dans l'économie sans frontières du monde ac­tuel. » [9] Il n'hésite pas à qualifier les Etat-nations de « filtres brutaux » et nous promet le paradis de l'économie « globale » : « Au fur et à mesure qu'augmente le nombre d'individus traversant le filtre brutal qui sépare les géographies, anciennes coutumes de l'économie mondiale, le pouvoir sur l'activité économique passera inévitable­ment des mains des gouvernements centraux des Etats-nations vers celles des réseaux sans frontières des innombrables décisions individuelles, basées sur le marché. » [10]

Jusqu'à présent, seul le prolétariat combat­tait l'Etat-nation. Mais comme on le voit, l'audace des idéologues bourgeois n'a pas de limites : les voilà prétendant s'ériger en mili­tants de la « lutte contre l'intérêt national ». Au paroxysme de l'exaltation, deux de ces représentants, adeptes de la « mondialisation », MM. Alexander King et Bertrand Schneider, intitulent leur livre « La Première révolution mondiale ».

Cependant, c'est dans le cadre de l'offensive idéologique de la bourgeoisie contre l'en­semble du prolétariat que cette « phobie » anti-nations joue son rôle le plus néfaste. Un des aspects de cette offensive est de piéger le prolétariat dans un faux dilemme :

• d'un côté, les forces politiques qui défen­dent de façon décidée le « mondialisme » (en Europe ce sont les partisans de Maastricht) soulignent la nécessité de « dépasser les égoïsmes nationaux rétro­grades » pour s'intégrer dans de « vastes ensembles mondiaux » permettant de sortir de la crise ;

• de l'autre, les partis de gauche (surtout quand ils sont dans l'opposition) et les syndicats cherchent à lier la défense des intérêts ouvriers à celle de l'intérêt national soi-disant piétiné par les gouvernements « traîtres à la patrie ».

Les tenants de la « mondialisation », soi-disant pourfendeurs de l'intérêt national, fulminent contre ce qu'ils appellent le « minimum social garanti », c'est-à-dire la sécurité sociale, les indemnisations de li­cenciement, les allocations de chômage ou de retraite, les aides à l'éducation ou au lo­gement, le code du travail qui limite la du­rée de la journée de travail, les cadences, l'âge de l'embauche, etc. Voilà, selon eux, les « horribles » entraves que porte en lui l'Etat-nation, prisonnier de ces « affreux » groupes de pression constitués par les tra­vailleurs.

Nous voici donc enfin arrivés au coeur du « mondialisme », à ce qu'il reste de lui une fois qu'on l'a dépouillé de ses oripeaux (qu'ils se nomment « dépassement de la crise » ou « internationalisme des individus libres dans un marché libre »). Il ne prétend en fin de comptes qu'à être le nouvel alibi de l'attaque qu'impose la crise du capital à tous les Etats-nations : en finir avec le « minimum social garanti », cet ensemble de prestations sociales et de législation du travail qui, avec le développement de la crise, sont devenus insupportables.

Ici intervient l'autre aspect de l'attaque idéologique de la bourgeoisie, celui qui est porté par les syndicats et la gauche. Ces dernières cinquante années, le « minimum social garanti » a été le phare de ce qu'il a été convenu d'appeler le Welfare State, qui était la façade « sociale » du capitalisme d'Etat. Face aux ouvriers, cet « Etat social » était présenté comme la manifestation de la capacité de l'exploitation capitaliste à s'adoucir, comme « la preuve » concrète qu'au sein de l'Etat national pouvaient se concilier les classes et que leurs intérêts respectifs pouvaient être pris en comptes.

Les syndicats et la gauche (en particulier quand ils sont dans l'opposition) s'affichent comme les grands défenseurs de cet « Etat social ». Ils mettent en avant le conflit entre « l'intérêt national » qui permettrait le maintien d'un « minimum social » et le « cosmopolitisme apatride » des gouverne­ments. C'est un des aspects qui a d'ailleurs eu un impact non négligeable dans la ma­noeuvre de la bourgeoisie en France pendant les luttes de l'automne 1995. Il s'agissait de présenter le mouvement comme une mani­festation anti-Maastricht, une sorte de ras-le-bol général de la population contre les pénibles exigences des « critères de convergence » et ce sont les syndicats qui canalisaient ce « mouvement ».

Les contradictions de Battaglia Comunista face à la « mondialisation »

La tâche des groupes de la Gauche commu­niste (base du futur parti mondial du prolé­tariat) est de dénoncer sans concessions ce venin idéologique. Face à ces nouvelles attaques, la classe ouvrière n'a pas à choisir entre « l'intérêt national » et « le mondia­lisme ». Ses revendications ne se situent pas dans le camp de la défense du Welfare State, mais dans la défense intransigeante de ses intérêts de classe. La perspective de ses luttes ne se situe pas dans le faux dilemme entre le « social-patriotisme » et le « mon­dialisme », mais dans la destruction de l'Etat capitaliste dans tous les pays.

La question de la « mondialisation » a été traitée à maintes reprises par Battaglia Comunista (BC) qui lui a dédié plusieurs articles dans Prometeo, sa revue théorique semestrielle. BC défend avec une grande fermeté une série de positions de la Gauche communiste que nous voulons souligner :

- il dénonce sans concession la « mondialisation » comme étant une puis­sante attaque contre la classe ouvrière, fai­sant remarquer qu'elle se base « sur l'appauvrissement progressif du proléta­riat mondial et le développement de la forme la plus violente de surexploita­tion » ; [11]

- il rejette l'idée qui affirme que la « mondialisation » est un dépassement des contradictions du capitalisme : « Il est im­portant de souligner que les modifications les plus récentes intervenues dans le sys­tème économique mondial sont entièrement reconductibles dans le cadre du processus de concentration-centralisation, marquant certainement une nouvelle étape mais en aucun cas le dépassement des contradic­tions immanentes au processus d'accumu­lation du capital » [12] ;

- il reconnaît que les restructurations et les « innovations technologiques » introduites par le capitalisme dans les années 1980 et 1990 n'ont pas signifié une amplification du marché mondial : « (...) contrairement aux espérances, la restructuration basée sur l'introduction de technologies se subs­tituant à la main d' oeuvre sans donner lieu à l'apparition de nouvelles activités productives compensatoires, interrompt au lieu de relancer ce que l'on appelle le "cercle vicieux" qui a été la base du puis­sant développement de l'économie mon­diale pendant la première phase du capi­talisme monopoliste. Pour la première fois, les investissements supplémentaires ont déterminé une réduction tant absolue que relative de la force de travail engagée dans le processus productif, au lieu de l'augmenter » [13] ;

- il rejette toute illusion tendant à voir la « mondialisation » comme une forme har­monieuse et ordonnée de la production mondiale, affirmant sans la moindre équi­voque que « nous assistons au paradoxe d'un système qui recherche un maximum de rationalité à travers le monopole et ne parvient qu'à l'irrationalité la plus ex­trême : tous contre tous, chaque capital contre tous les capitaux ; le capital contre le capital » [14] ;

- il rappelle que « l'effondrement (du sys­tème capitaliste) n'est pas le résultat ma­thématique des contradictions du monde de l'économie, mais l'oeuvre du prolétariat qui a pris conscience que ce monde n'est pas le meilleur des mondes » [15].

Nous soutenons ces positions et partant de cet accord, nous voulons combattre quelques confusions et contradictions dont souffrent à notre avis BC. Cette polémique n'est bien sûr pas gratuite, elle a un objectif militant clair : face à l'aggravation de la crise, il est vital de dénoncer les théories fumeuses du genre « mondialisation », dont l'objectif n'est que d'embrumer la prise de conscience du fait que le capitalisme est aujourd'hui le « pire des mondes possibles » et doit être en conséquence détruit sur toute la planète.

Ce qui nous surprend tout d'abord, c'est que BC pense que « grâce aux progrès de la mi­cro-électronique, tant en ce qui concerne les télécommunications qu'en ce qui concerne l'organisation du cycle de production, la planète s'est unifiée de fait. » [16] Les ca­marades se font avoir par les âneries répé­tées par la bourgeoisie sur le « miracle uni­ficateur » que supposeraient les télécom­munications et Internet, oubliant que « (...) d'un côté, la formation d'un marché mondial internationalise la vie économique, mar­quant profondément la vie de tous les peu­ples ; mais d'un autre côté se produit la nationalisation, toujours plus accentuée, des intérêts capitalistes, ce qui traduit de façon plus évidente l'anarchie de la concurrence capitaliste dans le cadre de l'économie mondiale et qui conduit à de violentes con­vulsions et catastrophes, à une immense perte d'énergie, posant ainsi impérativement le problème de l'organisation de nouvelles formes de vie sociale. » [17]

Une autre faiblesse d'analyse de BC réside dans l'étrange découverte qu'il fait selon laquelle « quand l'ancien Président des Etats-Unis, Nixon, assume la décision his­torique de dénoncer les accords de Bretton Woods et déclare la non-convertibilité du dollar, il était loin d'imaginer qu'il ouvrait le cours à un des plus gigantesques proces­sus de transformation qu'ait connu le mode de production capitaliste au long de son histoire... S'ouvrait alors une période d'alté­rations profondes qui a changé la face du monde en moins de 20 ans et a poussé les rapports de domination impérialistes à leurs plus extrêmes conséquences. » [18]

On ne peut analyser comme cause (la fa­meuse décision de 1971 de déclarer la non-convertibilité du dollar) ce qui n'est qu'un effet de l'aggravation de la crise capitaliste et qui de toute façons n'a pas eu le moins du monde comme conséquence d'altérer les « rapports de domination impérialistes ». L'économisme de BC, que nous avons déjà eu l'occasion de critiquer, les pousse à attri­buer des effets à un évènement qui n'a eu aucune conséquence dans la confrontation entre les blocs impérialistes existant alors (soviétique et occidental).

Cependant, le principal danger est qu'il ou­vre la porte à la mystification bourgeoise selon laquelle le capitalisme actuel est à même de « changer et de se transformer ». Par le passé, BC a eu tendance à être décon­certé par chaque « transformation impor­tante » que la bourgeoisie fait miroiter de­vant notre nez. Il s'est déjà laissé séduire par les « nouveautés » de la « révolution tech­no­logique », puis par le mirage des soi-di­sant fabuleux marchés ouverts par la « libération » des pays de l'Est. Aujourd'hui il prend pour argent comptant certaines mystifications contenues dans le vacarme sur la « mondialisation » : « L'avancée dans la centralisation de la gestion des variables économiques sur une base continentale ou par zones monétaires implique forcément une distribution différente du capital dans les divers secteurs productifs et parmi eux le secteur financier. Non seulement la petite et la moyenne entreprise, mais également les groupes de dimensions importantes risquent d'être marginalisés ou absorbés par d'autres avec toutes les conséquences que cela com­porte sur le déclin de leurs positions relati­ves de pouvoir. Pour beaucoup de pays, cela peut comporter le risque de frac­ture de l'unité nationale même, comme nous le mon­trent les événements en Yougoslavie ou dans l'ex-bloc soviétique. Les rapports de force entre les différentes fractions de la bour­geoisie mondiale vont subir de profon­des mutations et générer pour longtemps un ac­croissement des tensions et des conflits, avec les répercussions que cela entraîne forcément dans le processus de mondialisa­tion de l'économie, qui pourra se voir ra­lenti et même bloqué. » [19].

Nous découvrons avec effarement que les tensions impérialistes, l'effondrement de na­tions, le conflit en Yougoslavie, ne s'ex­pli­queraient pas par la décadence et la dé­com­position du capitalisme, par l'aggrava­tion de la crise historique du système, mais qu'ils seraient des phénomènes au sein du proces­sus de « mondialisation » ! BC glisse ici du cadre d'analyse propre à la Gauche commu­niste (décadence et crise historique du capi­talisme) vers le cadre mystificateur de la bourgeoisie basé sur des sornettes quant à la « mondialisation ».

Il est essentiel que les groupes de la Gauche communiste ne cèdent pas à ces mystifica­tions et maintiennent fermement la position révolutionnaire, qui affirme que dans la dé­cadence, et plus concrètement dans la pé­riode de crise ouverte depuis la fin des an­nées 1960, les diverses tentatives du capita­lisme pour freiner son effondrement n'ont produit aucun changement réel, mais uni­quement et exclusivement une aggravation et une accélération de celui-ci [20]. Dans notre réponse au BIPR dans la Revue inter­nationale n° 82, nous affirmions clairement qu'il ne s'agit pas d'ignorer ces tentatives mais qu'il s'agit de les analyser dans le cadre des positions de la Gauche communiste et non en mordant à l'hameçon que nous tend la bourgeoisie.

La « mondialisation » et l'Etat national

C'est cependant dans sa position par rapport au rôle des Etats nationaux que les contra­dictions de BC ont les conséquences les plus graves. BC pense que la fameuse « mondialisation » altérerait profondément le rôle de l'Etat national et supposerait un affaiblissement de celui-ci. Il ne prétend certainement pas, bien sûr, à l'instar du sa­mouraï Kenichi Ohmae, que l'Etat national aurait du plomb dans l'aile et il reconnaît plusieurs points que nous partageons :

• l'Etat national garde la même nature de classe ;

• l'Etat national est un facteur actif des « changements » qui interviennent sur le capitalisme actuel ;

• l'Etat national n'est pas en crise.

Cependant, il nous dit : « (...) Un des as­pects certainement les plus intéressants de la mondialisation de l'économie est donné par l'intégration transversale et transnatio­nale des grandes concentrations industriel­les et financières qui, par leurs dimensions et leur pouvoir, dépassent de loin ceux des Etats nationaux. » [21]

Ce qu'on peut déduire de ces « aspects inté­ressants », c'est qu'il existerait dans le capi­talisme des entités supérieures à l'Etat na­tional, les fameux monopoles « transnationaux ». Ceci revient à défendre une thèse révisionniste qui nie le principe marxiste selon lequel l'unité suprême du capitalisme est l'Etat, le capital national. Le capitalisme ne peut jamais réellement dé­passer le cadre de la nation, et encore moins être internationaliste. Son « internatio­na­lisme », comme nous l'avons vu, se résume à la prétention de dominer les nations rivales ou à conquérir la plus grande part possible du marché mondial.

Dans l'éditorial de Prometeo n° 9 se con­firme cette révision du marxisme : « Les multinationales productives et/ou financiè­res dépassent par leur puissance et par les intérêts économiques qui sont en jeu les diverses formations étatiques qu'elles tra­versent. Le fait que les banques centrales des divers Etats soient incapables de régir ou de tenir tête à la vague spéculative qu'une poignée de monstrueux groupes financiers déchaînent quotidiennement en dit long sur la profonde transformation des relations entres Etats. »

Faut-il rappeler que ces pauvres Etats im­puissants sont précisément ceux qui possè­dent (ou pour le moins contrôlent étroite­ment) ces mastodontes de la finance ? Est-il néces­saire de révéler à BC que cette « poignée de monstres » est constituée par de « respectables » institutions bancaires et d'épargne dont les responsables sont direc­tement ou indirectement nommés par leurs états nationaux respectifs ?

Non seulement BC mord à l'hameçon de cette prétendue opposition entre Etats et multinationales, mais il va plus loin et dé­couvre que « pour ces raisons, des capitaux toujours plus énormes... ont donné nais­sance à des colosses qui contrôlent toute l'économie mondiale. Il suffit de penser qu'alors que des années 30 aux années 70 les Big Three étaient trois fabriquants d'au­tomobiles (General Motors, Chrysler et Ford), ce sont aujourd'hui trois Fonds d'in­vestissements également américains : Fidelity Investments, Vanguard Group, Capital Research & Management. Le pou­voir accumulé par ces sociétés financières est immense et dépasse de loin celui des Etats qui, de fait, ont perdu ces dix derniè­res années toute capacité de contrôle sur l'économie mondiale. » [22]

Rappelons que pendant les années 1970, le mythe des fameuses multinationales du pétrole était très à la mode. Les gauchistes nous répétaient alors que le capital était « transnational », et c'est pourquoi la « grande revendication » des ouvriers devait être de défendre les intérêts nationaux con­tre cette « poignée d'apatrides ».

Il est certain que BC rejette avec force cette mystification, mais il admet cependant sa justification « théorique », c'est-à-dire qu'il reconnaît la possibilité d'une opposition ou, du moins, de divergences d'intérêts fonda­mentaux entre l'Etat et les monopoles « transversaux aux Etats nationaux » (c'est sa définition).

Les multinationales sont des instruments de leurs Etats nationaux. IBM, General Motors, Exxon, etc., sont tenues par toute une série de réseaux par l'Etat américain : un pourcen­tage important de leur production (40 % pour IBM) est acheté directement par celui-ci, qui influe directement ou indirectement dans la nomination des directeurs [23]. Une copie de chaque nouveau produit informati­que est obligatoirement transmise au Pentagone.

C'est incroyable que BC avale le mensonge du super-pouvoir mondial qui serait constitué par... les trois Fonds d'investissements ! Premièrement les sociétés de fonds d'inves­tissements ne disposent pas réellement d'une autonomie, elles ne sont que des instruments des banques, des caisses d'épargne ou d'ins­titutions étatiques telles que les syndicats, les mutuelles, etc. Leur chef direct ou indi­rect est leur Etat national respectif. Deuxièmement ils sont soumis à une stricte réglementation de la part de l'Etat qui leur fixe les pourcentages qu'ils doivent investir en actions, obligations, bons du Trésor, à l'étranger, etc.

« Mondialisation » et capitalisme d'Etat

Ceci nous amène à une question essentielle, celle du capitalisme d'Etat. Un des traits essentiels du capitalisme décadent réside dans la concentration nationale du capital entre les mains de l'Etat qui devient l'entité autour de laquelle chaque capital national organise son combat, tant contre le proléta­riat que contre les autres capitaux nationaux.

Les Etats ne sont pas des instruments des entreprises, aussi grandes soient-elles ; c'est exactement le contraire qui se vérifie dans le capitalisme décadent : les grands monopoles les banques, etc., se soumettent aux diktats de l'Etat et servent le plus fidèlement possi­ble ses orientations. L'existence dans le capi­talisme de pouvoirs supranationaux qui « traversent » les Etats et leur dictent la politique à suivre est impossible. Bien au contraire les multinationales sont utilisées par leur Etat respectif comme instrument au service de ses intérêts commerciaux et im­périalistes.

Nous ne voulons pas le moins du monde dire que les grandes entreprises, du genre Ford ou Exxon, ne sont que de simples marion­nettes de leur Etat respectif. Elles tentent bien sûr de défendre leurs propres intérêts particuliers qui, parfois, entrent en contra­diction avec celui de leur Etat national. Cependant une réelle fusion entre le capital privé et l'Etat se réalise dans le capitalisme d'Etat « à l'occidentale », de sorte que glo­balement, au-delà des conflits et contradic­tions qui surgissent, ils agissent en cohé­rence dans la défense de l'intérêt national du capital et sous l'égide totalitaire de leur Etat.

BC objecte qu'il est difficile de savoir à quel Etat appartient Shell, par exemple (au capi­tal anglo-hollandais) ou d'autres multinatio­nales dont l'actionnariat est multiple. Outre qu'il ne s'agit là que d'exemples exception­nels, nullement significatifs de la réalité mondiale du capital, il faut ajouter que les titres de propriété ne déterminent pas la véritable propriété d'une entreprise. Dans le capitalisme d'Etat, c'est l'Etat qui dirige et détermine le fonctionnement des entreprises, même quand il n'en détient aucune action. C'est lui qui réglemente les prix, les con­ventions collectives, les taux d'exportation, les taux de production, etc. C'est lui qui conditionne les ventes de l'entreprise en étant, dans la majorité des secteurs produc­tifs, le principal client. C'est lui qui, à tra­vers la politique fiscale, monétaire, de cré­dit, affiche clairement sa poigne et régit l'évolution du « libre marché ». BC ne prend pas en compte cet aspect essentiel de l'ana­lyse révolutionnaire sur la décadence du capitalisme. Il préfère rester fidèle à un aspect partiel de l'effort de Lénine et des ré­volutionnaires de cette époque pour com­prendre toute l'ampleur de la question de l'impérialisme : la théorie de Lénine sur le capital financier, reprise de Hilferding. Dans son livre sur l'impérialisme, Lénine voit clairement celui-ci comme la période déca­dente du capitalisme qui met à l'ordre du jour la nécessité de la révolution proléta­rienne. Mais il lie cette époque au dévelop­pement du capital financier comme monstre parasite émergeant du processus de concen­tration du capital, comme nouvelle phase du développement des monopoles.

Cependant, « (...) de nombreux aspects de la définition de Lénine de l'impérialisme sont inadéquats aujourd'hui, et même au temps où il les avait élaborés. C'est ainsi que la période où le capital semblait être dominé par une oligarchie du "capital financier" et par des "groupements de monopoles inter­nationaux" ouvrait déjà la voie à une nou­velle phase pendant la première guerre mondiale, l'ère du capitalisme d'Etat, de l'économie de guerre permanente. A l'épo­que des rivalités inter-impérialistes chroni­ques sur le marché mondial, le capital tout entier tend à se concentrer autour de l'appa­reil d'Etat qui subordonne et discipline tou­tes les fractions particulières du capital aux besoins de survie militaire/économique. » [24].

Ce qui chez Lénine était une erreur liée au difficile processus de compréhension de l'impérialisme devient une dangereuse aber­ration entre les mains de BC. Premièrement, la théorie de la « concentration en super monopoles transnationaux » ferme la porte à la position marxiste sur la concentration nationale du capital au sein de l'Etat, la ten­dance au capitalisme d'Etat, à laquelle par­ticipent toutes les fractions de la bourgeoisie quels que soient les liens et ramifications à l'échelle internationale. Deuxièmement cette théorie entrouvre la porte à la théorie kautskiste du « super-impérialisme ». Il est surprenant que BC critique cette théorie simplement sur l'impossibilité de dépasser l'anarchie du capital sans la critiquer sur l'essentiel : une illusoire possibilité du capi­tal de s'unir par dessus les frontières natio­nales. Et cette difficulté provient du fait que BC, s'il rejette avec raison la thèse extrême de la « fusion de nations », admet cependant à tort l'existence d'unités supranationales. Troisièmement BC développe des spécula­tions selon lesquelles l'Etat, dans le cadre de la « mondialisation » aurait deux dimen­sions, l'une au service des intérêts multi-nationaux et l'autre, qui lui est subordonnée, au service d'intérêts nationaux : « Il se précise de façon toujours plus évidente un Etat dont l'intervention s'articule dans le monde de l'économie à deux niveaux : un qui offre au centre supranational la gestion centralisée de la masse monétaire et la détermination des variables macro-écono­miques par zone monétaire de référence, et un autre qui contrôle localement la compa­tibilité de celui-ci avec les variables natio­nales. » [25] BC met le monde à l'envers ! La simple observation de l'évolution de l'Union européenne démontre tout le con­traire : l'Etat national gère les intérêts du capital national et n'est en aucune façon une sorte de « délégation » de l'intérêt « européen » comme le laissent entendre les ambiguïtés de BC. Chevauchant la théorie de la spéculation sur les intérêts « transnationaux », il est amené à tirer des conclusions incroyables : les conflits impé­rialistes n'auraient pas dégénéré en guerre impérialiste généralisée parce que, « (...) une fois disparue la confrontation entre bloc de l'Ouest et bloc de l'Est par implosion de ce dernier, les fondements d'une nouvelle confrontation stratégique ne se sont pas précisés avec clarté. Les intérêts stratégi­ques des grands et véritables centres du pouvoir économique ne se sont jusqu'à présent pas exprimés en confrontation stratégique entre Etats, parce qu'ils agissent transversalement à ceux-ci. » [26]

Ceci est une confusion très grave. La guerre impérialiste ne serait plus la confrontation entre capitaux nationaux armés jusqu'aux dents (comme le définissait Lénine), mais le résultat de confrontations entre groupes transnationaux qui utiliseraient les Etats nationaux. Ceux-ci ne seraient plus le centre et les responsables de la guerre mais de simples agents des monstres transnationaux qui « les traverseraient ». Heureusement, BC ne tire pas toutes les conclusions de cette aberration. Heureusement, parce que cela le conduirait à dire que la lutte du pro­létariat contre la guerre impérialiste ne se­rait plus la lutte contre les Etats nationaux mais la lutte pour « libérer » ces derniers de l'emprise des intérêts transnationaux. En d'autres termes, on en viendrait aux vulgai­res mystifications gauchistes. Il faut être sérieux, BC doit être cohérent avec les positions de la Gauche communiste. Il doit faire la critique systématique de ses spécu­lations sur les monopoles et les monstres financiers. Il doit radicalement éliminer de ses mots d'ordre des aberrations telles que « une nouvelle ère caractérisée par la dicta­ture du marché financier s'inaugure » (Prometeo n° 9). Ces faiblesses prêtent le flanc à la pénétration des mystifications bourgeoises telles que la « mondialisation » ainsi que les prétendues oppositions entre intérêts nationaux et intérêts transnationaux, entre Maastricht et intérêts populaires, entre le Traité de libre commerce et les intérêts des peuples opprimés.

Cela peut conduire BC à défendre certaines thèses et mystifications de la classe domi­nante, donc à participer à l'affaiblissement de la conscience et du combat de la classe ouvrière. Ce n'est sûrement pas le rôle que doit jouer une organisation révolutionnaire du prolétariat.

CCI 5 juin 1996.

[1] Voir « L'impossible "unité de l'Europe" », dans la Revue internationale n° 73, 2e trim.1993, où nous mettions en relief l'aggravation de la concur­rence et l'anarchie du marché mondial.

[2] « Tourmente financière : la folie ? », Revue internationale n° 81, 2e trim.1995.

[3] « Le cynisme de la bourgeoisie décadente », Revue internationale n° 78, 3e trim.1994.

[4] Annuaire du Monde 1996, « Resituation, emploi et inégalité ».

[5] « Ce développement économique ne peut qu'affecter à terme la production des pays les plus industrialisés, dont les Etats s'indignent des pratiques commerciales "déloyales" de ces économies émergentes » (« Résolution sur la situation internationale », Revue internationale n° 82, 3e trim.1995).

[6] Idem.

[7] Annuaire du Monde 1996, « Ce qui va changer avec l'OMC ».

[8] « Une économie rongée par la décomposition », Revue internationale n° 75, 4e trim.1993.

[9] K. Ohmae, « Le Déploiement des économies régionales ».

[10] Idem.

[11] Prometeo, n° 9, « Le capital contre le capi­tal ».

[12] Idem.

[13] Idem.

[14] Idem.

[15] Idem.

[16] Idem.

[17] Boukharine, « L'Economie mondiale et l'impé­rialisme ».

[18] Prometeo, no 9, « Le capital contre le capi­tal ».

[19] Prometeo no 10, « L'Etat à deux dimensions : la mondialisation de l'économie et l'Etat ».

[20] L'incohérence navrante de BC apparaît au grand jour quand il nous dit que « (...) en réalité, le capitalisme est toujours égal à lui-même et il ne fait rien d'autre que de se réorganiser par auto-conservation selon la ligne du développement de la loi de la baisse tendancielle du taux de profit. » (Prometeo, n° 9)

[21] Prometeo n° 10, « L'Etat à deux dimensions : la mondialisation de l'économie et l'Etat ».

[22] Idem.

[23] Beaucoup d'hommes politiques américains, après avoir occupé divers postes au Sénat ou dans l'administration, deviennent dirigeants de grandes multinationales ; c'est devenu une pratique courante, qui se vérifie aussi en Europe.

[24] « Sur l'impérialisme », Revue internationale n° 19, 4e trim.1979.

[25] Prometeo n° 10, « L'Etat à deux dimensions : la mondialisation de l'économie et l'Etat ».


 
  Prolo  
    La culture, c'est comme la confiture 2013-07-28 11:28    
  Afin de nous foutre des complexes
Le CCI nous explique tout
Du communisme
Ô gué, ô gué

Leur devise: plus c'est long, mieux c'est,
appliquant ainsi l'adage:

moins on a de culture, plus on l'étale.
Ô gué, ô gué
 
  Pierre Perret  
    Notre calomniateur à l'oeuvre 2013-07-30 09:12    
  Il est vrai que notre calomniateur professionnel et agent provocateur ANTISEMITE brille par son intelligence, par la pertinence de ses analyses, par ses contributions au débat...  
  Prolo  
    Beaucoup d’antisémites dans le monde 2013-07-30 09:57    
 
Selon la définition du commissaire à la propagande du CCI sont antisémites ceux qui n’ont pas la foi en la révolution cécéiste.

Ça fait vachement de monde, je ne sais pas s’ils vont réussir à enrayer ça.


 
  Consterne à Sion  
    Est ANTISEMITE : 2013-07-30 12:56    
  Notre calomniateur professionnel et agent provocateur qui n'a rien à dire de concret si ce n'est pratiquer la calomnie pour la calomnie, faire des jeux de mots plus que douteux et révélateurs de son ANTISEMITISME maladif et apporter son soutien inconditionnel aux ANTISEMITES du Hamas et du Hezbollah, aux mollahs iraniens qui aspirent à l'annihilation totale des juifs. Heureusement que, à part ses amis fascislamistes et les néonazis, majoritairement les gens ne sont pas antisémites ou racistes comme lui peut l'être !  
  Prolo  
    Le sionisme 2013-07-31 16:28    
  Et revoilà le mythe de l’extensionnalité juive: le seul racisme condamnable est l'antisémitisme, surtout quand il s'en prend aux sionistes. Et quand des sionistes s'en prennent à des juifs non sionistes, c'est normal, alors pensez-vous si ce sont des arabes qui se défendent contre la colonisation de la Palestine, ceux qui pratiquent l'épuration ethnique de tout le peuple palestinien deviennent hystériques et même le mot antisémite n'est plus assez fort pour eux, les combattants de la liberté deviennent des terroristes et des fascislamistes.

Mais qui sont les sionistes? En Palestine occupée, et mis à part les collabos du Hamas, ce sont exclusivement des juifs. Mais qui finance Israel? Ce sont les pays occidentaux, avant tout les USA. Les USA sont un grand pays protestants où la grande majorité des sionistes ne sont pas les juifs de la diaspora qui ne sont d'ailleurs pas tous sionistes, mais les évangélistes protestants. En 1992, ces chrétiens millénaristes ricains étaient 70 millions, soit 5 fois plus que l'ensemble de la communauté juive de ce pays, laquelle n'est pas composée que de sionistes.

Donc être antisioniste n'est pas être antisémite, c'est être contre la colonisation juive de la Palestine, c'est avoir compris que ces juifs sionistes ne font que le sale boulot des chrétiens millénaristes sionistes qui ne rêvent que de l'Armageddon, cette plaine sur laquelle tous les juifs du monde se convertiront au christianisme ou seront éliminés, et que ce qui soutient cette colonisation est le même racisme institutionnel que celui qui a justifié, et justifie toujours, tous les colonialismes et néocolonialismes.
 
  antisioniste  
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